Top chef revisité façon The Voice, ça donne quoi ?

J’avais arrêté « Top chef » avec l’arrivée du nouveau jury et la nouvelle mouture. Ce rendez-vous du lundi m’avait lassée avec le temps, devenu bien trop long et plus assez appétissant…

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J’y suis finalement revenue hier probablement par réflexe pavlovien : un programme culinaire, le mercredi, c’est associé pour moi à mon émission préférée le « Meilleur pâtissier », donc pourquoi pas.

Je ne regrette pas mon choix. Je n’ai presque pas été tentée de zapper. Et si hier, j’ai fini par aller me coucher, j’ai regardé la fin aujourd’hui en replay.

Bon, en vrai, je ne suis pas sûre de poursuivre, car, je crois, que c’est surtout le process de recrutement de la brigade façon « The Voice » qui m’a séduite.

Pour cette nouvelle mouture, les trois membres du jury ont dû piocher parmi un panel de candidats pour composer une brigade.
Trois épreuves leur ont permis de choisir leurs poulains. La production n’a pas poussé l’expérience jusqu’à faire goûter à l’aveugle toutes les réalisations. Seuls les candidats recalés lors des trois premières étapes ont vu leur plat déguster ainsi lors de la dernière chance.
Les chefs ont choisi leurs poulains sur la base de leurs réalisations et aussi un peu, il faut bien l’avouer, sur leur apparence et leur répondant. Ainsi, Michel Sarran a passé la soirée à recruter pour son groupe les plus fortes têtes, et il a été bien déçu d’opter, lors de l’épreuve de la dernière chance, cette fois-ci à l’aveugle, pour le candidat le plus lisse. On a bien compris qu’il visait la jolie et émotive chef à domicile, qui aurait pu faire mannequin.

Comme dans « The Voice », quand les chefs se sont arrêtés sur un même « talent », c’est lui qui a pu choisir son coach.

Il y a eu quelques bons moments dans la soirée, comme celui où un candidat a proposé de faire un carpaccio chaud à l’immense stupeur des chefs, qui en ont conclu qu’il cuisinait un steak. C’est un peu comme le gaspacho avec les gros haricots rouges, un chili con carne donc (celui qui saisit la référence gagne un carambar).

J’ai bien aimé aussi la séquence où un pauvre cuisinier s’est tailladé le doigt et s’est mis à pisser le sang. Le malheureux gars a eu mal et a tenté de baisser les bras. De guerre lasse, Chef Etchebest est venu le réconforter en lui racontant son Vietnam, cette fois où il s’était coupé la main durant un concours et où il a continué malgré tout pour devenir meilleur ouvrier de France.

Je retiens aussi la pauvre chef à domicile, qui a pleuré en voyant les chefs et est tellement émue à l’idée de participer à l’émission qu’elle ne leur a rien servi au final.

« Top chef » garde des côtés horripilants. D’abord, l’émission est toujours bien trop longue. Pour optimiser les parts de marché, M6 fait comme tout le monde en détachant la dernière partie.
L’épreuve de la dernière chance est désormais indépendante, elle l’est probablement depuis deux saisons, mais ça ajoute une heure à une émission déjà bien trop délayée.
Le deuxième point, que je n’ai pas digéré dans la nouvelle formule et qui continue, c’est la manie de faire commenter à la bouche par les chefs ce qui se passe à l’écran. Ils jouent comme des patates, et pour cause ce n’est pas leur métier. Ca passe à peine dans « Cauchemar en cuisine » et là il faut se fader deux commentaires indigents de plus.

Quant aux épreuves, elles n’ont plus le charme d’antan. Faire des pâtes sans pâtes pourquoi pas, mais revisiter le bœuf carottes ou leur demander de faire couler le cœur de n’importe quoi, bof…

Bon, et puis « Top chef » demeure « Top chef », c’est sur un hasard qui fait drôlement bien les choses que Philippe Etchebest qualifie finalement in extremis le candidat qu’il a recruté lui-même en parcourant la France pendant des mois dans « Mission top chef ». Ca aurait fait désordre si son poulain avait été éliminé après seulement un pauvre prime.

Je tenterai la semaine prochaine de voir si le fonctionnement en brigade me sied. Pour le moment, je n’y crois guère.

