Trop fort

Je suis très reconnaissante à France 2 d’avoir maintenu une diffusion de Fort Boyard cet été, étant donné la situation sanitaire. Ca ne semblait pourtant pas gagné au printemps.
Je ne peux concevoir un été sans Fort Boyard.

(L‘écran se brouille. Vous allez avoir le droit à un flashback…)

Quand l’émission a vu le jour, il y a 30 ans, j’avais déjà 13 ans (je vous laisse faire l’addition) et pourtant ma mère a eu l’étrange idée de m’interdire de regarder Fort Boyard, car elle jugeait le programme « débile » (ou quelque chose du genre). Je venais donc de passer les quatre dernières années de mon existence à regarder quasi H24 Club Dorothée (à l’époque, le programme jeunesse avait envahi la grille de TF1. On voyait Dorothée le mercredi toute la journée, durant l’ensemble des vacances scolaires et même le dimanche matin, sans compter la quotidienne.), mais dans un étrange sursaut de conscience, ma mère jugeait que Fort Foyard allait nuire à ma croissance intellectuelle. J’ai donc été interdite pendant de longues années de jeu d’aventure sur France 2.

Cette interdiction a certainement forgé ma passion pour l’émission.

Pour être tout à fait honnête, c’est surtout l’arrivée d’Olivier Minne à la tête du programme qui m’a définitivement rendue accro. Il est le meilleur maître du Fort de l’histoire selon moi. J’ai par exemple totalement zappé les années Jean-Pierre Castaldi et je m’en réjouis.

Un rythme (re)trouvé
Après quelques errements, la prise du Fort sur deux jours a été le pire, l’émission a trouvé un rythme de croisière très plaisant ces dernières années. La volonté marquée de vouloir écrire des histoires autour des personnages est parfois un peu agaçante et rallonge inutilement la sauce, mais on va dire que ça fait partie du charme du programme.

Depuis quelques années, le Père Fouras n’est plus simplement un sage enfermé dans une vigie qui pose des énigmes. Il est devenu le maître du Fort et les boyards que renferme la citadelles sont les siens. Il voit donc d’un mauvais oeil que des célébrités plus ou moins connues viennent lui piquer son pognon chaque année. Et quelque part je le comprends… Il gagnerait du temps à lâcher les tigres dès que l’équipe des Miss franchit le seuil de son domicile maritime. Mais le jeu serait moins drôle…

Des personnages (parfois trop) nombreux
La mythologie du Fort repose donc désormais sur l’histoire de ce vilain radin qui garde son argent pour lui. Pour protéger son magot, il s’est entouré de plein de personnages, dont le nombre et la pertinence varient chaque année.
Rouge et sa soeur Blanche restent les piliers d’épreuves qui ne me fascinent guère. Pourquoi avoir conservé la cage, c’est un mystère pour moi. Ca ralentit le jeu… Elle permet aux candidats de gagner trois clés en réalisant des épreuves athlétiques sans grand intérêt. Et en général, ils échouent. A quoi bon du coup ?
Cyril Féraud a réalisé son rêve en intégrant le programme en tant que Ken Humain. Je n’ai vu qu’un fois son épreuve. Difficile de juger !
Willy Rovelli a quitté son restaurant pour ouvrir un bar clandestin. Malheureusement, il semble plus aisé de boire des horreurs que de les manger. Du coup, les candidats vomissent moins et c’est dommage.

Des cellules renouvellées
Mais les personnages restent accessoires, ce sont les cellules ou les aventures qui comptent. Elles se renouvellent chaque année en conservant un socle commun. Les jarres qui étaient un peu mon épreuve préférée ont disparu et je le regrette, mais ainsi va la vie du Fort.

Le petit reproche que je ferai à cette saison tournée visiblement un peu en urgence, c’est justement la relative redondance des épreuves. Depuis le début de l’été, on a beaucoup vu la cellule de l’araignée – on a compris que le costume était rigolo et humiliant, mais bon au bout de la troisième fois, bof… – celle de la laverie aussi avec chute du candidat quasi obligatoire, la cabine téléphonique qui s’envole et fait hurler le malheureux enfermé dedans, et bien sûr la cabine abandonnée (Père Fouras propose une énigme à une pauvre candidate coincée dans une cabine téléphonique remplie de mouches qui se fait arroser d’insectes plus immondes les uns que les autres).
Heureusement, samedi dernier, nous avons eu le droit à la tête chercheuse, l’une de mes favorites, horriblement ratée par le candidat humoriste inconnu de moi.

