Et surtout un bon réveillon !

Pendant les fêtes, j’adore regarder l’émission qui parle le mieux, selon moi, du véritable esprit de Noël : Mon plus beau Noël sur TF1 !

A la manière des gîtes (Bienvenue chez nous) ou des mariages (Quatre mariages pour une lune de miel), des gens qui ont vraiment tout saisi à la magie de Noël s’écharpent pour savoir lequel d’entre eux organise le meilleur réveillon !

Les formidables casteurs de TF1 ont écumé la France (les forums) pour trouver les véritables fondus de Noël, ceux qu’on voit une fois par an dans les reportages sur les maisons les plus illuminées de France. Ceux qui n’en ont vraiment rien à battre du changement climatique, mais c’est leur choix et je le respecte !
Des gens qui sont capables de défendre bec et ongle le fait que sans bûche (dinde, sapin rouge et vert, père Noël, crèche…), non ce n’est pas Noël et surtout que c’est grave.

Valérie Damidot joue les arbitres et commente avec bonne humeur pour relativiser les crispations entre les candidats.

Mon approche de Noël est assez proche de celle de Scrooge. Je déteste Noël et tout ce qui s’en rapproche. Ca n’est pas venu du jour au lendemain, j’ai vécu des réveillons où on s’engueule tellement avant la bûche qu’on ne mange même pas le dessert et que la distribution des cadeaux est compromise. Au point aujourd’hui de boycotter totalement les fêtes et même les réunions de famille.

Je rêve de partager cette chouette tradition avec des innocents….

Noël chez POC !

La décoration…
On va partir du postulat qu’on parle des Noëls d’antan, parce que chez moi, il n’y a pas de décoration. La seule raison pour laquelle j’aurais aimé faire un sapin, c’est pour que mon chat le dézingue et en rire avec elle. Le souci, c’est que son esprit de contradiction est aussi fort que le mien et elle serait capable de l’ignorer totalement.

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Une photo d’archive de la dernière fois où j’ai dû faire un sapin…

Donc mon réveillon si je participais à cette émission serait organisé chez mes parents…
Ma mère aime les Noëls home-made et décalés. Elle choisit donc de décorer une branche de sapin, de faire un ikebana de Noël (très classe, mais pas super noëly) ou demande à mon père de construire un sapin en planches (le pire dans la liste).
Valérie valide l’ikebana, mais lève les sourcils devant la branche. Elle explique comment faire un sapin maison en planche  un peu plus élégant que celui de mon père.
Résultat, les invités sont en PLS. Ce n’est pas une décoration de Noël. Pourquoi faire ça ? Où est le père Noël ? Où est la crèche ? Qui sont ces gens ?…
Notre décoration décroche la note (méritée ?) de 1/10.

Pour la table, on glane des points. Poc Senior a du goût, de l’argenterie et des services complets. Elle peut même sortir quelques verres en cristal.
Les invités respirent à nouveau, tout s’arrange.
Elle obtient un 7/10 parce que ça manque de rouge et de vert et de Pères Noël.

Avec le menu, on explose tout, sauf que Monique est allergique aux coquilles Saint-Jacques et aurait préféré de la dinde au chapon. La bûche aux marrons faite maison fait remonter la cote de la famille après l’offense du sapin. Monique râle, elle aurait préféré chocolat. Ma mère sort une deuxième bûche, tout le monde rit.
Valérie applaudit en coulisses.
On décroche un 9/10 largement mérité.

On en arrive à la tradition de Noël : la discussion qui dérape. Alors là, c’est tout simple. On se la joue Pyramide. Il suffit de lancer un mot : Alain-Finkielkraut, féminisme, Macron, nucléaire, Quotidien, France Inter, écologie, SNCF, grève, Me too, Internet… pour que la discussion parte en vrille. Mon père sort de ses gonds, je hurle, ma mère tente de temporiser… La table est débarrassée. Il est 23h23, tout le monde va se coucher !
Les invités sont catastrophés. Ils proposent de nous interdire de fêter Noël. TF1 nous raye à jamais de ses listes. Nous obtenons la première note négative de l’histoire de l’émission.

J’aimerais vraiment que tous les faits évoqués soient fictifs. Si je vous racontais à partir de quoi un réveillon est totalement parti en vrille, vous ne me croiriez pas !

Mon émission de l’année (Affaire Conclue avec Sophie Davant)

Comme la fin de l’année approche, j’ai décidé de parler de mes coups de coeur et mes déceptions télé et séries.

Je commence ce cycle par mon émission préférée de l’année.

Ca a été serré entre Quotidien, TeamG1, et le vainqueur. Mais l’un était trop prévisible et l’autre un rien trop confidentiel. J’ai donc choisi…………Affaire conclue !

affaire conclue

C’est la seule émission que je regarde en replay, la seule pour laquelle je peux me dépêcher de rentrer si je suis dehors avant 16 heures, et celle pour laquelle j’ai parfois interrompu mon activité pour aller me poser devant la télévision.