Un prime à l’anglaise

Hier, entre M6 et France 2, j’avais un peu l’impression de me promener sur la télévision britannique. Véronique Mounier a bien tenté de nous faire croire que le petit village du sud menait un expérience inédite (« ouh la menteuse ») en se privant d’électricité, mais le logo de la BBC qui était apparu avant son intervention m’a convaincue du contraire exactement. Pendant ce temps-là, sur M6, Philippe Etchebest tentait pour la quatrième fois de jouer les doublures par toujours convaincantes de Gordon Ramsay. Quelle prétention…


Autant le (re)dire d’emblée, j’ai un problème de taille avec « cauchemar en cuisine ». Je préférais en effet « panique en cuisine » avec le frère de Philippe Etchebest (Christian), Jean-Pierre Coffe et une fille absolument odieuse qui refaisait la déco des restos. Je ne comprends même pas l’intérêt du reremake à dire vrai.
Quelle idée de coller à « Ramsay’s Kitchen Nightmares » avec une doublure qui joue comme une patate ?

Le pire c’est que quand la copie prend des libertés, l’émission est encore plus insupportable. J’en veux pour preuve la présentation du resto d’hier sur fond de musique de film catastrophe / guerre (je ne l’ai pas identifiée) tonitruante. L’accompagnement musical dramatique était si fort que par moment on devait tendre l’oreille pour entendre les futures victimes du chef de choc.

Mes lecteurs lyonnais m’apporteront leur expertise sur cette immense enseigne violette située Place Bellecourt à Lyon (où j’ai vomi accessoirement mais sans aucun rapport avec le lieu), qui ne trouve pas de clients. Le restaurant est dirigé par le bouillonnant Gino, un italien à tempérament avec chemise ouverte sur une croix et une abondante toison pectorale, qui a pris comme directeur de salle Gautier, un jeune type extrêmement réservé, qui peine à trouver sa place à côté de son étouffant patron.

D’emblée Philippe Etchebest comprend que la panique n’est pas vraiment en cuisine, mais en salle, où une dizaine de serveurs errent désœuvrés. En même temps, les pauvres, ils n’ont rien à faire. L’autre souci de taille vient de l’organisation même du restaurant : une immense salle comptant un restaurant, un bar à vin et un genre de boutique, et une carte un peu confuse.

Comme dans un bon épisode de « cauchemar en cuisine » made in UK ou lors d’une incursion de Gordon aux Etats-Unis, tout démarre par un choc frontal entre le patron des lieux, Gino, et le chef. Classiquement, les choses s’arrangent très vite, et le coaching s’organise. Gautier sort de sa coquille, Gino s’efface autant qu’il le peut, le chef change la carte, et relooke le restaurant.

Tout se termine forcément bien sur un musique archi mélo et tire-larmes.

J’en ai trop appris hier sur les relations bien viriles entre mecs. Philippe rentre dans le lard de Gino, qui avoue finalement qu’il est fier de Gautier, qui n’a besoin que de ça pour exister. Pour donner sa place de leader au chef de salle, Philippe le traîne dans un ridicule séance de paintball qui lui permet de s’affirmer face à son équipe.

Pour mémoire un épisode de « cauchemar en cuisine » made in Channel 4 est long de 40 minutes bilan compris, M6 a cru bon de faire durer le sien le double, et évidemment ça ne marche pas. Le rythme n’est pas bon et nous avons eu le droit à un bilan expédié pour apprendre que finalement Gautier avait démissionné. Normalement, Gordon revient dans le restaurant qu’il a accompagné, pas Philippe Etchebest.

En outre, les aventures de Gordon, même avec clash, sont beaucoup moins « psychologiques » et c’est tant mieux.

Ah, sinon, j’allais oublier, mais il faut regarder l’émission au moins pour voir l’équipe d’experts du chef. Son apparition est toujours un bon moment pour moi, tant ils sont décalés par rapport au programme. Mais je vous laisse la surprise…

Ce que je retiens de ce nouvel épisode, c’est que je comprends pourquoi M6 n’en diffuse pas plus. Le casting du restaurant doit être infiniment complexe, s’il faut une forte tête comme patron, un drame psychologique, et en plus une affaire qui périclite.

Si comme moi, vous préférez l’original, la jumelle maléfique de M6, W9, le diffuse le dimanche en fin d’après-midi.

