Notre belle famille (les Goldberg(s) sur Amazon Prime)

Depuis que je suis devenue quadra, et le confinement n’a rien arrangé, je nourris une petite obsession pour les années 80. Il faut dire que j’avais 8 ans en 1985 et que je garde un souvenir plutôt heureux de mon enfance. J’étais tombée par hasard sur une chaîne de la TNT sur la série The Goldbergs. J’avais regardé quelques épisodes en passant, mais comme pour Superstore, la VF m’avait bien vite découragée. En quête d’un truc léger à regarder avant de dormir et ayant terminé Brooklyn Nine-Nine, je me suis rabattue sur Les Goldberg(s). Il n’y a bien sûr rien de comparable entre les deux séries.

The Goldbergs est une vraie série feel-good, qui ne casse pas trois pattes à un canard, mais change agréablement les idées et vous replonge avec bonheur dans les eighties.

Le pitch
La série met en scène le petit Adam, qui devenu adulte, raconte en voix-off son enfance dans une famille plutôt particulière. Le dispositif est assez comparable à Tout le monde déteste Chris sur la forme (autre série qui méritait mieux que sa programmation française). Adam F Goldberg est aujourd’hui devenu producteur de séries que je n’ai jamais vues.
Adam grandit donc dans une famille juive avec une mère particulièrement envahissante et aimante, un papa toujours grognon qui traite ses enfants de « moron » (crétin / abruti) mais qui les aime dans le fond, un frère un peu trop enthousiaste (un vrai moron pour le coup) et une soeur populaire, excellente musicienne.
Adam est un ado lambda, qui nourrit une passion dévorante pour la culture populaire et se rêve en réalisateur. Il filme le quotidien de sa famille avec son caméscope.

La réalité rejoint d’ailleurs la fiction à la fin de chaque épisode, puisque le vrai Adam F Goldberg montre des images de sa famille filmée dans les années 80 en lien avec l’intrigue qui vient de se dérouler dans l’épisode, ce qui ajoute au charme de la série.

Un âge d’or
Chaque épisode revient sur un phénomène des années 80 : les New Kids on the block (la passion cachée de la grande soeur qui devient celle de ses frères qui veulent la faire descendre de son piédestal), les nombreuses séries cultes de l’époque (Alf, Hooker…), les Goonies, Short Circuit , Ferry Bueller, les jouets, le film Transformers…

La série mélange allégrement les époque – la chute du mur de Berlin est ainsi mentionnée avant bien d’autres événements qui ont eu lieu dans les années 80 – mais elle l’assume. Adam évoque toujours les années 80 et quelques sans jamais donner de date précise à l’intrigue qui se déroule à l’écran.
Et finalement, c’est le propre des souvenirs.
Si je me replonge dans les miens, j’ai l’impression d’avoir passé mon enfance à jouer avec mon meilleur ami dans sa chambre aux Mask ou aux Maîtres de l’Univers ou à regarder Freddy dans son salon, mais il est probable que cet âge d’or n’ait duré qu’une année scolaire, ou deux au mieux.

Et c’est d’ailleurs ce qui me touche dans la série… Je me retrouve d’une certaine manière dans ce gamin, même si mon bonheur a été de plus courte durée, je suis entrée au collège et il a bien fallu cesser de jouer (enfin j’avais mon Atari 520 ST pour compenser).

Une série familiale
Les aventures de la famille d’Adam sont toujours très touchantes et pleine de bons sentiments. (Elles sont souvent drôles aussi, il faut quand même que je le signale.) Il adore son frère Barry malgré ses excentricités et supporte sa mère qui lui pourrit pourtant la vie. Son grand-père est son meilleur ami. En ce sens, la série ressemble beaucoup aux sitcoms des années 80, où tout se terminait toujours au mieux dans le meilleur des mondes à la fin de chaque épisode. Avec une petite morale au passage !

La série est garantie sans violence, sans sexe et sans sujets de société et Amazon me bipe même les gros mots. On est vraiment sur quelque chose de léger, léger.

Beverly relègue Loïs (la maman de Malcolm) au rang de génitrice quasi normale. Son personnage de mère bien trop présente est vraiment très bien porté par Wendi McLendon-Covey que je ne connaissais pas auparavant (enfin apparemment je l’ai quand même vue dans l’excellentissime Mes meilleures amies), toute en choucroute laquée des années 80. Elle est clairement l’énorme plus et l’un des ressorts comiques majeurs des Goldberg.

Je recommande les Goldberg…
Aux nostalgiques comme moi des années 80…
Aux personnes que cette fin d’année chagrinent, parce qu’ils ont peu d’espoir que 2021 soit meilleure que 2020…
A ceux qui recherchent une série sympa et pas trop prise de tête…
Aux fans des sitcoms familiales des années 80 et 90….
A mon meilleur ami qui devrait se reconnaître en Adam…
A ceux qui aiment les séries qui durent vingt minutes…

95%

Il me reste un épisode à regarder pour conclure Dix pour cent. Comme prévu, la série qui devait s’arrêter aura bien une suite et j’ai bien du mal à m’en réjouir. Je me suis ennuyée ferme devant les trois derniers épisodes. Quand je me mets frénétiquement à jouer à Candy Crush devant une série, c’est rarement bon signe. Désolée !

J’ai réfléchi à ce qui me posait problème. J’ajoute que j’avais certainement trop d’attentes pour cette saison finale.

