Un prime à l’anglaise

Hier, entre M6 et France 2, j’avais un peu l’impression de me promener sur la télévision britannique. Véronique Mounier a bien tenté de nous faire croire que le petit village du sud menait un expérience inédite (« ouh la menteuse ») en se privant d’électricité, mais le logo de la BBC qui était apparu avant son intervention m’a convaincue du contraire exactement. Pendant ce temps-là, sur M6, Philippe Etchebest tentait pour la quatrième fois de jouer les doublures par toujours convaincantes de Gordon Ramsay. Quelle prétention…


Autant le (re)dire d’emblée, j’ai un problème de taille avec « cauchemar en cuisine ». Je préférais en effet « panique en cuisine » avec le frère de Philippe Etchebest (Christian), Jean-Pierre Coffe et une fille absolument odieuse qui refaisait la déco des restos. Je ne comprends même pas l’intérêt du reremake à dire vrai.
Quelle idée de coller à « Ramsay’s Kitchen Nightmares » avec une doublure qui joue comme une patate ?

Le pire c’est que quand la copie prend des libertés, l’émission est encore plus insupportable. J’en veux pour preuve la présentation du resto d’hier sur fond de musique de film catastrophe / guerre (je ne l’ai pas identifiée) tonitruante. L’accompagnement musical dramatique était si fort que par moment on devait tendre l’oreille pour entendre les futures victimes du chef de choc.

Mes lecteurs lyonnais m’apporteront leur expertise sur cette immense enseigne violette située Place Bellecourt à Lyon (où j’ai vomi accessoirement mais sans aucun rapport avec le lieu), qui ne trouve pas de clients. Le restaurant est dirigé par le bouillonnant Gino, un italien à tempérament avec chemise ouverte sur une croix et une abondante toison pectorale, qui a pris comme directeur de salle Gautier, un jeune type extrêmement réservé, qui peine à trouver sa place à côté de son étouffant patron.

D’emblée Philippe Etchebest comprend que la panique n’est pas vraiment en cuisine, mais en salle, où une dizaine de serveurs errent désœuvrés. En même temps, les pauvres, ils n’ont rien à faire. L’autre souci de taille vient de l’organisation même du restaurant : une immense salle comptant un restaurant, un bar à vin et un genre de boutique, et une carte un peu confuse.

Comme dans un bon épisode de « cauchemar en cuisine » made in UK ou lors d’une incursion de Gordon aux Etats-Unis, tout démarre par un choc frontal entre le patron des lieux, Gino, et le chef. Classiquement, les choses s’arrangent très vite, et le coaching s’organise. Gautier sort de sa coquille, Gino s’efface autant qu’il le peut, le chef change la carte, et relooke le restaurant.

Tout se termine forcément bien sur un musique archi mélo et tire-larmes.

J’en ai trop appris hier sur les relations bien viriles entre mecs. Philippe rentre dans le lard de Gino, qui avoue finalement qu’il est fier de Gautier, qui n’a besoin que de ça pour exister. Pour donner sa place de leader au chef de salle, Philippe le traîne dans un ridicule séance de paintball qui lui permet de s’affirmer face à son équipe.

Pour mémoire un épisode de « cauchemar en cuisine » made in Channel 4 est long de 40 minutes bilan compris, M6 a cru bon de faire durer le sien le double, et évidemment ça ne marche pas. Le rythme n’est pas bon et nous avons eu le droit à un bilan expédié pour apprendre que finalement Gautier avait démissionné. Normalement, Gordon revient dans le restaurant qu’il a accompagné, pas Philippe Etchebest.

En outre, les aventures de Gordon, même avec clash, sont beaucoup moins « psychologiques » et c’est tant mieux.

Ah, sinon, j’allais oublier, mais il faut regarder l’émission au moins pour voir l’équipe d’experts du chef. Son apparition est toujours un bon moment pour moi, tant ils sont décalés par rapport au programme. Mais je vous laisse la surprise…

Ce que je retiens de ce nouvel épisode, c’est que je comprends pourquoi M6 n’en diffuse pas plus. Le casting du restaurant doit être infiniment complexe, s’il faut une forte tête comme patron, un drame psychologique, et en plus une affaire qui périclite.