Cauchemar en voix off

Depuis que je l’attendais, j’ai forcément regardé avec intérêt la première de « cauchemar en cuisine » sur M6 et la deuxième aussi tant que j’y étais.
Conclusion, je suis relativement séduite, voilà bonne journée à vous, attention le temps se gâte à partir de demain.

Je peux développer un peu effectivement.

L’émission souffre d’un énorme défaut, elle est calquée totalement sur l’original, donc comme Gordon joue les voix-off de marque dans son programme, Philippe Etchebest fait de même et il faut un bon moment pour s’habituer à ses commentaires atterrants et à son « jeu » plus que passable. Passé ce très gros bémol, l’émission se laisse regarder.

La production a quand même glissé sa touche française dans la franchise anglaise. Notre cuisinier à nous est un peu le Pascal le grand frère des cuistots. D’ailleurs, il est ancien rugbyman et boxeur à ses heures, donc logiquement dans le premier sujet de la soirée pour faire comprendre au restaurateur comment une équipe fonctionne, il l’a emmené sur le terrain pour un affrontement viril mais correct.
Deuxième french touch, M6 aime les programmes qui occupe toute la soirée. Il a donc clairement fallu allonger la sauce et la production a opté pour une grosse louche de mélo. Le premier couple de restaurateurs n’a jamais de temps pour sa fille, la fée Philippe Etchebest leur permet d’aller passer une soirée glauque dans un karaoké désert avec leur gamine.

Sinon, la recette est la même, au début tout est nul et le cuisinier refuse de collaborer et à la fin tout s’arrange et les affaires repartent.

J’avoue quand même que le deuxième cas de la soirée avec ce qu’on doit désormais appeler le « soupegate » m’a beaucoup amusée. Le chef débarque dans un bled atroce (qui ne l’est pas d’après mes commentaires) et doit venir au secours d’un restaurant qui a….mauvaise réputation. Le précédent propriétaire aurait en effet transformé le troquet de la ville en « bordel » et les repreneurs n’ont jamais songé à communiquer sur la nouvelle identité des lieux, laissant sur la façade d’angoissants mannequins vêtus de costumes traditionnels, un repère pour les bordels dans la région a priori. A l’intérieur, ce n’est guère mieux, la serveuse fait peur et le cuisinier semble sur le point de se pendre. Sa situation ne s’améliore guère quand le coach culinaire lui interdit de servir une soupe « piquée » qu’il a préparée « la semaine dernière ». Comme nous ignorons à quel moment de la semaine en cours nous sommes par rapport à la précédente, cette mention demeure angoissante. Pendant un quart d’heure, le cuisinier responsable des lieux se reproche sa négligence au sujet de la soupe et le chef est incapable de lui faire surmonter cette épreuve.
Le téléspectateur comme Philippe Etchebest finit par le supplier d’oublier cette damnée soupe.
Au final, le restaurant est transformé en sandwicherie et tout repart sur les bons rails. Les gens sont informés que les lieux ne font plus bordel et la foule afflue, ce qui extrêmement crédible (a priori).

Le fond entre la version anglaise et l’adaptation française reste le même et demeure toujours aussi alléchant pour le téléspectateur sadique : des restaurateurs inexpérimentés / sales / débiles légers / inconscients (les mentions inutiles sont à rayer) se lancent dans une aventure qui les dépasse et ils ont besoin d’être repris en main par un coach énergique. Ainsi, hier, j’ai beaucoup ri en découvrant la serveuse du premier restaurant secouru qui est notoirement incapable de sourire – je me suis même demandé si elle en était capable physiquement – et qui ferait fuir n’importe quel client sensé. Il ne vient jamais à l’idée de son patron de lui demander de se dérider un instant pour attirer le chaland.

Mais au final, la magie opère. Les cuisiniers étaient à chier, le chef leur apprend deux recettes à lui et ce qui sort dans les assiettes devient mirifique. La salle était atroce, seul bon point des designers professionnels transfuges des « maçons du coeur » – j’en suis certaine – viennent la transformer. Le restaurant est situé à 150 bornes de la première sortie d’autoroute au fin fond de la Creuse, les « experts » – ça aussi, c’est nouveau. Philippe Etchebest s’entoure de trois « experts » professionnels de la profession qui lui donnent les clés pour apporter une solution à son problème de la semaine – changent la donne (ou pas).

Je vous confirme que « cauchemar en cuisine » est vraiment une bonne émission mais surtout pour le téléspectateur à mon avis.