1- Le format
C’est long une heure. Vraiment…

2- Le rythme
C’est vraiment long une heure quand on s’ennuie. Je suis désolée, ok c’est bien filmé, ok c’est bien joué, ok c’est rigolo, mais c’est rigolo par moment et le reste du temps, ben, moi, je m’ennuie. Pourtant j’aime les séries bavardes, mais là j’ai l’impression de revivre mes moments d’égarement estivaux devant Maigret.

3- Les personnages
Camille m’ennuie presque autant que son père, Mathias. Je ne crois pas en sa rédemption. J’ai envie de le gifler dans les trois-quarts de ses apparitions et je pense que cette promo que les acteurs ont fait visiblement de mauvaise grâce a contribué à mes le rendre antipathiques. Je regarde certainement trop France 2, mais je les ai vu partout se faire encenser.
Je ne parle même pas de Gabriel que je voudrais secouer. Je me contre-fiche de son triangle amoureux. Quant à Camille, on a renoncé à lui faire avoir une vie sentimentale depuis qu’elle a failli coucher avec son demi-frère. Du coup, elle est juste là pour être le pivot des intrigues des autres. D’ailleurs, elle ne rayonne pas de gaieté dans cette quatrième saison, la pauvre.
La série repose donc sur les épaules d’Andréa et du seul autre personnage véritablement intéressant de cette quatrième saison, Elise, la vilaine agente pas du tout lesbienne (mal visé, Poc). C’est le seul protagoniste que je trouve un peu intéressant, avec la bien trop rare Arlette.

4- Les stars
Ca valait vraiment le coup de faire apparaître Mimie Mathy, Muriel Robin (en misandre….sans déconner), Nathalie Baye et surtout, surtout Rayane Bensetti (la caution populaire, jeune et branchée, j’imagine) pour dire que quand même les stars se bousculent dans la série (y compris les jeunes du coup). En dehors de ça, j’ai trouvé les célébrités qui ont eu le droit à « leur » épisode parfaitement soporifique, comme le reste. L’épisode avec Sigourney Weaver est sans doute (je n’ai pas encore vu l’ultime) le meilleur des cinq. Mais bon, ça reste fade et surtout jamais irrévérencieux. Je sauve la scène où Camille et Andréa évoque leur fausse liaison avec Bernard Verley. Tous les épisodes auraient dû être à ce niveau. J’attendais tellement mieux de celui avec Sandrine Kiberlain, que je trouve drôle moi dans les quelques minutes de son stand-up. Il aurait fallu assumer qu’elle soit vraiment nulle.
Globalement, la série se fait plaisir en accueillant les plus grands et puis quoi ? Rien, je m’ennuie. (On va le savoir.)

5- Les intrigues
Pareil, rien de fou… L’agence va mal, l’agence va mieux et l’agence va couler. Le moment où la méchante agente enregistre Andréa est d’une rare subtilité. Vous avez compris au troisième plan sur son téléphone qui enregistre la conversation, qu’elle enregistre la conversation. Parce que moi, oui ! Colette s’est barrée, laissant Andréa livrée à son bébé et elle s’en tire plutôt bien. Je m’attendais à ce que sa fille se retrouve à l’assistance publique après son abandon à la crèche.
J’ai déjà parlé de la rédemption de Mathias, qui me laisse aussi froide que son histoire avec Noémie, qui frise souvent l’hystérie (désolée). Quant à Sofia, elle prend la grosse tête et puis redescend, ouf ! Je ne parle pas de Hervé, qui est la caution bons mots de l’ensemble et qui a une plutôt jolie intrigue avec sa nouvelle carrière d’acteur.

Bref, j’en arrive à la conclusion que la série a la carte, parce que cette saison 4 est vraiment loin d’être exceptionnelle et loin d’atteindre le niveau de la première. Le problème vient peut-être de moi. Mon revisionnage de Buffy m’a rendu allergique à tout ce qui est dénué de vampires et de rythme peut-être.

Plan blog

Vous savez comme moi qu’il y a plein de supers séries à regarder et qu’on manque toujours de temps. Enfin, ça a été niveau temps ces dernier mois, mais j’y reviendrai. C’est pour ça que je me demande toujours pourquoi je finis par regarder Plan coeur sur Netflix. D’autant que j’ai mollement apprécié la première saison et détesté la deuxième. Alors pourquoi me suis-je tapée l’épisode sur le confinement ? C’est un grand mystère…. d’autant que je n’ai pas pu me rincer l’oeil, ce qui semble être l’objet unique de cet inédit, sur la plastique du beau barbu, dont on voit presque tout sauf ce qu’il montre au balcon à sa voisine (mais que c’est drôle…).

Je vais vous résumer Plan coeur aussi bien que je l’ai fait hier pour quelqu’un que ça n’intéressait pas.

