Pas de blanc sur les pages roses

Je tiens à remercier Claire qui a noté en commentaire que dans un accès de démence liée à la canicule de la semaine écoulée, j’avais supprimé brutalement le rose de ces pages pour en venir à une apparence pleine de blanc et de sobriété, qui sied mieux à mon humeur du moment.
Alors pour paraphraser Winnie l’ourson, « merci de l’avoir remarqué » !

Le avant et vous êtes sur le après

Depuis l’arrêt de 5 hommes à la maison, je me console en regardant des choses très diverses et vraiment variées…

Des films de cinéma
Ces trois derniers jours, j’ai atteint l’un des objectifs que je m’étais fixé pour l’été : regarder quelques films de François Truffaut sur Netflix. J’ai enchaîné Baisers volés, Domicile conjugal et L’amour en fuite.
Je ne suis pas cinéphile, je vais donc me contenter de dire que j’ai pris énormément de plaisir à les regarder pour des raisons qui m’appartiennent.

La première, c’est que j’adore découvrir la France des années 60. C’est le syndrome Maigret. Cette époque me fascine, je regarde les enseignes, les moyens de transport, les logements, la décoration, en partie les moeurs… C’est la France de mes parents et des mes grands-parents et elle m’intrigue.


La deuxième, je l’avoue, c’est que j’avais très envie de découvrir Dorothée actrice. Comme tous les enfants nés en 1977 ,et cinq à dix ans avant et après, j’aime Dorothée. C’est l’un des symboles de mon enfance heureuse. Je guette chacune de ses apparitions en plateau aujourd’hui et je regrette amèrement qu’elle n’ait jamais pu incarner L’Instit (je sais qu’elle avait été pressentie, j’ai même regardé la vidéo sur Youtube). J’ai été épatée par son jeu dans L’amour en fuite. Elle est formidable dans le rôle de Sabine, le nouvel amour d’Antoine Doinel.
J’ajoute que j’adore Marie-France Pisier, et pas uniquement pour son rôle dans Pourquoi pas moi, je me suis donc aussi régalée en la retrouvant dans le dernier film du cycle.

Il faut bien le reconnaître ces films sont assez épatants, souvent drôles, parfois émouvants… Il faut s’habituer à Antoine Doinel, mais on devient vite accro. Si j’osais, je dirais qu’il y a un petit côté série dans ses aventures et qu’on regrette qu’il n’y ait pas de suite.
L’avantage, c’est qu’ils sont sur Netflix et donc facilement accessibles à tous.

Du mystère
Je me suis aussi (re)mise à Fringe.
Après une longue hésitation, je voulais à la base me relancer dans Lost, j’ai finalement préféré Fringe. Pour une raison simple, je n’ai jamais vu la fin de la série. Elle m’a permis de découvrir l’une des immenses failles de Netflix à son démarrage, les séries ne sont pas éternellement diffusées sur la plateforme. J’avais donc été coupée dans mon élan en cours de saison 4 (alors 2 en fait…je suis allée bien moins loin que je pensais). J’ai failli acheter à plusieurs reprises l’intégrale en dvd sans jamais transformer l’essai.
Après mûre réflexion d’au moins deux minutes, j’ai décidé de reprendre à zéro la série et je ne regrette pas mon choix.
La première saison est vraiment excellente. Le personnage de l’héroïne est pour l’instant assez formidable. Forte, intelligente, drôle et charismatique, elle prend des décisions qui ont un sens. Au hasard, elle ne cache pas sa relation avec son ex collègue, elle partage les infos en sa possession… Je le souligne parce que souvent dans les séries, je ne comprends pas les choix des protagonistes. J’avais oublié à quel point sa relation avec Peter Bishop (Pacey de Dawson) était chouette. John Noble (Walter Bishop) est excellent en savant fou déphasé par un séjour prolongé en asile psychiatrique.
Les intrigues sont dans la veine de X Files : des crimes mystérieux commis par des humains aux étranges pouvoirs surnaturels. Mais la vérité ne viendra pas des étoiles, elle est ailleurs…

Je ne sais pas si j’irai au bout cette fois, car je ne suis pas sûre que la série tienne le rythme, une fois le mystère des phénomènes étranges qui frappent la terre éventé, mais je vais vraiment essayer.
Et du coup, je recommande Fringe sur Amazon Prime Vidéo.

