Le monde selon Victoire Bonnot

Honte sur moi, j’avais oublié qu’hier M6 diffusait la saison…au moins 6 de « Victoire Bonnot ». J’ai donc loupé les vingt premières minutes de la série, qui fait à la fois honte à la fiction française et à l’Education Nationale.

A2 – Les dossiers de l’écran par jerome070673

Au menu, hier, nous avions pour préparer la soirée façon « Dossiers de l’écran » du pauvre un sujet sur les mères adolescentes, qui annonçait la deuxième partie de soirée avec la rediff de « 16 ans, bientôt maman », mais également une intrigue sur une prof qui tombe amoureuse de son élève de 17 ans, à mettre en rapport avec « Mourir d’aimer » diffusé au même moment sur France 2.

Immédiatement, je dois souligner que la pauvre Valéria, la prof de maths super sexy du lycée, n’y peut rien si elle tombe amoureuse de son élève branleur mais doué dans sa matière. Comme l’adolescent est interprété par un mec qui a minimum l’âge de Shirley Bousquet, transfuge de « sous le soleil » et de « Caméra Café », on voit mal comment l’enseignante pourrait résister à la tentation et avoir des remords.

Mais de toute façon dans le monde selon Victoire, il y a deux poids, deux mesures, comme Val est sa pote, elle lui conseille de se faire discrète sur cette relation jusqu’aux 18 ans du gamin, puisqu’elle est amoureuse. La morale en prend un petit coup au passage, mais qu’importe… Je ne recommandais pas non plus le suicide ou la démission de la professeur, mais peut-être une rupture de meilleur aloi, que « je suis trop amoureuse de lui ». Valéria a quelque chose comme 40 balais, et le petit génie est supposé en avoir 17.

Mais bon, de toute façon, Victoire a d’autres chats à fouetter. Elle craint, avec la grossesse d’une gamine, une contagion dans son lycée.
Pour une fois, on va dire que la grossesse adolescente est abordée avec une certaine gravité. Ce n’est pas évident d’avoir un môme quand on est lycéenne, surtout, et c’est là que ça devient victoirebonnesque, quand ses parents, les salauds, ne veulent pas s’en occuper, et désirent obliger la gamine à faire adopter la chair de sa chair.
Bon, au passage, Victoire impose un cours d’éducation sexuel pas très catholique aux élèves. M’étonnerait qu’on distribue des phallus en plastique dans les classes de nos jours, sous peine de voir les associations parentales débarquer au lycée avec des crucifix. Elle contraint également les élèves à se promener avec des poupons hurleurs, y compris en cours. Les profs ne disent rien et de toute façon ils n’ont pas réellement voix au chapitre.

Vous vous souvenez du faux bébé de « Secret Story », qui braillait nuit et jour, et bien Victoire éduque ses ouailles comme des lofteurs.

Au milieu de tout ça, le prof d’anglais se tape deux de ses collègues au sein même du lycée. La hiérarchie est toujours aussi curieuse : un proviseur, une CPE, pas de pions – ils vont et ils viennent en fonction des intrigues…

Ce que je reproche à M6, post après post, sur « Victoire Bonnot », outre la débilité des intrigues, c’est sa haine manifeste et viscérale de l’Education nationale. La scène où la prof d’histoire fait cours en lisant son bouquin est édifiante. En dehors de Valéria, les profs sont tous des cons plus ou moins paresseux.

Je ne parle même plus du jeu de Valérie Damidot, qui ne sait que composer l’agressivité permanente. La pauvre Chantal Lauby, dont on se demande avec tristesse ce qu’elle vient faire dans cette galère, lui donne à l’écran une sacrée leçon d’élégance.
Bref, M6 ferait mieux de ressortir de ses cartons poussiéreux « Les Bleus : premiers pas dans la police » que de nous infliger ça.

Victoire Bonnot contre Claude Guéant

Cette semaine, j’ai décidé de regarder la télévision.

Hier soir, j’avais le choix entre :

– Un instructif téléfilm sur Louis XI
– Happy feet sur la TNT
– Victoire Bonnot sur M6

Ayant lu quelque part que Valérie Damidot avait perdu beaucoup de poids, et étant une grande fan de la fiction décalée de M6, j’ai opté pour « Victoire Bonnot ».