Si comme moi, vous préférez l’original, la jumelle maléfique de M6, W9, le diffuse le dimanche en fin d’après-midi.

A l’attention de M6,

Après m’être à nouveau délectée de plusieurs épisodes de « cauchemar en cuisine » hier sur W9 et en apprenant ce matin chez mes confrères spécialistes des médias que l’émission a cartonné sur la TNT (ce qui est un bémol de taille, je vous l’accorde), je me demande pourquoi M6 ne réhabilite pas sa version française du programme.

Alors certes, je pense qu’il faudrait immédiatement oublier l’idée de refaire appel à Jean-Pierre Coffe ou même à Christian Etchebest, et son impressionnante carrure de rugbyman, car le premier a été ringardisé par son passage chez Drucker et que le second est saoulant avec son accent du sud-ouest. Je déconseille également à M6 de miser sur la facilité en demandant à Cyril Lignac d’intervenir. Il est trop gentil ce Cyril. Gordon, lui, secoue les restaurateurs et n’hésite pas à vomir, au sens littéral du terme, leur cuisine. Je ne crois pas que Cyril vomisse personnellement.

En revanche, je suis sûre que dans son cheptel de « Top Chef », la chaîne pourrait trouver un chef efficace qui pourrait remettre sur le droit chemin les restaurateurs égarés. Je pense un peu à Pierre, le taiseux, malgré son accent, ou à l’ignoble Benjamin K, que le téléspectateur adorerait détester, voire au sosie vocale de Benoît Benoît Poelvoorde, qui serait, à mon avis, assez bon dans le rôle.

La chaîne pourrait peut-être tout simplement miser sur le vrai, le grand, le viril mais pas forcément correct, Gordon Ramsay, qui parle très bien français, mais je pense que ça lui coûterait des sous. Enfin certainement beaucoup plus que d’employer un cuisinier maison…

Connaissant M6, je préfère cependant préciser que Stéphane Plazza et Grégory d’un dîner presque parfait ne peuvent pas être candidats aux poste ! Enfin, Stéphane, à la limite, pour refaire la salle et encore…

Pour les restaus en faillite, il faudrait que la chaîne accepte à nouveau de s’éloigner de Paris et d’arpenter notre belle province. Je me souviens que Jean-Pierre et ses copains étaient allés à l’époque courageusement jusqu’à Villeneuve-sur-Lot pour aider un restaurateur proche de mettre la clé sous la porte. Je suis sûre qu’on pourrait même aider la chaîne à trouver ses cibles. On connaît toutes et tous un restau qui se porte mal pas loin de chez nous.

Bref, j’en profite pour signaler à M6 que je suis libre immédiatement pour monter le projet, choisir l’équipe, et même trouver les restaus. Il suffit de m’écrire à poclatelephage@gmail.com

Par ailleurs, je vous conseille « cauchemar en cuisine » sur W9, le lundi soir ou le dimanche en fin d’après-midi. Personnellement, je ne me lasse pas des coups de gueule du bourru Gordon et j’avoue que je rêve de le rencontrer. Ma femme a Jamie, et ses interventions dans les cantines scolaires, moi je préfère Gordon, ses « fuck » et son accent écossais.

(Super) Panique dans « un restaurant cossu de Province »