De l’interactivité
J’ai également re-terminé, quoi pas tout à fait, Unbreakable Kimmy Schmidt en participant à l’épisode interactif.
J’ai beaucoup de tendresse pour cette série un peu inégale. Elle avait offert une happy-end méritée à Kimmy et j’appréhendais un peu ce nouvel épisode.

Pour mémoire, Kimmy est libérée dans le premier épisode de la série d’un bunker où un ignoble révérend la détenait en otage, depuis 15 ans, avec d’autres femmes, après lui avoir fait croire que l’apocalypse avait eu lieu. La naïve Kimmy débarque ensuite à New-York pour porter son regard décalé sur notre société toute viciée. En parallèle, elle continue son combat contre son kidnappeur, repris une nouvelle fois pour ce nouvel opus.

Cet épisode interactif est vraiment sympa et beaucoup plus abouti que Bandersnatch (celui de Black Mirror). On peut s’amuser à faire suivre le pire des chemins à Kimmy, simplement pour découvrir les conséquences atroces de nos choix et nous faire recadrer par des personnages de la série. J’ai aussi cru suivre la bonne piste et je me suis souvent trompée.
Globalement, c’est amusant à faire et la trame de l’épisode est vraiment bien.
Je voudrais le regarder à nouveau en essayant toutes les possibilités, mais ça risque d’être vraiment chronophage.

De la douceur pour se détendre
Pour me détendre le soir avant de dormir et me sortir de la tête que mon mal de gorge serait lié au covid et non au fait que les températures ont chuté de 20° en 24 heures, je me suis aussi remise à Nailed it, la meilleure émission de pâtisserie de la terre. La saison 4 est étonnamment drôle avec des pâtissiers de plus en plus calamiteux et le duo Nicole Byer / Jacques Torres mérite à lui-seul le visionnage. Le moment où l’animatrice est surprise de goûter un truc mangeable, voire bon, est assez irrésistible.
Je regrette vraiment que la version française ait été abandonnée. Artus avait su lui donner un ton et un humour bien particulier sans copier la version américaine.

Voilà qui a pas mal occupé ma semaine…. J’ai aussi regardé les rediffs de Doctor Who sur NRJ12 et écrasé une larme pour en moyenne un épisode sur deux. Décidément, j’aime vraiment Matt Smith dans le rôle.

Adulescente (un post sur Riverdale)

Je ne sais pas trop comment, ni pourquoi, mais j’ai décidé de regarder « Riverdale ». S’il y a une série dont je ne suis pas la cible, c’est bien celle-là. D’ailleurs, Netflix s’est bien gardé de me la recommander.

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Par quoi commencer…

L’intrigue peut-être.

Dans une petite ville américaine comme les autres, où il y a un lycée et Luke Perry devenu adulte, un adolescent est porté disparu, puis retrouvé assassiné, ce qui, selon le narrateur, va bouleverser tout le monde.

« Riverdale » compte tous les poncifs d’une série américaine pour adolescents : des lycéens populaires, des parents plus ou moins normaux, des pom-pom girls, des joueurs de football américain, une cafétéria, un jeune homme solitaire et cynique, et même le journal du lycée toujours prompt à révéler des scoops que personne n’a eu avant lui.

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Je publie uniquement cette photo pour satisfaire mon lectorat qui aime les garçons musclés.

Le souci c’est que je n’ai pas encore réussi à trancher : Faut-il prendre « Riverdale » au second degré, ce qui expliquerait que les acteurs jouent comme des patates et que les intrigues soient aussi bizarrement mauvaises, ou s’agit-il d’une vraie série avec des ambitions, auquel cas c’est vraiment mauvais ?