Je voudrais dire des choses gentilles sur cette « série » bourrée de bonnes intentions, mais ça ne va pas être possible finalement. Hier, après les Beaumont qui se dressaient contre Eric Besson, c’était au tour de Victoire Bonnot de s’attaquer à Claude Guéant.

Victoire, qui est à la fois assistante sociale, infirmière, pionne et donc CPE dans son minuscule lycée de Province, ce qui explique qu’elle soit surbookée (nous avons éclaté de rire à cette réflexion mais je crois que ce n’était pas le but en fait), ce que lui reproche assez sa pénible mère, décidait de venir en aide à une pauvre immigrée clandestine géorgienne.
Pour des raisons de budget, l’actrice russe a été remplacée par une petite française sans accent, car elle avait un père casque bleu. Au bout d’un an en France, contre 16 au minimum en Géorgie, elle parlait donc un français irréprochable. Elle a du caler au bout de deux minutes à jouer avec un faux accent russe, je ne vois pas d’autre explication.

La pauvre gosse, sans papier donc, se fait passer pour une petite bourge au lycée mais on ne la fait pas à Victoire, qui hors du temps scolaire, et donc de ses horaires, prend sur elle de filer une élève pour savoir où elle vit vraiment. Grâce à son travail de détective, elle tombe sur un hôtel louche occupé par des tas de gens de couleurs, des immigrés clandestins à n’en pas douter.
Comme la ville où habitent Victoire et ses enfants doit compter à vue de nez 10.000 habitants maximum, je me demande bien comment tout le monde, et surtout la police, peut ignorer l’existence de cet hôtel super louche. M’enfin c’est comme ça. La douane devait planquer dans un loto à ce moment là.

Par chance, Victoire rencontre à cause de sa mère, qui souhaite lui trouver un nouveau petit ami digne d’elle, un avocat qui va justement pouvoir l’aider à sauver la petite géorgienne et sa maman.
Oui, la première intrigue forte se double en effet de l’affrontement entre Victoire et sa mère mêle-tout, qui vide ses armoires ou entend lui apprendre à élever ses enfants. Sa maman pense d’ailleurs que « la France n’a pas vocation à accueillir toute la misère du monde », ce qui fait bondir la CPE de choc.

J’imagine bien que Valérie Damidot s’est impliquée dans l’écriture du scénario et qu’elle était trop fière de toute cette dénonce. Le parti-pris est noble, mais la nullité absolue et l’absurdité du scénario ruinent absolument toutes les bonnes intentions de la fiction. La gamine se fait ainsi violer à un moment par l’ignoble salopard qui les a tirées de Géorgie avec sa mère, mais retourne en cours le lendemain avec le sourire, en entendant bien travailler désormais comme pute pour subvenir aux besoins de sa famille. Elle est endurcie, je n’en doute pas, mais à ce point…

J’ai calé avant la fin, je l’avoue, mais je suis absolument certaine que la gamine et sa mère s’en sont sorties grâce au super avocat dégoté par Victoire.

Je ne reviens même pas sur le manque de réalisme de l’organisation du lycée, où la prof de maths bien notée sur un site d’évaluation des enseignants ne rencarde même ses collègues sur l’existence de cette plateforme révoltante.
Victoire, de son côté, passe sa vie à cracher son venin sur les profs.
Ce que j’ai toujours du mal à supporter dans cette série centrée sur l’Education Nationale c’est sa haine à peine dissimulée des profs, que je ne porte pourtant pas toujours dans mon cœur.

A l’avenir, je conseillerai à M6 de renouveler l’équipe de scénaristes. Il suffirait de presque rien, j’en suis sûre, pour que ça tienne la route.

Avant de conclure, je dois dire un mot du format aussi, non ? Quelle idée de faire tenir ça au delà de quarante minutes ! C’est long……

Du coup, j’ai hâte de voir Stéphane Plaza devenir à son tour un héros de fiction, d’autant que Télérama me promet déjà quelque chose d’affligeant.