Dans la première saison, Machine (je vais vérifier les prénoms pour plus de clarté) Elsa se fait plaquer par Maxime. Comme elle a le coeur brisé, ses bonnes copines (avec des amis comme ça, pas besoin d’ennemis) décident de payer un escort-boy (qu’elle baptise « le pute ») pour qu’elle se console. Elsa ne sait pas que le beau Julio est payé pour la séduire et tombe amoureuse de lui. Comme c’est une comédie romantique, la réciproque est vraie. Elle découvre la vérité dans le dernier épisode et décide de se mettre en couple avec lui. A un moment, il y a Anne de Petrini aussi. Ses deux potes, Charlotte et Emilie, ont aussi des aventures qui ne visent qu’à illustrer le fait qu’elles sont insupportables. Emilie passe sa vie à être infecte (et le mot est faible) avec son gars, qui est un gentil interne. Charlotte s’emploie à gâcher la vie d’Elsa.
Dans la saison 2, Elsa a caché à ses meilleures amies qu’elle était avec Julio. (Tu m’étonnes…) Du coup, elles essaient de la recaser avec Maxime, qui s’est découvert un amour transi pour elle entre deux.
Le seul personnage bien, et c’est sans parti-pris, est la collègue lesbienne d’Elsa, qui apparaît de temps en temps pour ne pas trop exister.
Je vous épargne l’intrigue autour de la start-up bidon de Charlotte.
Elsa rompt avec Julio à cause de ses copines et se remet finalement avec lui, parce que cette série est nulle et n’a rien à dire.

Et donc, comme ça doit bien marcher, Netflix a proposé hier un épisode spécial de Plan coeur sur le confinement.

Vous avez aimé le confinement, vous détesterez l’épisode de Plan coeur sur le confinement.
Vous avez détesté le confinement, vous détesterez l’épisode de Plan coeur sur le confinement.
D’ailleurs, je pense que les scénaristes de Plan coeur détestent leurs personnages. Je ne vois aucune autre explication.

La petite bande d’amis décide de se confiner ensemble dans la maison de la grand-mère d’Emilie. Et puis, finalement pas…. Charlotte a trop peur d’être infectée par le virus. Maxime a trop envie de baiser (je n’invente rien). Matthieu, dont je ne vous ai pas parlé, est bloqué à Londres. (On l’oublie vite, comme les autres personnages qui cessent rapidement de l’appeler.) Jules et Elsa veulent baiser (décidément). Emilie est donc bloquée, seule, avec son courageux époux qui est soignant et son fils à la campagne.


Et là, et bien c’est la calamité.
Elsa devient super écolo et insupportable (je ne sais pas quel est le message derrière, je vous laisse décider). Charlotte psychote à cause du virus. Emilie se fait suer et profite du métier de son époux pour devenir populaire sur Insta. On avait déjà atteint les limites du supportable avec son personnage dans les deux premières saisons et là j’avoue que je ne comprends même plus comment c’est possible d’être aussi immonde. Maxime secoue sa b.t.e au balcon pour trouver une meuf (et encore une fois, je n’invente rien).
Au bout de trente jours de confinement, sans qu’on comprenne comment c’est possible puisqu’on ne les voit jamais sortir, Julio chope le coronavirus. Du coup, Elsa se rend compte qu’elle est une véritable emmerdeuse. Charlotte est prise de remords car elle ne fait rien pour les autres et culpabilise. Elle vainc sa germophobie pour mettre ses über au féminin au service des soignants. Maxime fait du sport pour entretenir son corps, donc on le voit en slip une grande partie de l’épisode.

Ce que ça dit du confinement : rien ou du moins pas grand chose de bien.
Il y aurait pourtant eu matière. La série ne fait même pas l’effort de suivre l’actualité qui avait son importance pendant ces quarante jours. Les personnages se regardent le nombril pendant 98% de l’épisode, avant de réaliser qu’il faut être altruiste, sauf Maxime très occupé par autre chose.

Si un extraterrestre découvre l’humanité avec cet épisode, il va nous crever. Vous êtes prévenus !

Sinon, ça va, ma gestion de la colère, tout ça…

Perdue dans les ténèbres (La fin de Dark)

Cette année, deux de mes séries préférées de ces cinq dernières années ont tiré leur révérence : The Good Place et Dark. Et curieusement, les deux ont parfaitement réussi leur sortie. Leur point commun : leurs créateurs avaient programmé leur fin dès le départ sûrement. J’ajoute qu’elles n’ont pas excédé les cinq saisons.

Je ne vais pas me lancer dans un résumé détaillé de Dark. D’abord parce que personne n’y comprendrait rien et ensuite parce que je ne suis pas sûre d’avoir tout saisi.

Voici quelques points qui résument mon amour pour cette série ! Ils ne sont pas exempts de spoilers, vous êtes prévenus (cependant, je ne donne aucune information sur la résolution de la série)!

Une sortie digne de ce nom
Je craignais une fin ouverte, une absence de fin, ou une fin incompréhensible. Que nenni ! Si la troisième saison de Dark nous promène énormément et nous égare régulièrement, sa fin est étrangement totalement compréhensible. Limite limpide ! Elle se résume en une phrase : ne partons pas fâchés ! Ceux qui savent comprendront. La dernière scène vous permettra de bien vous prendre la tête pour resituer qui est absent et pourquoi.