[Du coup, j’ai un peu enquêté (bon, j’ai tapé le nom de la série sur Google et interrogé mes contacts Facebook plus avertis que moi) et je n’ai pas trouvé de réponses réellement tranchées. Alors ok, la série est adaptée de « Archie Comics », mais comme elle n’est pas aussi volontairement caricaturale qu’un « Scream Queens » par exemple, je ne suis toujours pas réellement fixée.]

« Riverdale » me fait penser à un smoothie mélangeant dans un gros blender scénaristique « Dawson », « Les Frères Scott », « Gossip girl », « Scream », « Smallville » et « Pretty little liars ». C’est tellement caricatural, que j’attends bientôt l’apparition d’un vampire, d’un loup-garou, ou d’une sorcière.

Ce qui me fait penser que la série est une énorme blague, c’est l’étrange obsession des scénaristes pour les cheveux roux. L’intrigue démarre avec la disparition mystérieuse du jumeau roux de la reine du lycée, qui a les cheveux aussi flamboyants que son frère. Le personne principal, Archie, arbore une teinte capillaire assez étrange, orangée-cuivrée. (Là, il semblerait que les cheveux d’Archie soient roux dans la bd, donc je m’incline.)

Il y a sans doute un message derrière ça, mais je ne le perçois pas encore.

Pour le côté « Dawson », nous avons donc deux ados, hyper complices depuis l’enfance, Betty et Archie, qui se découvrent des sentiments l’un pour l’autre. Enfin, Betty, comme Joey, est amoureuse d’Archie, qui lui préfère, comme Pacey, une professeur de musique très séduisante. Bon, le souci, c’est que la prof de musique a l’air plus jeune que son élève et qu’on lui a mis des lunettes pour lui donner un côté intello, qui fait plutôt secrétaire cochonne.

Pour le côté « Scream », il y a le crime évidemment, le narrateur un peu dark qui a été l’ami du héros (la ressemblance avec Audrey est certainement purement fortuite, en plus là c’est un garçon), mais qui est aujourd’hui devenu un paria, et l’héroïne blonde à qui on donnerait le bon dieu sans confessions mais qui a un côté sombre, qui fait un peu peur (Emma donc).

Pour le côté « xoxo Gossip Girl », on mise sur Veronica et Betty, devenues V(i) et B(i) dès le troisième épisode.

Vous allez me dire : tu te moques, tu te moques, mais tu regardes.

Oui, je sais, mais c’est calibré pour me plaire, même si Netflix ne le sait pas a priori. J’ai été bercée depuis ma vieille adolescence par les séries avec des collèges, des lycéens vêtus de teddy ou de tenues de pom-pom girls, des histoires d’amour impossibles entre les héros, et oui, je l’avoue, j’aime ça. Comme en plus, cette chouette ambiance de petite ville américaine sans histoire est bouleversée par un meurtre, je veux en savoir plus sur l’identité de l’assassin.

Et puis, je sens bien qu’il y a une volonté de bien-faire et même des parti-pris intéressants. Les lycéens sont très peu connectés, les portables et les ordinateurs sont très peu présents à l’écran. A quelques détails près, la série est relativement intemporelle, ce qui me la rend bizarrement sympathique.

Bon, en vrai, j’attends de voir si B va se rendre compte qu’elle est attirée par V, et laisser tomber Archie pour la brune sulfureuse.

Pour avoir Archie, il suffit de prendre Stefan…

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..de le mélanger à Dawson…

dawson…d’ajouter un zeste d’Addison…

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et voici Archie, tada !

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Le retour déprimant des filles Gilmore

Avant de retrouver les filles Gilmore, je l’avoue, j’adorais l’idée que mes personnages préférés des années 90/2000 se réunissent pour un retour forcément gagnant sur mon petit écran.

Comme beaucoup, j’ai longtemps espéré que les « Friends » acceptent de se retrouver à New-York, que Buffy revienne à Sunnydale, ou que Joey, après avoir divorcé de Pacey, aille retrouver en barque le beau Dawson, désormais installé chez ses parents après son échec cuisant à Hollywood. Bon, dans le deuxième cas, il me semble que la ville a été rasée de la carte et que la bouche de l’enfer a été scellée, mais j’imagine qu’un New Sunnydale, une ville nouvelle et démoniaque, aurait pu voir le jour.