L’éducation nationale selon M6

Hier soir, j’ai courageusement dédaigné le film de mon enfance pour me consacrer au visionnage de « Victoire Bonnot ».
La première remarque qui m’est venue à l’esprit en regardant cette fiction portait sur sa durée. Pourquoi les Français s’entêtent-ils à produire des « séries » dont les épisodes durent 1h30 ? Je suis tellement conditionnée par les séries américaines que j’ai un peu flippé à 21h30 alors que le décor et la problématique était posés en me demandant ce qu’il allait bien pouvoir se passer durant encore une heure.

(La réponse est strictement rien.)

Bon, à part ça, Victoire était hier égale à elle-même dans une fiction tellement minable et décalée que les bras m’en sont tombés à plusieurs reprises.

D’abord cette série me pose un problème de taille : pourquoi (POURQUOI ????) faire le pari du non réalisme absolu ? Pourquoi dans ce lycée la CPE est-elle unique en son genre et sous les ordres directs de la proviseur ? Où est le proviseur adjoint ? Pourquoi n’y a-t-il qu’un pion ?

Ah oui, et puis si on entre un peu dans les détails, dans ce lycée sans personnel (une charge contre la politique budgétaire gouvernemental ?), on se passe des conseils de discipline pour gagner du temps et les élèves pris ivres dans l’établissement écopent d’une conférence sur les dangers de l’alcool au lieu de quinze jours d’exclusion.
C’est un détail sans doute, mais pour moi ça veut dire beaucoup. Je ne vois pas l’intérêt de produire une série sur l’éducation nationale, qui la dénigre volontiers, en faisant le pari de ne jamais être dans le réalisme, surtout qu’ensuite le propos de la série est d’aborder les « vrais » problèmes des ados.

Je me suis également demandé pourquoi un petit enfant de 2011 était obligé de jouer à la game boy color, jaune en plus, sur le pas de sa porte, alors qu’il a une wii apparemment.

Je ne suis pas une fan absolue de l’Education nationale, ni du corps professoral, mais je suis vraiment étonnée par la charge sans nuance de M6 sur cette corporation. Les rares profs aperçus hier dans « Victoire Bonnot » ne pensent qu’à s’envoyer en l’air dans le CDI au mépris de toute pudeur. La nouvelle proviseur s’en tamponne que ses élèves picolent dans les couloirs, mais mènent une croisade absurde contre les baisers dans son établissement. Au milieu de toute cette nullité, seule Victoire, Valérie Damidot donc, a à cœur le bonheur de ses ouailles.

Parlons justement de Super CPE, une indic’ à la maison a été frappée par son agressivité à l’égard de ses supérieurs hiérarchiques, des profs et même des élèves. Valoche surjoue pour masquer certainement son manque d’expérience. Elle serait moins mauvaise en reprenant ses sketchs de « D&Co ».

J’en viens aux intrigues, finalement secondaires.
La fille de Victoire découvre que sa mère a été alcoolique et se met donc logiquement à picoler, influencée en cela par un méchant terminal, le mal en personne, qui incite ses amis à boire au lycée et qui organise de terribles soirées, véritables orgies d’alcool et de sexe, où trente ados dansent sur de la techno en se roulant des pelles tous sexes confondus. Mais ce n’est pas vraiment la faute du pauvre garçon, car sa mère, qui travaille, la salope, le délaisse. Il voudrait tellement qu’on le punisse, lui, au lieu de toute cette indifférence. Mère qui travaille également mal absolu ! C’est noté, merci.
L’ex pute de l’épisode précédent veut sortir avec un geek parce qu’il est gentil mais le vilain alcoolique lui met des bâtons dans les roues.
Victoire s’oppose à son proviseur pudibond.
Le nouveau pion, qui fait médecine à côté, ce qui est follement réaliste, est SDF, alors du coup Valoche l’accueille chez lui et en plus il est gay. (Mais ce nouveau est joué par Melville de « coeur océan », alors on lui pardonne beaucoup.)

Bref, je suis sûre que ça a cartonné en plus sur la seule foi de la présence de Valérie Damidot au générique (et oui moi aussi j’ai regardé mais si je m’en étais abstenue, je n’aurais rien à raconter. C’est un cercle vicieux). A la place de l’ensemble des protagonistes de ce « truc », je serais morte de honte personnellement. 