De merveilleux voyages temporels
(Vraiment merveilleux… La série porte bien son nom. Tout est sombre, pluvieux et généralement poisseux. Mon moi de 71 ans a passé son temps à souhaiter que les gens se lavent à un moment entre deux sauts temporels….)
Pour en arriver là, il aura fallu passer par tout un tas d’époques : les années 80, la fin des années 2000, aujourd’hui ou presque, les années cinquante, la fin du XIXè siècle… Les personnages eux-mêmes se sont un peu perdus à traverser les décennies. Il aura fallu assimiler que tel personnage a plusieurs incarnations à plusieurs âges. Je ne suis pas extrêmement physionomiste, j’ai souffert. Ca m’a replongé dans ma lecture d’Anna Karénine où j’ai mis beaucoup de temps à assimiler les noms des différents protagonistes. (C’est juste pour placer que j’ai lu un roman russe. La honte…)

Un arbre généalogique touffu
Je ne vous parle même pas des arbres généalogiques. Moi qui me vantais de maîtriser celui de la famille Beaumont, je me réveille encore en sursaut en me demandant: mais qui est Tronte déjà ? Je fais une petite fixette sur Tronte, j’avoue. Et je sais que c’est le père d’Ulrich et le fils d’Agnès désormais, merci. Quant à Charlotte qui est la mère de sa mère, ça fait partie du charme de Dark.

De légers paradoxes temporels
Sur ce dernier point d’ailleurs, j’ai piqué une crise de nerfs après le visionnage du dernier Avengers pour ne pas avoir respecté des paradoxes temporels qui font rigoler à côté de certains de ceux de Dark, mais je pardonne beaucoup à la série.

Une BO au top
Je suis également reconnaissante à Dark pour avoir remis au goût du jour ce tube de Nena, que j’adore. Je vous conseille vraiment d’aller au-delà de 99 Luftballons.

Globalement, la bande-originale de Dark est une véritable merveille qu’en bonne ancienne, je rêve de voir éditer en CD un jour. (Imaginez le final sur la chanson qui suit…)

Des rebondissements inattendus
Vous l’aviez vu venir vous : la mère de Katharina, infirmière dans l’établissement où Ulrich est interné dans le passé, qui tue sa fille et fait tomber la médaille que sa petite-fille trouvera dans le futur en train de s’amuser sur le lieu même où sa mère a été tuée par sa grand-mère. Ahahahahaha !

Jonas qui sort sans le savoir avec sa tante, c’est du pipi de chat à côté.
Je vous passe le rebondissement de la série qui a le plus fait tomber ma mâchoire à la fin de la saison 2 et qui restera l’un des plus forts de ma vie de sériphile avec le bunker qui s’allume dans Lost.

Une série terminée
Si vous n’avez pas vu Dark, vous allez pouvoir découvrir la série d’un bloc, sans oublier d’une saison sur l’autre qui est Tronte ou pourquoi Claudia disparaît. Vous avez beaucoup de chance !

Pour conclure, je recommande Dark…
A ceux qui aiment autant le voyage que la destination.
Aux déçus de Lost.
A ceux qui ont adoré Lost.
Aux fans des voyages dans le temps.
A ceux qui n’ont pas entendu d’allemand depuis Hallo Freunde.
A ceux qui adorent les histoires drôlement mystérieuses.
A ceux qui se promènent souvent en forêt.
Aux curieux…

Et pour ceux qui cherchent encore des réponses, la série est décortiquée à l’envi sur Youtube.

Pour conclure, ce merveilleux duo entre deux stars des années 80 qui ont su rester sexys avec le temps.

Fleabag fait mouche

J’ai pris la résolution, il y a quelques années, de ne plus télécharger de séries illégalement. Je me contente de l’offre légale. Du coup, c’est fatal, je loupe plein de trucs et j’ai abandonné plein de séries en route. Mais en même temps, on ne peut pas tout voir, ni s’intéresser à tout. Cette introduction indigente mène à quelque chose promis. J’étais passée à côté de Fleabag et un an après tout le monde, j’ai envie d’en parler, parce que mine de rien, cette série m’a fait de l’effet.

Pour une fois, ce post est garanti sans spoil.

Réaction après le premier épisode…
Bof, je ne me sens pas concernée par les aventures de cette trentenaire dépressive et obsédée sexuelle. Je me retrouve bien plus dans des gamins qui trouvent des clés magiques. Logique…

Il faut dire que le pitch n’est pas engageant. L’héroïne (dirige un commerce qui va TRES mal. Ses relations familiales sont catastrophiques. Sa mère est décédée, son père démissionnaire entretient une relation avec une artiste autocentrée qui n’aime pas ses belles-filles, et sa sœur est compliquée (pour faire court). Elle est mariée avec un sale type (une ordure) qui ne la mérite vraiment pas. Sa seule bouffée d’oxygène – sa meilleure amie – est morte dans des circonstances qui vont s’éclaircir au fur et à mesure de la saison 1.

Bon, on regarde quand même le suivant ? Oui, ça ne dure que 26 minutes.

Réaction après le deuxième épisode…
Ca passe. Il est l’heure de dormir, on avisera demain. Le lendemain, on en discute. Toujours pas emballée… mais on se met à la suite, après tout ce sont les vacances.

La suite…
J’ai eu un véritable coup de foudre pour Phoebe Waller-Bridge. Je ne suis pas la seule, j’en ai conscience. Elle est formidable. Tête à claques parfois dans ce rôle certes, mais aussi extrêmement émouvante et drôle. Ses apartés qui nous sont adressés sont phénoménaux. L’actrice qui joue sa soeur Claire est tout aussi formidable. Olivia Colman en belle-mère insupportable est une perle. Tout le casting est à l’avenant.