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En retrouvant Lorelai, méconnaissable, je remercie les « Friends » d’avoir refusé de se plier à l’exercice. Monica version 2016 est aussi défigurée que sa consœur de Stars Hollow, et retrouver Ross et Rachel en mode vieux couple ou en divorcés fâchés m’aurait sans doute déprimée.

La vérité, c’est que nous n’aimons pas voir vieillir nos héros. Buffy est parfaite à 20/25 ans. Elle serait déprimante en vieille chasseuse de quarante ans, qui commence à se demander si elle n’est pas passée à côté de sa vie à force de sauver le monde.

Je pourrai multiplier les exemples à l’infini, mais j’en viens au fait.

J’attendais beaucoup, sans doute trop, du retour des « Gilmore girls ». En voyant la bande-annonce, mes yeux se sont embués et je me suis exclamée « ils sont tous là » ! Aujourd’hui, je me dis juste qu’ils sont « tous vieux », que les acteurs qui ont une vraie carrière ne feront qu’une brève apparition (Milo / Jess ou Melissa / Sookie), et qu’en fait je préférais les savoir heureux dans la dimension parallèle des séries terminées, où les personnages revivent en boucle les mêmes aventures sans jamais se lasser….et vieillir, j’insiste lourdement sur ce point.

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C’est déjà suffisamment pénible d’avoir bientôt quarante ans, et des inquiétudes sur son avenir professionnel, sans avoir à se taper en plus ceux de Rory.

Rory a toujours été un personnage pénible. Rory est d’ailleurs la cause de 90% des abandons de « Gilmore girls » par les gens qui ont essayé la série. Sa pote Paris, qui est pourtant une pimbêche psychopathe, a l’air sympathique à côté de Rory. Cette gamine super douée oblige sa pauvre mère à se réconcilier avec ses parents pour pouvoir entrer dans une école privée hors de prix, puis faire Yale, alors qu’elle a toujours voulu intégrer Harvard, et pourtant à 32 ans, Rory n’a toujours pas trouvé sa voie. Elle erre donc de Stars Hollow à Londres, en passant par New York et Hartford. Elle tente en vain de décrocher des piges, fait la fine bouche quand GQ lui demande un reportage pas si idiot que ça au final, et reprend la Gazette de sa ville natale, sans faire plaisir à personne. Je me demande bien pourquoi elle fait sauter le poème.
Sa vie sentimentale est un échec aussi retentissant que sa vie professionnelle. Mais, on a vraiment très envie de lui rappeler, que c’est elle qui a dit non à la demande en fiançailles de Logan ! On se demande aussi ce qu’elle a bien pu foutre depuis le moment, où elle avait heureusement choisi de suivre la campagne de Barack Obama pour un site web.

Comme, je n’ai pas vu encore le dernier épisode, j’ignore si elle s’en sort sentimentalement. Mais, j’imagine bien qu’elle va encore faire souffrir ce pauvre Dean, après avoir tellement contrarié sa petite maman, qu’elle a choisi de partir randonner.

J’en viens justement à sa pauvre petite maman, en pleine dépression depuis la reprise de la série.

On ignore si c’est la mort de son père, son auberge qui n’a pas progressé d’un pouce en dix ans, ou sa relation boiteuse avec Luke, qui la déprime le plus. A mon avis, c’est un bel ensemble. Figée dans l’ambre, ce qui a laissé des traces sur son visage depuis une décennie, Lorelai se réveille à 48 ans pour voir que sa vie est un peu ratée. Rien de comparable avec celle de sa fille mais quand même.

Il aurait fallu que les scénaristes aient le courage de la faire rompre avec Luke. Ce couple ne fonctionne pas. Le manque d’alchimie entre les deux protagonistes sautent aux yeux à l’écran. Posez-vous une simple question : à quel moment les voit-on s’embrasser ou même se toucher ? Je veux bien qu’ils forment un vieux couple, mais ça ne donne pas envie de croire à l’amour éternel de les voir ensemble.