Voilà la fiction française ne sort à nouveau pas grandie de cette soirée.. M’en fous, j’ai zappé la fin pour un « modern family ».

Quand Valérie Damidot dépoussière l’Education Nationale, c’est juste n’importe quoi !

Je l’attendais depuis des mois et M6 a enfin réalisé mon rêve, hier, en proposant le premier épisode des aventures de Victoire Bonnot, la CPE de choc et de charme. Si je voulais vous aguicher un peu, je vous signalerais que pour arriver à ses fins, Victoire Alias Valérie Damidot, n’hésite pas à user du chantage et va même jusqu’à empoisonner un élève ! Si vous êtes encore au lycée, vous ne regarderez pas votre CPE de la même façon ce matin, comme je vous comprends. Méfiez-vous de lui ou d’elle, pour votre bonheur, l’Education Nationale va désormais jusqu’au bout…

Hier soir, en visionnant cette sombre daube, je m’imaginais les réactions de mes amis et lecteurs professeurs ou même membre du personnel encadrant des établissements scolaires, qui ont du faire des bonds plusieurs fois sur leur canapé en visionnant la nouvelle fiction de la six.
Victoire n’aime ni les profs, des faignants indifférents au sort des élèves, ni l’assistante sociale, ni le proviseur et encore moins les pions, qu’elle a apparemment licencié pour avoir la main mise sur sa vie scolaire qu’elle gère d’une main de fer. Victoire assure un peu toutes les fonctions dans le lycée. Elle est Joëlle Mazart quand il faut s’intéresser au sort d’un élève, mais aussi simple surveillante quand il faut convoquer un lycéen…

Il faut dire que bien qu’elle n’évolue plus dans sa ZEP, d’où elle a été mutée pour une raison encore secrète, elle a échoué dans un lycée, où il se passe des choses graves… Deux jolies filles, la brune et la blonde, et pour ne pas se casser trop le trognon les scénaristes ont décidé que la brune serait mauvaise et la blonde angélique et vulnérable, se prostituent. Pendant quasiment 1h30, ce qui est vraiment très long, le téléspectateur pense que les deux élèves sont manipulées par un vilain garçon, alors qu’en fait l’une d’elle est tout simplement diabolique. Heureusement que Victoire est là pour le découvrir…
Comme si ça ne suffisait, un élève engouffre des boissons énergisantes et sèche les cours, ce qu’il ne faut surtout pas faire les enfants. Victoire l’apprend en faisant carrément chanter un gamin décidé à tricher et l’invitant pour se racheter à espionner son camarade. Par chance, comme il boit à la fenêtre, Victoire comprend qu’il est accro aux jeux vidéos et qu’il ne dort plus jamais, et que s’il continue, il va mourir tout simplement. Brrrrrrrr… Du coup, elle glisse de l’arachide, à laquelle il est allergique ce qu’elle a découvert en fouillant son dossier médical confidentiel, dans sa salade pour qu’il soit hospitalisé et sauvé, ou pas. A la fin, il tombe quand même dans le coma, parce que personne n’a réagi, mais a priori pas à cause de l’arachide.

En parallèle, Victoire, qui est super, élève, seule, ses deux enfants : Emma, la vraie fille de Valérie dans la vie, et Arthur, un petit gros roux, qu’elle aime moins que sa gamine a priori avec qui elle est trop, trop complice, même si elle passe trop de temps sur msn.

En cours de route, M6 oblige, elle joue à la Wii avec Stéphane Rotenberg, euh non Shirley Bousquet, qui interprète la seule prof sympa du lycée, une scène vitale pour les finances de la production a priori.

J’ai envie de demander sincèrement à Valérie Damidot ce qu’elle est allée faire dans cette galère.

Dans un cadre réaliste, son personnage d’écorchée vive aurait été tout aussi sympathique. Pourquoi, mais pourquoi avoir opté pour un scénario aussi débile…. ?

Je dois quand même noter cette réplique culte. La fille de Victoire est tombée sous le charme de l’intervenant musical du bahut, qui a le double de son âge, et sa super copine lui demande si c’est sérieux, et Emma Bonnot lui jure que oui, alors sa pote lui réplique qu’il y aura surtout le détournement de mineur qui sera sérieux dans cette histoire.