La première saison est vraiment excellente. C’est très bien écrit. Nous avons ri beaucoup, mais aussi apprécié la mélancolie du propos. Il faut me faire confiance quand je dis que la série est drôle, elle l’est vraiment. Certaines scènes nous ont fait rire aux éclats et c’est si rare. Quand elle ne l’est pas, elle va tout aussi loin. La scène du confessionnal dans la saison 2 restera.

Nous avons visionné la saison 2 dans la foulée. Elle est certainement moins percutante, mais elle montre d’autres facettes du personnage. Mais j’en réclame une troisième, une quatrième…. car je l’assume, Fleabag me manque. Je me suis attachée à ce personnage, à son humour, à son ton, à son accent anglais… Je lui souhaite un happy-end.
(Bon, ok, j’ai lu qu’elle avait annoncé que la deuxième serait la dernière, mais je ne peux pas y croire.)

Du coup, il me semble impossible de regarder Mouche, même si j’adore Camille Cottin. Je ne comprends même pas pourquoi la série a été adaptée en France et aussi littéralement (je me suis fait une idée en regardant la bande-annonce, confirmée hier par les retours sur Facebook).

Bref si vous n’avez pas vu Fleabag, foncez ! Vous ne le regretterez pas.

Je recommande Fleabag….

Aux amateurs de cochons d’Inde, comment résister à un animal qui fait pouic

Aux fans de Sex and the city

Aux amoureux de Londres

Aux amateurs d’humour anglais

Aux êtres humains en général

De Sète à huit

(Après avoir trouvé ce titre fabuleux, je pourrais me retirer, tête haute, de la vie bloggueuse.)

Les gens me charrient en général sur ma téléphagie en me disant : « Plus belle la vie, tu dois adorer, toi ». Il s’avère que non. J’ai toujours résisté aux sirènes du Mistral. Jusqu’à très récemment, j’étais persuadée que le problème venait du rythme quotidien. Mais c’est surtout que j’ai loupé le coche et qu’il y aurait trop à rattraper.

En revanche, ce qui a commencé comme une blague estivale a tourné à l’addiction depuis peu. Je suis devenue fan de Demain nous appartient !

Ne cherchez aucun second degré dans cette affirmation. Je ne loupe aucun épisode du feuilleton quotidien de TF1 et je vais essayer de vous expliquer pourquoi.

Ca me replonge dans mes années Santa Barbara.
C’était mon rendez-vous du soir avec ma mère. Elle ne regardait quasi pas la télévision, mais à 19 heure, elle venait s’installer sur le canapé avec moi et regarder le soap américain. Nous étions gentiment accros aux aventures de Cruz et Eden et de Kelly et plein de types louches. Avec Demain nous appartient, je retrouve en solitaire le plaisir simple du feuilleton quotidien.

Des visages connus
Comme il y a une criminalité absolument débridée à Sète, il faut faire tourner l’effectif. Tout a commencé pour moi à cause Véronique Jeannot. Le retour de Pause café dans une série m’a enchantée. Depuis, la cruelle matriarche Lazzari a quitté l’Occitanie, mais moi je suis toujours là. Rendez-vous compte, elle avait poussé sa fille à aller étudier à Douai (improbable quand même) pour pouvoir adopter son enfant. Celle qui croyait depuis des années avoir une soeur était en fait la fille de celle-ci. Depuis Nourredine d’Une famille formidable a rejoint le casting avec femme et enfants. Et je sens que ce n’est pas fini !

Des intrigues au top
Dans Demain nous appartient, il se passe toujours quelque chose. Une intrigue à peine terminée, une autre couve déjà. Depuis que j’ai commencé à regarder la série, on a découvert que Bernard Menez avait couvert un meurtre. Puis il a été tué. Et sa femme Véronique Jeannot a dû reconnaître que sa fille était en fait sa petite-fille. Linda Hardy a été harcelée par un avocat sosie de Jean-Jacques Goldman qui a fini par la séquestrer. Pour s’en tirer, elle l’a tué. Du coup, elle est partie faire Danse avec les stars pour oublier. Un infirmier pervers a rejoint l’hôpital de Sète. Il a été tué. La police a coffré 52 personnes avant de trouver l’assassin. Il faut dire que ce n’était pas facile…
Tout ça tourne autour de la personnalité tutélaire d’Ingrid Chauvin, véritable pilier de la série. Elle est de chaque épisode. Si elle n’est concernée qu’à la marge par l’intrigue principale, elle est la confidente, celle qui rassure et réconforte le personnage tourmenté. Chloé Delcourt est formidable. En ce moment, elle essaie d’avoir un bébé. Elle a fait une fausse-couche après l’incendie du Mas, mais elle est à nouveau enceinte. Quand je l’ai appris, j’ai eu les larmes aux yeux et je me suis dit qu’il était temps que j’en parle…

Des lieux totems
Une bonne série se doit d’avoir des lieux où les personnages se retrouvent. Dans Demain nous appartient, le Central Perk s’appelle le Spoon. Tous les personnages, de 7 à 77 ans, se retrouvent au Spoon.
Quant aux employeurs de la ville, ce sont l’Education nationale avec le lycée, la santé avec l’hôpital (absolument central) et la sécurité avec le poste de police. A Sète, tu es soit prof / proviseur adjoint / élève, soit médecin / infirmière / aide-soignant, soit flic. A la marge, Alexandre Brasseur élève des huîtres au Mas. Tu peux aussi être en prison, ce qui pend au nez à absolument tout le monde là-bas.
Donc les intrigues ont lieu principalement au poste de police, au lycée, à l’hôpital et aux domiciles de chacun des protagonistes. 