Ceux qui s’en sortent le mieux, ce sont finalement Kirk et Taylor, qui ont réussi à accomplir de grandes choses pour la ville.

J’imagine que je reviendrai dresser le bilan de l’ensemble après avoir vu le dernier épisode, mais je ne suis pas forcément très pressée.

La philo selon Peyton, Meredith, Lucas….et POC

« Les gens qui s’amusent sont dans l’erreur. »

Ce n’est pas une phrase tirée des profondes réflexions de Meredith Grey en voix-off dans un épisode de « Grey’s anatomy », mais bien une citation tirée des pensées de la personne à qui je peine à trouver un nom ici désormais.
 
http://punk-n-dis0rderly.tumblr.com/ Alors hein, qui ?
Je me demande qui est le premier scénariste à avoir eu l’idée de faire philosopher des ados de 15 ans (« Dawson » / « Les Frères Scott ») ou des internes en médecine (« Grey’s anatomy »).

Vous vous imaginez, vous, vous réveiller le matin et commencer à commenter votre vie à la bouche avec une approche extérieure extrêmement pertinente. En même temps, il est probable que dans votre quotidien, comme dans le mien d’ailleurs, vous ne vous posiez pas les mêmes problèmes que Meredith, Lucas ou Peyton. Il est ainsi fortement improbable, que votre père qui ne vous a jamais reconnu tue votre oncle qui s’apprêtait à vous adopter, pour un vieux conflit familial. Enfin, si c’est le cas peut-être que vous vous réveillez le matin en citant Hemingway, Steinbeck ou Faulkner, auquel cas je vous admire.

Comme, il y a désormais un Tumblr pour tout, voici celui des citations de Meredith.
 
Demain, on fera le commentaire composé de celles de Lucas Scott.

De mon côté, comme je me sens plus Peyton – c’est mon côté futur quadragénaire -, je vais bientôt dessiner sur mes murs et réaliser des compils à message, que Rachel, à qui je ressemble plus d’ordinaire, celle de « Friends » pas l’autre tête à claques qui chante, je vais pouvoir citer John Irving, ce qui est bien aussi, et « faire attention aux fenêtres ouvertes ».

Ce post implique plein de débats de fond : quels auteurs citez-vous de tête ? Commentez-vous votre vie à la bouche ? A quel personnage vous identifiez-vous ?

Voilà, c’était la minute Philo selon Philippe de ce blog.
Demain, je parlerai des héroïnes de série qui s’enduisent les mains de crème avant de dormir.

Le début de la fin ?

Dimanche soir, ma femme m’a signalé avec un grand sourire (sardonique certainement) que je n’avais pas allumé la télévision de la journée et je ne m’en étais même pas rendue compte.

Je suis sortie, le matin, au marché, j’ai travaillé, j’ai phosphoré avec ma femme sur ses cours, nous avons reçu des amis et c’est seulement le soir que j’ai songé à appuyer sur le bouton 1 de ma télécommande pour regarder l’épisode 5 d’Harry Potter, que je n’ai même pas regardé jusqu’au bout.

Le pire, c’est que je sais que je n’ai strictement rien manqué. Le paysage télévisuel actuel est vraiment plus que morne.

Il faut croire également que les quasiment trois heures de « Pékin Express » de la veille m’ont écœurée de la télévision pour un moment.

Le pire, c’est que les symptômes semblent persister. J’ai jeté un œil distrait hier à « Dawson » à la fac sur NT1, puis zappé sur le dîner, et la dame vaguement coquine qui cuisinait à Montpellier, m’a convaincue de me rapatrier sur NT1. Ensuite, c’est un peu flou, du Gaillac nouveau, beaucoup trop de vin nouveau, un bain « Lush » avec un vague roman de SF signé Asimov et quelques épisodes de « The Big Bang Theory » (qui m’influence a priori si on se fie au point précédent) avant de dormir.

Mais demain, demain est fort heureusement un autre jour puisque FRANCE 2 commence la diffusion de « FAIS PAS CI FAIS PAS CA » à 20h35 et qu’il ne faut surtout pas louper ça.
J’espère ainsi me réconcilier avec mon petit écran sous peine de disparaître peu à peu….