Autre petit regret, autrefois, les équipes étaient constituées de candidats avec un rôle attribué : l’homme fort, l’acrobate… ce qui permettait une meilleure diversité des cellules. Aujourd’hui, les plus difficiles voire les quasi impossibles ont presque toutes disparu et on sait en général par avance lesquelles vont être gagnées. Heureusement on a parfois de bonnes surprises.

Je termine sur un dernier bémol : les animaux.
J’ai 43 ans (et oui, je sais) et j’ai plus de mal qu’à 12 ans et même 25 ans, voire 33 ans, avec les animaux utilisés dans les épreuves. Sans faire mon Hugo Clément (nooooooooon, et bien si, en slip, nu, en boxer, en couple, amoureux), je ne suis pas toujours heureuse de voir un pauvre crapaud malmené alors qu’il serait plus heureux dans son habitat naturel (la crapaudie ?).
Mais je sais que les animaux sont consubstantiels à l’émission, qui perdrait énormément sans eux. Je bâillonne donc POC de 43 ans pour qu’elle ne nuise pas au plaisir de POC de 8 ans.

Mon émission préférée de l’été
Tous ces bémols ne m’empêchent pas d’être au rendez-vous tous les samedis soirs à 21h15 et de me régaler devant ce qui reste, pour moi, le meilleur programme de l’été et certainement le meilleur jeu de la télévision française.

En plus, depuis quelques années, il y a eu un énorme changement : les candidats qui participent au jeu sont sincèrement motivés et se battent pour gagner les clés. Ils ont souvent connu le programme enfant ou des enfants qui adorent l’émission ce qui les pousse à se dépasser. Ca ajoute à la qualité du divertissement.

Et oui, je m’époumone devant mon écran pour encourager les candidats du jour. Je peste quand ils sont mauvais. Je leur indique où est la clé. Je les prie de sortir (sors, sors, mais putain sooooooooooooooooooooooooors !). Je suis un peu émue et fière par procuration quand ils réalisent un chouette exploit. Je tremble quand vient le moment de bien indiquer le mot clé sans se tromper, parfois en plaçant des boulets sur les lettres.

Et certainement, en mon très fort intérieur, une petite POC de 8 ans rêve de participer un jour à Fort Boyard.



A venir !

Dès le 4 juillet, POC se réjouit par avance du retour de « Koh Lanta » sur TF1. La rumeur prétendait que le tournage avait connu de telles avaries que l’émission ne pourrait pas être diffusée en temps et en heure, je suis donc aux anges.

Dès le 27 juin, TF1 nous promet le grand retour de « Secret Story » saison 2 avec, je l’espère, cette année, une meilleure exploitation du « loft », des secrets un peu plus difficiles à attribuer aux candidats et surtout plus passionnants que je suis naturiste, j’ai été escort-boy une fois dans ma vie ou je suis marié à ma femme….

Dès le 23 juin, « l’amour est dans le pré », « le Ba(t)chelor » rural, fera son retour sur la six. La bande-annonce nous promet déjà le premier mariage de l’émission, ce qui n’impressionne guère la grande fan de « tournez manège » que je demeure.

Dès demain, POC se promet de poster ici même.

Dès ce soir, je commente à la bouche pour la dernière fois le prime de « la Nouvelle Star » en croisant les doigts pour que ma favorite, Amandine la challengeuse, l’emporte contre toute attente. Il faudra évidemment que je m’attache les mains pour ne pas être tentée de voter. Il faudra attendre ensuite probablement la fin du mois d’août ou le début du mois de septembre pour le retour des live-blogs autour de la carac, à moins que ça ne soit faisable devant « Secret Story ».
Rendez-vous ici ce soir pour le dernier prime de l’année !

Dès maintenant, POC est de retour, alléluia, le cœur un peu brisé parce que sa maman a estimé que « Gilmore Girls » était « une série bavarde et finalement ennuyeuse » mais comblée parce qu’elle a pu tenir le programme télé fixé spécialement pour elle.