De bons acteurs
L’argument qui voudrait que les séries françaises soient mal jouées a vécu selon moi. On écarte Les Mystères de l’amour bien sûr, on est hors catégorie là. Demain nous appartient n’est pas pire à ce niveau qu’une série américaine standard, doublée ou pas. Bon, j’avance cet argument en me disant que je suis peut-être victime d’un savant Syndrome de Stockholm, mais je ne pense pas.
Le personnage joué par Catherine Allégret, la mère du compagnon d’Ingrid Chauvin, m’a vraiment émue en évoquant son Alzheimer galopant. J’ai une pensée sincère pour ma grand-mère en voyant ses confessions et j’ai pleuré (sinon ça va bien, je vous rassure).

Une saga familiale bien compliquée
Je suis capable de vous donner de tête l’arbre généalogique d’Une Famille Formidable. Vous pouvez essayer de me piéger, vous n’y arriverez pas. En revanche, j’ai encore du mal  avec celui des personnages de Demain nous appartient. Le séduisant Bart a deux mamans, mais je crois que c’est encore une sordide histoire d’abandon forcé. L’adorable Arthur lui a vraiment deux mamans et l’une d’elles est quand même Charlotte Valandrey, qui a été une formidable directrice  de la star ac en son temps.

Je ne peux pas vous inciter à regarder Demain nous appartient. D’abord parce que c’est assez contraignant d’être au rendez-vous chaque soir à 19h20 et ensuite parce qu’il faut avoir l’esprit très ouvert pour plonger dans un feuilleton quotidien de TF1, mais aujourd’hui j’assume ce (nouveau) plaisir coupable.

 

Strange Summer

Je pense que je vais être très concise sur la saison 3 de Stranger Things : pas indispensable mais plaisante !

Quelqu’un l’a encore mieux résumée que moi. Cette saison 3 pourrait s’appeler comme la deuxième et la première d’ailleurs : Eleven et les garçons.

La suite est garantie sans spoiler. J’ai vérifié !

Les bons points :

– L’ambiance 80. C’est le point fort notable de la série. Toutes les références aux franchises de l’époque sont un régal.

– La mention à la guerre froide très Wargames.

– Le côté gore assumé.

– Nancy, parce qu’en vrai j’adore Nancy et Steve, qui assume son joli costume de marin tout au long de la saison. Les deux personnages sont de loin les plus attachants de la série, bien devant la marmaille insupportable.

– Le mignon coming-out. J’ignore comment il a été reçu et à dire vrai je m’en fiche, il est inattendu et il m’a touchée. En plus, il évite à la série de nous imposer une idylle convenue.

– La référence, LA REFERENCE à L’histoire sans fin. C’est sans doute too much, mais ça marche à tous les coups sur moi. En plus, il fallait oser cet intermède à ce moment-là de l’intrigue.

– Le mall, j’aime bien les mall grâce à Robin Sparkles.

– L’évolution du personnage d’Eleven qui apprend à se connaître, ce qui m’offre une transition rêvée vers les points négatifs.

Les mauvais points :

– Les affres de l’adolescence. J’aurais préféré qu’on nous les épargne en arrêtant tout ça plus tôt. Les gosses grandissent et sont nettement moins adorables. Le flirt entre Will et Eleven est déplaisant.

– Hopper, apparemment une actrice s’est fait laminer pour avoir osé le critiquer, mais son personnage est horripilant. Il malsain, à la limite du harcèlement avec cette pauvre Joyce, et menaçant avec un môme.

– La fin. Il fallait assumer d’en terminer là totalement et tuer un véritable personnage principal. Eleven au hasard…

– L’épilogue sans fin, qui n’a en plus ni queue, ni tête.

– Winona…. Oh Winona que je t’ai aimée dans Dracula ou Une vie volée, mais que s’est-il passé dans ta vie pour que ton jeu se résume désormais à une mimique effarée permanente ?

Winona

– L’histoire sans fin… Il fallait assumer d’en terminer là et de boucler la série. A quoi bon repartir pour une nouvelle lutte contre l’upside down ?

Friends

Le mois d’août est venu et comme chaque année désormais, c’est le moment où ma relation avec Netflix se consolide.

Mercredi soir, j’ai regardé Ferris Bueller, et n’en déplaise aux grincheux, j’ai trouvé le film extrêmement regardable, drôle, et presque un peu profond. J’avais oublié qu’on y voyait un tout jeune Charlie Sheen, Jennifer Grey avec son véritable nez (vous saviez, vous, que sa carrière avait été brisée par la chirurgie esthétique ?), et Alan Ruck, que vous avez aperçu dans un tas de séries et de films, sans vous souvenir qu’il était un adolescent tourmenté dans ce chouette film des années 80, et sans connaître son nom surtout.
Si vous avez une chaude soirée d’été à combler, je vous recommande La folle journée de Ferris Bueller, qui était le film culte de mes 8 ans grâce à mon meilleur ami.

