Les années collège

Grâce aux plateformes de streaming, j’ai découvert des séries à côté desquelles j’étais totalement passée. Je suis très cliente des sitcoms (ou assimilées) et leur durée – 20 minutes – est idéale pour moi. Des années de zapping ont visiblement impacté ma concentration.

Je vous conseille à nouveau le visionnage de Superstore. NRJ12 diffuse la série le samedi soir, mais je pense que la VO est indispensable. La voix de Glenn le mérite à elle-seule. La série est drôle, décalée et permet de découvrir plein de choses que j’ignorais encore sur l’Amérique.
La série est sur Amazon Prime.

Brooklyn Nine-Nine est vaguement diffusé sur France ô, ses jours me paraissent donc comptés, mais est surtout disponible sur Netflix. Je vous recommande chaudement cette série policière.
J’ai été émue aux larmes par le coming-out bisexuel de Rosa. C’est l’un des trucs les plus intelligents que j’ai vus dans une série sur le sujet. Je prends cet exemple au hasard parmi tant d’autres.
La comparaison que je vais faire est loin d’être géniale, mais pour moi c’est un peu un Scrubs chez les flics, souvent (très) drôle et aussi parfois grave.

J’adore Malcolm, j’ai beaucoup aimé les premières saisons de Modern Family, comme celles de The Big Bang Theory, je suis une inconditionnelle d’une Nounou d’enfer (et c’est dingue, comme on aime encore plus la série avec le temps et le recul), j’ai de la tendresse pour The Middle, mais j’ai du mal à comprendre pourquoi les séries précédemment citées et celle que je vais évoquer dans la suite ont été aussi maltraitées par les chaînes hertziennes ou TNTiennes.

Sur Amazon Prime (disponible aussi sur Netflix), j’ai enfin pu découvrir dans l’ordre et en VO, Community.
Community est une très grande série. Elle a été (mal) diffusée à une époque sur une chaîne qu’on appelait à l’époque Numéro 23 (ce qui donnait un bon indice sur les boutons à presser pour y accéder) et a disparu depuis des écrans radars.

Wikipédia donnera mieux que moi tous les détails technique sur la série et son casting, et vous indiquera notamment qu’elle compte six saisons. De mon côté, je vais vous dire qu’elle mérite le détour et que c’est certainement la série qui parle le mieux de la culture populaire.

Je vais essayer de la pitcher.
Jeff Winger, un avocat sans scrupule, a menti sur ses diplômes à ses employeurs et se retrouve contraint de reprendre ses études dans le community college (en gros une fac publique au rabais) de Greendale pour obtenir le niveau suffisant pour exercer. Le premier jour, il tombe sous le charme de Britta, une blonde idéaliste, et pour la mettre dans son lit, il feint de vouloir créer un groupe de travail. Pas dupe, Britta le prend à son propre piège et convie d’autres étudiants à participer à leurs révisions.
Il y a Annie, la crack du lycée qui n’a pas obtenu son diplôme de fin d’études parce qu’elle s’est gavée de médicaments pour tenir, Troy, l’ex star du même lycée qui aurait dû faire carrière dans le sport s’il ne s’était pas blessé, Shirley, la mère célibataire qui voudrait créer sa propre entreprise, Pierce, l’héritier de l’empire des lingettes, raciste, sexiste et homophobe qui est inscrit dans l’établissement depuis des siècles, et Abed, qui rêve de devenir cinéaste et observe le monde avec un prisme bien particulier.
Autour de ces personnages principaux gravitent de nombreux autres protagonistes tout aussi, voire plus, loufoques. Chang, le professeur d’espagnol qui ne parle pas un mot de la langue et qui deviendra de plus en plus étrange au fur et à mesure des saisons, et surtout mon chouchou, le doyen Graig Pelton, qui essaie tant bien que mal de faire survivre son établissement et nourrit un goût très développé pour le travestissement et Jeff.

Il faut s’accrocher un peu au démarrage de Community. Il faut peut-être aussi se ménager des pauses, du moins c’est ce que j’ai fait. Mais on finit par s’attacher énormément aux personnages, un peu comme Jeff, qui rêve au départ de se débarrasser des boulets qui l’entourent, pour finir par en être dépendant.
Comme toute bonne série, Community fait évoluer ses protagonistes. Des couples improbables se forment, d’autres plus attendus ne voient jamais le jour et surtout de grandes amitiés naissent. Troy et Abed entretiennent une magnifique bromance, digne de celle de Turk et JD dans Scrubs.

Je ne vais pas écrire que Community est une série « geek », parce que tout le monde donne un sens différent à ce mot et qu’il est plus que galvaudé.
Je vais plutôt dire que la série a digéré la culture populaire pour en tirer le meilleur. C’est le personnage d’Abed qui joue avec les codes des séries et du cinéma et c’est souvent grâce lui que tout dérape pour le meilleur. Dans les premières saisons, il est fasciné par Cougar Town (que je rêve désormais de voir), puis par une caricature de Doctor Who, Inspector Spacetime.
En tant que folle des voyages dans le temps et des dimensions parallèles, je suis forcément fan de l’épisode où il crée six dimensions parallèles grâce à un coup de dé, dont une démoniaque qui refera parler d’elle par la suite.

