Elémentaire !

Hier soir, j’ai mieux démarré mon année télé que mon année tout court et pourtant j’ai zappé les sosies de TF1. En effet, j’ai réussi dans la même journée à me cogner suffisamment pour avoir une bosse ridicule au milieu du front qui a fort heureusement dégonflé dans la journée et failli me coincer la main dans un pichet qui avait contenu au préalable mon fabuleux cocktail de Naël (« Joyeux Naël Brenda »). Je me suis consolée plus tard en revisionnant la saison 5 de « Scrubs » et en découvrant que JD s’était lui réellement coincé la main dans une cafetière et qu’il suffisait de la casser, comme le recommandait ma femme, avant que je m’en sorte seule, plutôt que d’aller demander leur point de vue sur le sujet aux médecins des urgences, ce qui m’aurait en plus privé du visionnage de « Sherlock » sur France 4 (et oui j’en viens enfin au vif du sujet).

Gros bémol de la soirée, la (mini)série n’est pas proposée optionnellement en VOST sur les canaux numériques et je me demande pourquoi en 2011 il ne s’agit toujours pas d’une norme imposée par l’Etat qui voudrait pourtant que ses citoyens maîtrisent la langue de Shakespeare (non ?). Vous connaissez mon couplet sur le sujet, qu’on ne s’étonne pas après que les gens téléchargent car l’accent des protagonistes doit être un plus pour la fiction.
Mais passons, je constate décidément qu’à l’instar des américains et à l’inverse de la plupart des français, les britanniques savent faire de très bonnes séries. Si ma femme emballée à la base a été moins ravie que moi par ce premier épisode, plus sceptique au départ, je l’ai adoré.

Nous sommes en 2010, et Scotland Yard patine toujours dans ces enquêtes. L’inspecteur Lestrade doit donc encore et toujours faire appel à Sherlock Holmes. De son côté, le docteur Watson revient d’Afghanistan (ce qui est rigoureusement fidèle à l’oeuvre de Conan Doyle et donc d’autant plus savoureux) et se voit proposer une colocation avec le mystérieux et très perspicace détective.

Il m’arrive régulièrement de regarder sur TMC l’adaptation des aventures de « Sherlock Holmes » certainement réalisée avec soin par la Granada Television, ce « Sherlock » made in BBC est le strict opposé de cette série vieillotte. Le détective envoie des textos lors des conférences de presse pour se moquer de la police anglaise qui piétine, Watson doit tenir un blog pour soigner son traumatisme de vétéran blessé sur le front, les smart-phone permettent de suivre à la trace les redoutables serial-killers, et les indices dégotés sur les scènes de crime par l’intrépide détective sont soulignés à l’écrit à l’écran, un artifice qui rend très bien d’ailleurs.
Mais sinon, le Londres de 2010  est tout aussi glaçant et glacé que celui de l’époque Victorienne, et l’ombre démoniaque de Moriarty plane toujours au dessus de Sherlock Holmes.

La série ose également de petites touches comiques de bon aloi, notamment sur la relation potentiellement ambiguë entre Watson et Holmes, notamment quand leur logeuse sous-entend qu’ils peuvent partager la même chambre ou lorsque un restaurateur dont Sherlock a sauvé la peau allume une bougie sur la table qu’ils partagent pour espionner un suspect afin que l’ambiance soit plus intime.

En bref, même en VF, j’ai hâte de découvrir la suite des aventures de « Sherlock » au XXIème siècle, également, et j’allais l’oublier, parce qu’on voit logiquement beaucoup Londres dans la série. A noter et c’est ma femme qui apporte cette précision que Watson et Holmes n’occupent pas le vrai 221B Baker Street puisqu’il y a un musée « Sherlock Holmes » à cet endroit précis.