Mais, ce n’est absolument pas de Ferris Bueller dont je voulais vous parler. Avant de partir en vacances, j’avais commencé à regarder sans réelle conviction Friends from college. Et, à ma grande surprise, j’avais plutôt adhéré à une série qui ne semble pas recueillir un méga accueil critique et public. Je l’ai terminée hier avec regret et j’espère vivement qu’il y aura une saison 2. Bon, désormais avec Netflix, il faut rester prudent…

Bon, pourtant, la série part avec un gros handicap : les personnages sont assez antipathiques, et mon premier mouvement a été de me dire que je m’en fichais, comme de l’an quarante, de leurs petits soucis de privilégiés. Elle compte aussi d’énormes moments de malaise,  ce qui m’insupporte en général.
Mais bon, le format, la présence de deux acteurs que j’aime plutôt bien – Cobbie Smulders (Robin dans How I met your mother, que j’ai peu vue depuis l’arrêt de la série) et Fred Savage des Années coup de coeur – ont fini par me pousser à m’attacher un peu à Friends from college.

La série, comme son nom l’indique, narre les aventures de personnes qui se sont rencontrées à la fac et qui ont plutôt bien réussi dans la vie. Enfin, tout est relatif.
Ethan est devenu auteur à moyen succès, sa femme Lisa, avocate. Leur pote Max est éditeur et représente les intérêts d’Ethan. Nick, l’ex de Lisa, est rentier. Sam a épousé un homme riche et Marianne se paie un bel appartement en jouant dans des pièces sans queue, ni tête.

Pour les intrigues, Ethan couche avec Sam, son ex, plus ou moins depuis qu’ils ont quitté la fac, ce qu’évidemment Lisa ignore. Sa carrière d’écrivain va mal, et il se lance, avec son ami Max, dans l’écriture d’un roman pour ado, qui aura pour héros des loups garou. Max est gay et vit avec Felix, un type très bien, qui ne supporte pas ses anciens amis, et en visionnant les premiers épisodes, on le comprend et on le plaint.  Marianne est décalée.

J’ai compris en regardant le dernier épisode, hier, pourquoi j’avais apprécié cette série. J’y ai vu une très lointaine suite de Friends. Des Friends qui auraient un peu mal tourné… La suite tant attendue, qui a bien fait de ne jamais voir le jour, parce que Monica et Chandler seraient malheureux en couple, que Ross serait en dépression après sa rupture avec Rachel, et où Phoebe resterait elle-même. Marianne est d’ailleurs une assez parfaite synthèse de Joey et Phoebe.

Si vous avez passé l’année à ne rien regarder, je recommande en priorité la splendide saison 2 de Master of none, sur laquelle je n’arrive pas à mettre des mots tellement elle m’a scotchée, et puis la première surtout si vous n’avez jamais visionné la série. Mais, si vous avez envie de ne rien attendre d’une série, tentez peut-être Friends from college. Sur un malentendu…

 

 

Moins 10%

Je viens de me rappeler apparemment que j’avais un blog sur la télé, depuis treize ans, que je néglige depuis cinq ans.

Il faut dire que l’heure est grave : 10% m’a amèrement déçue.

Avant le démarrage de cette deuxième saison, je m’étais dit qu’il y aurait bien un connard pour venir dire qu’elle était moins bien que la première, par principe et par esprit de contradiction. Je ne m’attendais pas vraiment à être cette connasse.

Je ne partage pas du tout, mais alors pas du tout, le concert de louanges des critiques avertis sur cette deuxième saison. Je crois que ça s’appelle le phénomène Fais pas ci, fais pas ça. Il n’existe pas, je l’invente. En gros, quand une série française est bonne et fonctionne, il devient impossible de la dénigrer, même devant l’évidence de son déclin.

[ATTENTION, SI VOUS N’AVEZ PAS ENCORE REGARDE TOUS LES EPISODES DE LA SAISON 2, CE BILLET COMPTE DES SPOILERS]

 

Le premier épisode de la saison 2 ne m’avait pas renversée, loin de là. Le deuxième m’avait un peu calmée, plus drôle, plus enlevé, avec des dialogues qui font mouche. Mais, hier, 10% m’a perdu avec trois fois rien : Andréa Martel, la lesbienne la mieux des séries depuis Bette de The L Word, couche avec son patron et ex camarade du collège. Bon, je suis fermée sur le sujet et je sens bien que mon point de vue ne fera pas l’unanimité, mais pour moi, bêtement, une lesbienne, ça ne couche pas avec un mec. Du moins, les lesbiennes font bien ce qu’elles veulent dans la vraie vie, mais j’aimerais qu’elles évitent dans les séries, quand elles sont jolies, assumées et que leur présence à l’écran fait du bien à ma cause. J’ai mis assez longtemps pour faire comprendre à mes parents que non je ne reviendrai pas sur le droit chemin, je n’aime pas trop qu’une série vienne remettre en cause tous mes efforts. Je ne parle même pas des conséquences sur les gens un peu bas de plafond qui pensent que les filles qui aiment les filles sont en gros mal baisées.

Je ne suis pas demeurée, je comprends bien le propos défendu par les scénaristes. En couchant avec son envahissant patron, Andréa « Marteau » Martel entend reprendre le contrôle sur lui et le dominer.
Ca ne me plaît pas plus. Je trouve ça même carrément naze, si vous voulez le fond de ma pensée.

Je vous rassure, ce n’est pas le seul problème que m’ont posé les épisodes d’hier.