Le zapping de la semaine écoulée

Je me suis rendue compte, la semaine dernière, en regardant « Dawson » que Pacey avait trahi « le Bro code », cher à Barney de « How I met your mother » pour les enfants du placard, en sortant avec l’ex de son meilleur ami. A sa décharge, il en a apparemment pleinement conscience.

En visionnant attentivement « Dawson », j’ai réalisé qu’il fallait arrêter de se moquer de cette série aseptisée. Aujourd’hui, les magazines culturels pointus ne jurent plus que par « Skins », que j’adore par ailleurs, ou par ces nouvelles fictions innovantes de Canal + pour parler de l’univers des ados, mais personnellement je trouve les questionnements dawsoniens souvent assez justes. Ainsi, le personnage de l’homo qui a du mal à s’assumer de Jake est extrêmement bien vu et les futurs gays et lesbiennes qui ont grandi dans des petites villes en aspirant à la normalité seront certainement d’accord avec moi.
Enfin, pour reprendre mon expression favorite, il faut éviter de jeter le bébé avec l’eau du bain.

Pour parler d’autre chose que de Dawson, pour la première fois, mardi dernier, le résultat d’une finale d’une émission de télé-réalité m’indifférait totalement. Cet automne, même l’affrontement Alice / Mickels, me passionnait plus que le duel Leïla contre Soan. Je ne souhaite qu’une chose désormais, que le jury soit remercié, autant dire que je peux rêver. D’autant qu’apparemment, d’après le dernier buzz en date, si Sinclair a déjà indiqué qu’il n’en serait pas, les trois autres sont déjà prêts à resigner.

Je me suis rendue compte également, cette semaine, que « l’amour est dans le pré » démarrait lundi et « Secret Story » saison 3, vendredi. C’est l’été donc !
Pour trouver mes TROIS billets sur « l’amour est dans le pré » c’est ici.

Enfin, j’ai visionné hier sur le fil la finale de « générations mannequins 2 » emportée tambour battant – il restait 10 finalistes, un concept, au terme de la semaine de stage intensif des apprentis mannequins débauchés par NRJ12 – par Marie, la jeune fille de 16 ans quasiment albinos, et le type un peu niais qui draguait la jolie petite nana de l’Est, Michaëla, qui a échoué au pied du podium à mon grand désespoir. J’ai manqué l’arrivée Jean-Claude Jitrois et de son égérie Sarah Marshall dans l’émission, ce que je regrette amèrement. Jean-Claude Jitrois me fait presque aussi peur physiquement que les Frères Bogdanoff.

Une seconde chance pour Dawson

« Un volcan s’éteint, un être s’éveille » a un jour écrit le poète et finalement il n’avait pas tort. Aujourd’hui, alors que « Seconde Chance » a pris fin dans l’indifférence quasi générale vendredi, « Dawson » redémarre à 16h30 sur TMC, soit à l’heure précise où je regardais le soap de TF1 précédemment.
Vous l’ignorez parce que j’écris moins ici, ce qui est d’ailleurs terminé aussi grâce à la magie de la vie, mais depuis quelques semaines je n’avais qu’une phrase à la bouche : quand est-ce que TF1 ou la TNT va se décider à reprogrammer « Dawson » ? Aujourd’hui, j’ai ma réponse.
Je sais déjà que les premiers épisodes vont être un cauchemar à visionner. Les héros me paraîtront trop jeunes et plastiquement assez repoussants, mais qu’importe une infime partie de moi se souviendra que TF1 avait annoncé, à la fin des années 90, la diffusion de « Dawson » sur son antenne à grand renfort de slogan du genre « la série qui a ébranlé l’Amérique ».
Je suis obligée de parler de la conclusion de « Seconde chance ». Comme je l’espérais, décidément, la série a eu le droit à une vraie belle fin digne de sa grande qualité.