Si je devais établir le classement de mes émissions de coaching diffusées par la six favorites – cette allusion me donne une mirifique idée de post – « panique en cuisine » appartiendrait certainement au top 5 et atteindrait peut être même le podium.
Hier, JP Coffe et son équipe de professionnels de rendaient à la frontière franco-suisse pour sauver un établissement qui a été mais n’est plus vraiment. Pour rendre ce propos vraiment intelligible, je vais user d’un nom d’emprunt approprié pour parler de la famille qui tient le restaurant. Nous allons les appeler en hommage à Tintin et à leurs origines alsaciennes, les Müller. Papa et Maman Müller ont tenu une adresse anciennement cotée, pendant une dizaine d’année. Quand ils s’en occupaient, le restaurant était référencé dans les meilleurs guides gastronomiques et avait même décroché une étoile au Michelin. Mais Patatra, les Müller Seniors se sont faits vieux et ont décidé de céder leur affaire à leurs fils et à sa femme. Vous vous doutez bien que la catastrophe débute là. Le chef est parti mais on ignore un peu pourquoi, le restaurant a perdu ses galons et maintenant il se vide de ses clients.
Après une très mauvaise impression extérieure, les experts ne goûtent pas à la décoration des lieux, celle d’un restaurant « cossu de Province », selon mon idole en restauration Caroline, mais trouvent l’ensemble bien tenu par ailleurs. Ils sont même carrément agréablement surpris. Le vigoureux chef à l’accent du Sud Ouest semble même apprécier la façon de cuisiner du papa qui a repris les fourneaux depuis que le chef en titre est parti. Bon tout se gâte quand les Experts goûtent ses petits plats et découvrent l’addition qu’ils ne payeront pas parce qu’il ne faut pas trop souffler quand même. JP lance son célébrissime « mais c’est de la merde ». On sent les Experts et surtout ma préférée Caroline légèrement dubitatifs. Elle en a pris plein de kilos et en a oublié de s’arranger un minimum.
Le fiston qui a repris le bidule a une belle tête d’alcoolique repenti comme sa femme qui semble tenir la grande forme.
Les Experts découvrent vite que la très Dark Madame Müller, la génitrice, tire les ficelles de l’affaire en coulisses. Les parents ont en effet vendu le fond de commerce mais sont toujours propriétaires des murs et soucieux de la façon dont le tout est géré. Comme mon idole Caroline et le vigoureux cuisinier du Sud Ouest souhaitent voir avancer leur dossier et ne pas s’être déplacés pour rien, ils confrontent les parents et les enfants autour d’une table. D’horribles choses sont dites. Dark Müller n’aime pas sa belle fille et fait tout pour lui pourrir la vie et ainsi de suite. Mais tout ce petit monde décide en chœur et autour d’une bouteille de champ que désormais ils doivent s’entendre pour le bien de l’affaire et qu’il ne peut plus rien leur arriver d’affreux à présent. Ils sont bourrés comme des coings, ça aide !
Nos Experts sont vachement rassurés.
Ils ne devraient pas se réjouir trop vite parce que le rejeton alcoolique souhaite « qu’on lui mette des coups de poing dans le derrière » mais bon la non-maîtrise des expressions françaises est un mal unanimement partagé.
A défaut de toucher à la déco, Caro s’attaque au jardin et entraîne la belle fille de Dark Müller chez un pépiniériste. Pour vous prouver que tout ce petit monde va trop bien, l’apprentie restauratrice manque d’éclater en sanglots au milieu de la verdure parce que ça lui fait trop de bien d’avoir quelqu’un de dynamique qui l’aide.
Le chef du Sud Ouest modifie la carte du restaurant pour pallier à l’incompétence culinaire du père Müller.
Le fils est largué au milieu.
Bon, quand JP revient, les choses sont loin d’être vraiment arrangées. Comme il sent que sa crédibilité d’Expert de M6 est en jeu, il va donc provoquer Dark Müller en lui rappelant que son fâlot de fils est notoirement incompétent et que sa belle fille est une gourde. Il la titille à mort et finit par obtenir d’elle la promesse qu’elle reprendra le restaurant quand son fils se sera suffisamment ramassé.
Nous terminons sur un bilan deux mois plus tard. Toujours pas de chef en cuisine, les enfants repreneurs n’appliquent pas les conseils des experts et Dark Müller n’est toujours pas intervenue pour redresser la barre… Ca sent l’épisode 5 où Dark Müller contre-attaque, les épisodes 1, 2 et 3 étant évidemment consacrés à la splendeur passée de l’établissement.