Certains épisodes sont tournés à la façon d’un documentaire (les fameux true crimes dont regorge Netflix) pour narrer une crise dont seul Greendale peut avoir le secret. D’autres reprennent les codes d’une autre autre série ou même d’un film. Les épisodes à la manière de Glee ou de New York, section criminelle sont de petits chefs d’oeuvre. Celui dédié à l’héritage de Pierce qui se déroule dans un jeu vidéo, avec les graphismes et le codes d’un jeu vidéo des années 80, est parfait.
Dans Community, une compétition de paintball ou la formation d’un fort en couvertures deviennent de vraies aventures avec pourtant les contraintes des unités de lieu, d’action et de temps. L’épisode où Abed déprime le prof qui donne un cours sur Madame est servie en résolvant la question du titre – Who is the Boss (le nom de la série en VO) – est hilarant. (Spoiler alert, c’est Angela !) Car les cours absurdes dispensés à Greendale sont aussi prétexte à de très bons épisodes, principalement dans les toutes premières saisons.
La série trouve sa pleine puissance dans sa troisième saison, qui se termine dans une explosion de folie.
Les trois suivantes ne comptent plus que treize épisodes et sentent la fin. Il fallait oser tenter le reboot en début de saison 5 avec un re-pilote.

Je vous recommande Community…
Si vous êtes un dingue de culture populaire.
Si vous pensez qu’il existe une dimensions parallèle qui compte une version démoniaque de vous.
Si vous êtes fan de Cougar town ou de Doctor Who.
Si vous avez aimé Arrested development (y compris les dernières saisons).
Si le mot « méta » vous fait frissonner.
Si vous êtes abonné à Netflix ou Amazon Prime, car au pire vous perdrez vingt minutes pour tester.

Let’s go to the mall

Nous sommes quasi à J + 1 mois depuis le début du déconfinement. Et en bonne irréductible que je suis, je résiste encore et toujours à ce mouvement.
Je savoure le fait de pouvoir sortir sans autorisation et d’avoir la liberté de circuler, mais je n’en abuse pas.
Le confinement a été agréable pour moi et je ne préjuge pas en écrivant ceci de ce qu’il pu être pour d’autres. Je pense que la génération Club Do qui passait ses journées confinée à regarder toutes les émissions de la prêtresse des programmes pour enfants était bien préparée à cette situation.

Il faudrait me couper Internet, l’accès à Animal Crossing New Horizons et les chaînes de streaming pour que j’accepte de sortir.

Pour ne rien arranger, Netflix m’a annoncé au moins trois bonnes nouvelles dernièrement :

  • La saison 3 de Dark. Avec toujours cette même hésitation : faut-il repartir de zéro pour savourer pleinement son dénouement ?
  • La saison 7 de New Girl. Bon ok, la six avait une fin tellement parfaite que j’aurais pu m’en tenir là et je sens déjà avec ses deux premiers épisodes qu’elle est parfaitement redondante, mais qu’importe il faut en finir pour de bon.
  • Les saison 9 et 10 de Modern Family. Idem la série a beaucoup perdu, mais il faut que le voyage se termine. Je prépare les mouchoirs.

En parallèle, Amazon s’enrichit de séries des années 2000 que j’ai toujours eu envie de revoir ou qui ont été si mal programmées par les chaînes hertziennes que j’ai loupé leurs fins. Je vais enfin pouvoir terminer Fringe par exemple.

Et surtout, je me suis mise au très bon et bizarrement passé inaperçu Superstore.

Superstore narre le quotidien d’une équipe qui travaille dans un supermarché américain à la périphérie d’une petite ville lambda.
Je n’attendais rien de particulier de cette série et j’ai été immédiatement séduite.
D’abord parce que c’est vraiment drôle, et vous pouvez me faire confiance sur ce point, je n’ai pas le rire facile.


C’est aussi très, très bien joué. J’avais aimé America Ferrera dans Ugly Betty sans savoir que sous les lunettes et l’appareil se cachait une aussi jolie nana (oui, je sais, c’était le principe), mais surtout qu’elle avait une jolie voix rauque éraillée parfaitement charmante.
J’avais vu Ben Feldman dans le très moyen Drop Dead Diva et il est formidable dans Superstore dans le rôle de l’ex étudiant en commerce idéaliste. Le personnage de Dina ne devrait pas vous laisser indifférent, pas plus que celui Sandra. Et je n’oublie pas Glenn, le directeur du magasin, qui en VO (je ne pense pas que la série doive se regarder autrement) a la voix de Fozzie l’ours, ce qui n’est pas donné à tout le monde.

Superstore réussit l’exploit d’être une série légère qui évoque de vrais sujets : la discrimination, l’immigration illégale, l’avortement… Elle m’a aussi permis de découvrir qu’on vendait la pilule du lendemain ou qu’on votait dans les supermarchés aux Etats-Unis.
Je la placerai dans la lignée de Scrubs (Amazon, quand achètes-tu l’intégrale de Scrubs ?) ou de Brooklyn Nine-Nine(et oui, je vais jusque-là).

La série a été diffusée par NRJ12 en lieu et place de The Big Bang Theory à titre informatif.

Bon, foncez, faites moi confiance, vous ne le regretterez pas. Superstore est une série hautement addictive.