NRJ Music Awards : La chanteuse de diamants

Hier, contrainte par une pause dans la diffusion de « Vampire diaries » et de « Grey’s anatomy » qui va revenir avec L’Episode que j’attends depuis quelques mois déjà – attention micro spoiler que je masque : il portera sur l’existence de Meredith si elle était heureuse et normale dans une dimension parallèle  -, et mue par la volonté de trouver enfin quelque chose à écrire pour mon blog, je me suis décidée à contraindre ma femme à regarder les « NRJ Music Awards » sur TF1. Ca tombait bien une certaine Mylène Farmer était attendue (comme presque chaque année) à la cérémonie pour une apparition exclusive et rare.

Pour comprendre ma soirée, il faut imaginer que les deux vieux du Muppet show ont pris la forme de deux charmantes jeunes femmes, qui accusent cependant leur trentaine…et qui sont un peu dépassées par la musique « contemporaine ».

[Ca ne mange pas de pain de se faire un peu de promo sur le dos des seins de Shy’m aux NRJ Music Awards.]

Tel un « champs elysées » pour les jeunes, l’émission a démarré avec l’arrivée sur le tapis rouge des célébrités invitées. L’infatigable Nikos était sur place en direct live pour ouvrir les portes des voitures et nous présenter les stars qui arrivaient. J’ai craint un moment qu’avec sa chance légendaire, il n’ouvre la portière de Tata Monique, mais non dans les grosses autos qu’il accueillait, il a trouvé d’abord Shy’m avec ses seins moulés dans un buste de silicone (les seins de Shy’m en photo donc), qui donnait l’impression que sa poitrine avait été cryogénisée. Il a fallu que je convainque au passage ma femme que Shy’m était une vedette, enfin une personne connue, la preuve elle a gagné « danse avec les stars ». Ensuite, il a trouvé Justin Bieber dans un hummer.

Cette séquence improbable et longuette passée, nous avons retrouvé sur scène Shakira, qui a entonné « je l’aime à mourir ». Un chanson bien dansante pour ouvrir le bal (plomber) d’une cérémonie bien pesante…

D’emblée, j’ai été frappée par une grosse tendance chez nos amies les stars pour jeunes : la reprise. Ma femme a trouvé M. Pokora un peu gonflé de chanter un titre appelé « à nos actes manqués », comme la chanson de Goldman, avant que je lui explique que c’était en fait une resucée. Shakira donne donc elle dans le Francis Cabrel, Nolwenn Leroy dans le patrimoine breton, et Shy’m a tout piqué à Calogero, qui est d’ailleurs gentiment venu lui prêter main forte sur son titre, « une bien belle surprise », n’est ce pas Nikos.

Bon, cette soirée, qui manquait diablement de rythme, et de vrais beaux enchaînements rigolos à l’américaine, n’était pas destinée à deux trentenaires qui n’écoutent jamais NRJ. Nous connaissions vaguement LMFAO pour avoir été obligées de subir Virgin Radio cet été en vacances, mais Keen V, révélation francophone de l’année, pas du tout. Nous avons été surprises de constater que Shy’m pouvait être l’artiste féminine de l’année, et moins que Mika à l’idée qu’il soit l’artiste masculin de l’année. Enfin, vu le public votant, nous avions plus misé sur Sean Paul, bien que nous ignorons un peu qui c’est.

Pour ne rien arranger, les awards étaient remis comme chaque année par des célébrités plus ou moins en promo et plus ou moins pathétiques dans une séquence « on a honte pour eux ».

De toute façon, nous, enfin je, attendions Mylène Farmer pour une performance d’anthologie, forcément… La vedette qui a un rapport « très particulier avec son public », Nikos y tient beaucoup, a livré le minimum syndical, soit la choré du clip avec les danseurs du clip dans la tenue du clip sur une scène disproportionnée pour une telle prestation. Mais juste avant la pub, Nikos a invité Mylène à ne pas partir car une immense surprise provoquée par un ami à elle l’attendait. J’imaginais à cet instant, Mylène figée sur scène dans l’attente de ce moment inoubliable, pendant que Nikos débitait des âneries à Mika, dont j’ai cru un instant qu’il était le fameux ami de Mylène, et lancé un nouvel appel aux votes. La pub est arrivée et je pensais à Mylène, transie sur scène dans l’attente de sa surprise. Au retour de la pub, elle avait apparemment préféré se changer en coulisses plutôt que d’attendre en vain et elle est revenue pour recevoir des mains de Jean-Paul Gaultier un Awards de DIAMANTS. Comme on ne peut plus vraiment la soumettre aux votes de gens qui votent pour Shy’m, il fallait bien trouver une ruse pour la faire venir, et quoi de mieux qu’une récompense pour l’ensemble de son œuvre en DIAMANTS. Voilà, voilà… Mylène visiblement très émue, et décidément trop heureuse pour être honnête, a balbutié son amour pour Jean-Paul avec qui elle est d’ailleurs mariée (hihihi) et puis voilà quoi.