Pour les néophytes, enfin les non chômeurs, Affaire conclue est tout simplement une petite émission d’enchère. Un téléspectateur amène un objet qu’il souhaite vendre. Un méchant expert l’estime à un prix dérisoire et ruine ainsi les espoirs du vendeur de partir aux Bahamas avec le fruit de la vente. Mais Sophie Davant veille et tance le spécialiste, qui ne bouge pas son estimation d’un iota. On s’en fout, de toute façon elle n’est qu’indicative. Le brave vendeur passe ensuite devant les acheteurs, qui enchérissent plus ou moins. Il repart immédiatement si l’affaire est conclue avec la somme convenue.

Pourquoi c’est génial ?
Sophie Davant est une véritable révélation dans le programme. Elle est à la fois drôle, douce, sévère et décalée. Je la détestais depuis Fort Boyard – j’ai la rancune tenace -, je l’adore depuis Affaire conclue. Je la trouve même canon désormais.

Le principe de l’émission est très fort. On est forcément en empathie avec le vendeur qui vient nous conter l’histoire de son objet. Les acheteurs ont été bien castés pour être à la fois parfois suprêmement agaçants et d’autres fois super attachants. Certains ne s’étaient pas illustrés dans la très mauvaise adaptation des ventes de box à l’aveugle sur D8 (à l’époque), ils se rachètent aujourd’hui.

J’aime tellement cette émission que, quand je suis allée en villégiature chez mes parents, j’ai cherché un petit objet de valeur à subtiliser pour pouvoir le vendre à la télé et rencontrer enfin Sophie, Anne-Catherine, Alexandra et Julien, mes préférés de l’émission.

Je plaisante bien sûr. Merci de ne pas me dénoncer à ma mère, qui recherche depuis quinze ans le plateau égaré lors du grand déménagement pour une nouvelle vie. Les fourbes déménageurs l’auraient piqué. D’ailleurs si vous voyez dans Affaire conclue, un mec baraqué avec un plateau, merci de le dire à ma mère.

Conflits de génération

Pour mes quarante ans, j’ai entrepris un petit quart de France pour retrouver mes racines. J’y reviendrai peut-être. J’ai surtout échoué pendant quelques jours chez mes parents.

Mercredi soir, nous n’avions pas forcément envie d’écouter du Johnny, nous nous sommes donc retrouvés face à la question fatidique : que regarder en famille ?

J’ai proposé à mon père de profiter de mon abonnement Netflix pour trouver un film ou un série qui nous conviendrait à tous.
Il m’a proposé d’aller voir dans les cassettes VHS là haut si je ne trouvais pas quelque chose à regarder. (Oui mes parents ont encore un magnétoscope en état de fonctionnement.)

VHS

Netflix est très vite apparu comme une option extrêmement dangereuse pour mon père. J’allais l’abonner de force à la chaîne de vidéo à la demande et surtout braver la loi en utilisant mon compte chez lui. J’ai essayé de me défendre et puis j’ai renoncé en ne trouvant pas le canal approprié sur la box SFR. Je crois qu’il a refusé avec tellement de véhémence la proposition de SFR de lui filer un essai gratuit, qu’ils ont banni à jamais le canal de sa box.
De mon côté, je suis montée voir la sélection des VHS et l’idée de me retrouver face à mon enregistrement sautilleur de 1994 du Père Noël est un ordure sur un écran HD m’a fait  capituler.

Finalement, ma mère a trouvé que Wallander sur la 25, c’était super. J’ai tenu vingt minutes poliment avant d’aller regarder Crazy Ex-Girlfriend – j’en reparlerai – sur Netflix dans mon lit.

Mon père pense que les jeunes générations complotent contre les anciennes en créant des technologies qui les mettent sciemment sur la touche. De mon côté, après réflexion, je me dis qu’il n’est surtout jamais prêt à écouter quand on essaie de lui apprendre ou de l’initier. Il se sent diminué et attaqué dans son orgueil de grand scientifique, qui, jusque-là, maîtrisait tout.

De toute façon, le rapport de mes parents aux nouvelles technologies a toujours été un poème. J’en ai déjà parlé ici, mais nous avons eu notre premier magnétoscope en 1994. Mes parents  ont déménagé dans les années 2000 leur première télé couleur qui devait peser un âne mort. Elle était tellement lourde que lors du grand cambriolage de 1996, les voleurs l’ont déplacée, avant de renoncer à l’emporter (ce qui est certainement une bonne chose, car j’ai toujours entendu mes parents dire que si la télé tombait en panne, ils ne la remplaceraient pas. La menace / le mensonge ultime).

Depuis, ils se sont essayés, enfin surtout mon père, avec dégoût au smartphone et à la tablette en décrétant que l’outil n’était pas fait pour eux. Ca m’attriste un peu, mais je ne le referai pas. J’ai quand même réussi à démontrer à ma mère que sa tablette pouvait avoir un intérêt en lui téléchargeant une ou deux applis.

J’imagine que dans trente ans, peut-être vingt, je n’espère pas dix, à moins d’un retour spectaculaire à l’âge du tube cathodique et du modem 56k, je serai plus que dépassée et que je serai certainement aussi rétive aux nouvelles technologiques.

Wait and see !