La première saison mettait en scène avec légèreté les aventures des guests. La deuxième les met au second plan certes, mais les utilise grossièrement. Virginie Efira et Ramzy remettent en cause l’équilibre économique de l’agence avec leur brouille. Julien Doré drague la copine de Gabriel, ce qui le rend bien malheureux. Isabelle Adjani est là pour faire plaisir aux créateurs de la série surtout et achève de couler Matthias.
Les stars ne sont plus la petite touche qui apporte un plus à la série, mais le gros moins qui la plombe.

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Bon heureusement, les acteurs restent formidables. Camille Cottin est à tomber. La déchéance de Matthias est touchante et la prestation de Noémie est renversante. Hervé est fabuleux.
Mais, je trouve que la mayonnaise ne prend pas entre leurs problématiques et la présence des stars.

Andréa

Les deux épisodes d’hier soir sonnaient le glas de la belle entente entre les agents d’ASK et j’avoue que je suis à deux doigts de me désintéresser totalement de leur avenir.

 

Fiche de lecture

Je voulais profiter d’être prisonnière d’un TGV pendant deux fois six heures pour regarder l’adaptation du formidable roman de Stephen King « 22/11/63 ». C’est l’un des livres qui m’a marquée l’an dernier et j’avais envie de voir ce que ça pouvait donner en série.

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Le pitch est simple : Jake Epping est mandaté par le tenancier du Diner, où il déjeune tous les jours, pour retourner dans les années 60 dans l’objectif d’empêcher l’assassinat de JFK. Si le restaurateur a cet étrange projet, c’est qu’il a découvert par hasard dans sa caravane un accès direct vers l’année 1958 (1960 dans la série). Vétéran du Vietnam, il considère que la mort de Kennedy est à l’origine de tous les maux de l’Amérique actuelle et que le sauver permettra de tout arranger. Au départ sceptique, Jake, qui n’est pas très heureux dans sa vie, décide de tenter le coup et va s’installer dans les années 60, afin de poursuivre l’enquête de son ami et de tenter d’empêcher le pire.

Le roman est haletant, malgré quelques légères longueurs et évidemment on a envie de savoir : le héros va-t-il sauver Kennedy et pour quelles conséquences ? Comme l’indique Al, le patron de la cantine de Jack, le passé est résistant et répugne à être changé. Il va donc falloir à Jack beaucoup de persévérance pour essayer d’accomplir son terrible dessein. Le justicier va également devoir enquêter pour se convaincre que Lee Harvey Oswald est bien le seul tireur et surtout l’instigateur unique du projet. Enfin, avant d’empêcher l’assassinat, Jack va vivre cinq ans, seul, dans une époque dont il maîtrise mal les codes.

Le roman est à la fois une plongée réaliste dans les années 60 aux Etats-Unis, une contre-enquête passionnante sur l’assassinat de JFK, qui met en lumière l’intime conviction de Stephen King sur le sujet (en bon écrivain américain, il s’est bien documenté, croyez-moi) et bien sûr un récit de science-fiction prenant.

Donc voilà en résumé, j’ai adoré le roman. Et, à ce jour, je crois que je n’ai jamais été convaincue par l’adaptation cinématographique ou en série d’un roman que j’ai aimé. Ca n’a pas loupé avec « 22/11/63 ». J’étais donc installée dans un TGV avec un roman qui ne me séduisait pas du tout au final, et très peu de choses à regarder. J’ai péniblement tenu 50 minutes sur les 1h20 du pilote de « 22/11/63 ».

Ca partait pourtant bien avec un générique vraiment sympa. Mais très vite, le premier très gros problème apparaît : James Franco ne colle absolument pas au rôle du héros. Il n’est pas assez cassé par la vie. Il fait jeune premier ravi de la crèche, alors que dans le roman Jack est malheureux et pas en phase du tout avec son époque, ce qui explique aussi qu’il fasse aussi facilement le choix de « partir » dans les années 60. D’ailleurs, dans le peu que j’ai consenti à regarder, il affiche toujours un rictus mi ironique, mi satisfait, qui me hérisse.

Deuxième problème de taille, l’adaptation. Je sais que c’est une mini-série et que nous n’avons pas la vie devant nous non plus, mais dans le roman, Jack fait une première plongée en 1958, où il éprouve physiquement la résistance du temps, qui refuse d’être modifié. Il en a besoin pour comprendre et s’imprégner de sa mission. A priori dans la série, il se jette bille en tête dans les années 60, ce qui nous prive d’un autre aspect très intéressant du roman. Stephen King a un talent certain, celui de rendre Le Maine inquiétant. Dans la série, Jack file immédiatement à Dallas et zappe le passage par Derry, qui est tellement marquant dans le roman et lui donne de l’ampleur.

J’allais m’accrocher, malgré tout ça, mais voilà pour moi le scenario pèche honteusement avec la séquence où Jack contre toute logique décide d’appeler son père en l’appelant « Papa » en 1960. Ce n’est pas dans le roman et pour cause c’est débile. Je ne comprends par pourquoi le personnage principal ferait ça. Vraiment pas. Cette séquence est censée nous montrer que le temps refuse d’être changé et pour cause, là on tombe carrément dans le paradoxe temporel.

Bref, si vous voulez lire un très bon roman, jetez-vous sur « 22/11/63 » plutôt que de regarder la série, même si vous avez une fiche de lecture à réaliser.

[Je sais la bande-annonce donne envie, mais prenez la comme une mise en bouche pour un roman de qualité.]