De là à penser que Mylène était un peu une chanteuse de diamants maintenant…

Moi, j’avais eu ma dose. J’ai regardé Mika chanter et je suis allée lire « un homme de tempérament », que je vous recommande chaudement ainsi que tout l’oeuvre de David Lodge qui est un génie et qui mériterait un award de diamants lui-aussi.

NRJ Music Awards : Nikos et les hologrammes

Je n’ai pas fait l’effort de regarder hier soir les « NRJ Music Awards ». A la place, j’ai fait plaisir à ma femme et nous sommes allées voir ensemble « Another year » de Mike Leigh avec tout le personnel de l’éducation nationale toulousain dans le cinéma bobo du centre ville. En caricaturant un peu, cette situation résume un peu ma vie en ce moment…

Mais, in extremis, je peux quand même avoir un point de vue sur les fabuleux « NRJ Music Awards », puisque durant les trente minutes que je leur ai consacré, j’en ai vu la quintessence.

Les Black eyed peas ont joué à Jem en ne venant sur scène qu’à deux, j’avoue que j’ignorais qu’ils étaient quatre, et en proposant grâce à Synergie et aux boucles d’oreilles en forme d’étoiles de Nikos, de faire apparaître les deux autres membres du groupe en hologramme. M’enfin, tout ça ne dit pas comment les hologrammes des deux absents ont peu chanter en live…. Nikos est resté terrassé de surprise face à une technologie aussi novatrice, il ne fréquente a priori pas Jem, et a demandé au groupe s’il y recourait lors de ses dates françaises. Nikos est un génie, les Black eyed peas resteront chez eux, et enverront leurs hologrammes en France pour une série de concert à 50 euros la place.

Malheureusement ce ne sont pas des hologrammes, mais bien la fine fleur de la chanson française actuelle, qui a repris « mon fils ma bataille » de Daniel Balavoine et Grégoire et ses amis n’ont pas le quart du millième du talent du « chanteur ». Nous avons donc assisté à un massacre en bonne et due forme.
Je songeais déjà à arrêter au bout de cinq minutes.
Mais j’ai subi bravement l’hommage à ce « génie » de David Guetta et là j’ai compris que Nikos serait toujours plus fort que moi puisqu’il a adapté son « des millions d’albums vendus, des milliards de singles » en « des millions de followers sur les réseaux sociaux ». Chapeau bas l’artiste…

J’ai quand même perçu un léger malaise sur la pertinence de tout ça, quand Lady Gaga et Beyoncé, bien sûr absentes, ont reçu le NMA du meilleur clip… Non les NMA ne seront jamais les MMA, enfin les MTV Music Awards.
Moi je suis officiellement trop vieille pour ce Barnum stérile qui ne daigne même plus honorer Mylène Farmer, mais lui préfère Jenifer, produit maison, qui comme le rappelle cet article a vendu bien moi que l’idole rousse cette année. Mylène ne pourra même pas se consoler avec une victoire de la musique.

Je vais résister, je vous promets, au côté obscur de la Force, et pour la peine je vous épargne ma chronique du dimanche sur « Another year ».
Juste une idée en passant avec ces supers hologrammes peut-être pourrait-on ressusciter la star ac’, non ?

N’ayant pas exercé mon devoir électoral, je ne me plains que peu du palmarès un peu bidon parfois des NRJ Music Awards !

J’ai finalement regardé l’essentiel des NRJ Music Awards. J’ai même regretté en cours de soirée de ne pas avoir live-blogué devant la qualité du programme. Je vous livre mes impressions en vrac, vous trouverez le palmarès sans difficulté sur le net.

D’abord, à force de regarder la carac (la star academy), le vendredi soir, j’avais complétement oublié que les artistes n’étaient pas obligés de chanter systématiquement leurs tubes avec un apprenti chanteur plus ou moins inspiré. J’ai donc savouré hier de vraies performances d’artiste en direct live (pour la plupart) avec leurs musiciens et ça m’a fait du bien. J’ai trouvé la scénographie bien pensée – Kamel Ouali n’est pas du tout intervenu dans sa conception, ceci explique peut être cela – des musiciens et un grand écran avec des images, point barre, c’est sobre et finalement c’est bien mieux.