Laëticia, la méchante historique, qui voulait du mal à Alice Leroy, qui avait bien le droit à une « seconde chance », est redevenue sur le fil adorable. Elle coulera désormais des jours heureux au paradis des héros de séries défuntes avec Marc (Sébastien d’« Hélène et les garçons ») qui était fort heureusement toujours amoureux d’elle malgré ses six mois de manipulations diaboliques. Le demi-frère de Marc, Lucas, pas franchement adorable non plus au premier abord, va lui devenir le père de l’enfant de l’ex traîtresse de l’agence, qui était en fait une ex call-girl qu’un vilain faisait chanter. Enfant adopté, ce qu’il a appris vers la fin de la saison, il s’est recréé une sympathique famille qu’il a choisie.
Les stagiaires ont tous obtenu des postes à responsabilités et trouvé l’amour. Lionel, le garçon, est passé créateur à part entière et sort avec la fille d’Alice, l’ex héroïne de la série, qui va malheureusement partir six mois en Guyane et Audrey, la fille, dirigera désormais l’événementiel avant de partir accoucher de l’enfant de l’ex mari de l’ex héroïne de la série.
Emilie, la remplaçante d’Alice a elle aussi trouvé l’amour, un job de rêve et une nouvelle famille riche cette fois-ci.
Quant à l’ex patron d’Alice, il sort avec sa mère qui partage désormais sa vie avec deux hommes. Le père d’Alice est, lui, devenu chanteur célèbre, malgré son grand âge, grâce à un buzz du net, ce qui le console d’avoir un rival.
La standardiste sourde ne l’est plus, ce qui lui a permis d’avoir très logiquement une promotion…
Bref, c’est un peu n’importe quoi finalement cette fin, mais un n’importe quoi si jouissif qu’on le pardonne aux scénaristes au chômage.

Bref, tout est merveilleusement bien qui finit extrêmement bien dans la guimauve absolue.
Alice Leroy, la première héroïne à qui la série avait accordé une seconde chance avant que cette conne ne tombe enceinte, est même venue clore le propos en nous expliquant que nous avions tous le droit à une seconde voire une troisième chance, ce qui a du faire sangloter tous les grands dépressifs probablement sans emploi ou précaires qui regardaient l’émission vendredi, et je m’inclus dans le lot évidemment.

TF1, qui n’a plus de sous, comme nous le martèlent toutes les émissions médias compétentes, va nous balancer deux épisodes de « Grey’s anatomy » tous les jours, pour compenser. Dans deux semaines, quand la saison 4 aura été écoulée, ils réfléchiront à la possibilité de remettre « Monk » ou « Code Zoé » pour compenser mais pas « Las Vegas » car apparemment ça ne fonctionne pas. Mais moi je m’en fous, je regarderai « Dawson » sur TMC à ce moment là.

Digressions autour de « Gilmore girls » et dans une moindre mesure des « Frères Scott »

Nous nous sommes enfin décidées à nous infliger le dernier épisode de toute la vie de « Gilmore girls », qui se place très haut dans le panthéon des épisodes finaux de série fleuve.
Sept saisons, ce n’est pas rien.
Je n’attendais personnellement qu’une chose, la réconciliation de Lorelai et Luke, mais j’ai été en plus gâtée avec la rupture de Rory et de Logan, que je n’ai jamais pu supporter. La petite héroïne de Stars Hollow quitte sa ville natale pour suivre en 2007 la campagne de Barack Obama en ne sachant pas, à ce moment là, que cette aventure va l’emmener très loin, et les gens qui l’ont vue grandir lui organisent en secret une fête géniale.
Bref, c’est extrêmement émouvant, surtout quand Lorelai signale à sa mère un peu désemparée à l’idée de la perdre en même temps que sa petite fille qu’elles parleront de l’avenir de son auberge ensemble le vendredi suivant.
[Pour les non fans de la série, la saison 1 débute avec l’instauration du rendez-vous du vendredi obligatoire pour que les grands-parents de Rory financent les études supérieures de leur petite fille. Lorelai passe ensuite 7 saisons à tenter d’échapper à cette corvée, d’où l’émotion qui saisit n’importe quelle personne non décédée à l’intérieur à cette évocation.]