Bon, je l’avoue certains choix du public m’ont complétement sidérée, je suis une vieille conne certainement, mais préférer la daube de Rihanna, « don’t stop the music », qui parle vraiment du nez, à « Relax, take it easy » de Mika comme chanson internationale de l’année me paraît complétement hallucinant. De même, l’album de Britney Spears, étonnamment absente du show a décroché le titre d’album international de l’année face à celui de Mika, me laissant complétement sur le cul. D’ailleurs, j’ai un peu l’impression que ça a jeté un petit froid sur le plateau. Mika a du se contenter de révélation internationale de l’année. Super…

Dans les performances scéniques, j’ai donc été particulièrement impressionnée par Mika qui a interprété la chanson de l’année à mes yeux (« Relax… ») et Christophe Willem qui a eu la déveine de devoir enchaîner après la prestation de l’artiste à la veste rose fluo m’a également sidérée par sa maîtrise. « La nouvelle Star » élève vraiment des champions. Frappée par le syndrome de Stockholm certainement, j’ai presque apprécié Céline Dion revenue faire du air guitar sur un plateau de télé pour la deuxième soirée consécutive. En revanche, Superbus est un groupe à ne vraiment pas découvrir sur scène. Jennifer Ayache chante comme une patate. J’ajoute que les titres du groupe français de l’année sont de plus en plus indigents. « Travel the world » avec ces « Sors moi à Rome, Fais moi danser à New York city, Parle moi à Londres, Touche moi à Tokyo » décroche le pompon en la matière. Indigents mais persistants, je chante depuis ce matin « I wanna travel the world lalalalala »…

J’ai trouvé Benjamin Castaldi plutôt bon pour une fois dans sa sobriété à toute épreuve. Les deux remises d’awards exceptionnels que j’ai aperçues ont été des grands moments de solitudes pour les artistes récompensés et pour la personne qui leur rendait hommage. James Blunt s’est d’abord cassé le cul à parler français pour souligner en chiffres le talent de la Grande Céline qui a relevé en anglais qu’il parlait vraiment bien la langue de Molière. Sympa… Elle n’a d’ailleurs pas pleuré, ses conduits lacrymaux doivent être bouchés. Ensuite, Kylie Minogue a reçu des mains de Mika son NRJ Music Award décerné pour l’ensemble de sa carrière et ce n’était guère mieux.

Parmi les gros moins de la soirée, je ne félicite pas Vanessa Paradis qui s’est officiellement foutue de la gueule du public français en ne chantant pas en direct – à la limite, soit…- mais surtout en ne faisant pas une seconde illusion. Elle a à peine remué les lèvres pour son play-back et bougé un minimum avec l’air de se faire chier sur la scène. Ben oui Vanessa, t’étais obligée de venir pour vendre, on le sait bien, quelle corvée de passer une soirée sans Johnny à la maison, hein…

A part ça, il faut complétement oublier les remises de récompenses par de fausses vedettes pathétiques qui ânonnent un texte sans une once de naturel. C’est très crispant pour le téléspectateur. Mention spéciale à Lorie qui a vécu un grand moment de solitude avec ses coouvreurs d’enveloppe.

Je me demande juste, par ailleurs, pourquoi Céline Dion était classée dans la catégorie «meilleure artiste française » de l’année, le terme francophone aurait peut être été plus approprié. De toute façon, Jenifer a plus la cote que Vitaa, Céline Dion ou Zazie. Quant à Amel Bent, elle m’a paru très en perte de vitesse lors de sa prestation en live où elle a tellement peu articulé que je me demande encore si elle a vraiment chanté en français.

Pour conclure les vraies stars internationales étaient quand même absentes, ainsi Britney, Avril Lavigne et Justin Timberlake n’étaient pas là pour recevoir leur prix. Comme Amy Winehouse, mais ceux qui ont regardé la star academy, vendredi soir, le savait déjà grâce à l’intervention « la drogue c’est trop, trop de la merde » de Pascal Nègre, son producteur.

Enfin, un dernier mot, j’ai trouvé Michaël Youn assez déplacé dans son attitude face aux Tokio Hotel, qui recevaient, quelle surprise, le prix du meilleur groupe international de l’année et complétement à la ramasse quand il a remercié le public pour avoir obtenu le titre du meilleur clip de l’année. Il avait certainement pris quelque chose de fort ou son second degré m’est totalement passé au dessus.