Mais tel n’est pas le sujet.
Aujourd’hui, j’ai envie de parler de Rory certes mais aussi de Lucas Scott et dans une moindre mesure de Joey Potter.
D’abord, ces deux personnages féminins ont un point commun de taille, elles ont toutes les deux rencontré Lucas Scott, enfin Chad Michael Murray, quand il cherchait encore un rôle à sa mesure. Bizarrement, dans « Gilmore Girls » comme dans « Dawson », Chad ne jouait pas encore le garçon parfait et propre sur lui qu’il allait devenir dans « les Frères Scott », mais bien la tête à claques arrogante, un rôle plus proche de son demi-frère Nathan dans « Les Frères Scott » que de Lucas.
Ainsi, dans « Gilmore Girls », le fils à papa, Tristan, drague en vain la séduisante Rory et fout par la même occasion le bronx dans sa relation avec l’hystérique Paris et le bouillonnant Dean. Dans « Dawson », Chad sort d’abord avec Jen, l’ancêtre en mieux de Peyton, avant de tenter de draguer la très coincée Joey, il ne s’est sans doute jamais remis de sa veste avec Rory et il tente donc de compenser, à moins évidemment que chronologiquement ce soit l’inverse auquel cas je serai dégoûtée que Rory soit le lot de consolation de Chad après Joey.

Je suis souvent frappée dans les séries américaines par les typologies de personnage. Paris, l’hystérique future meilleure amie de Rory évoque irrésistiblement par son autoritarisme Monica de « Friends ».
Dans le cas qui nous occupe, je remarque que Rory, l’enfant unique parfaite d’une famille monoparentale n’est pas sans me rappeler Lucas, l’enfant unique (au moins quelques saisons) d’une famille monoparentale et donc dans une moindre mesure Joey élevée par sa sœur après le décès de sa mère (bouhouhouhou) et le jetage en prison de son père (bouh le vilain).
Littéralement, au moins du point de vue du profil, bonne élève et sage, Rory et Joey sont très proches surtout si on inclut grande et brune dans la comparaison.
Si on étudie le schéma familial, Rory Gilmore et de Lucas Scott ont également beaucoup de similitudes. Bon, dans un cas « Gilmore girls », nous sommes face à une excellente série à mon goût au moins, et dans l’autre dans la caricature absolue, mais n’empêche que je me demande en les regardant pourquoi l’Amérique conservatrice tient à ce point à nous démontrer que les familles monoparentales produisent des enfants aussi géniaux.
Rory est adorée de Stars Hollow, de ses grands parents, de sa mère évidemment et accomplit des grandes choses à Chilton comme à Yale tout en étant d’une humanité quasiment sans tache.
Lucas est un sportif émérite, qui doit en plus gérer une odieuse maladie de cœur stigmate de ses origines, mais qui continue pourtant bravement à s’exercer jusqu’au bout de ses forces, et un élève brillant qui présente en plus de son physique exceptionnel, à l’exception de son cœur fragile donc, une prédisposition pour l’écriture.
Leurs mamans respectives sont tellement fières d’eux.

Quant à Joey, comme elle n’a malheureusement pas eu pour mère Lorelai, elle n’est guère aussi attachante que Rory et on est viscéralement obligé de la haïr. D’ailleurs, elle sépare, à cause de son indécision, deux amis de toujours, elle devrait avoir honte. Mais surtout, elle est extrêmement douée pour tout, comme sa consoeur de Stars Hollow.

Pour conclure, j’abandonne Joey et Lucas sur le carreau pour dire, probablement pour la dernière fois, après avoir amèrement critiqué la série tout le bien que je pense de « Gilmore girls ».
Après avoir acheté logiquement la saison sept, puis la une et maintenant la deux, je sens que ma dvdthèque gilmorienne sera complète, à moins d’une énorme catastrophe, avant Noël.
Alors, certes, je l’ai déjà dit, il ne se passe pas grand-chose en général à Stars Hollow mais la série a d’autres qualités. Ainsi, dans le dernier épisode de la saison 7, tous les personnages, sans aucune exception, rencontrés dans la saison une et découverts au fur et à mesure des saisons, viennent faire leurs adieux à Rory. Pour celles et ceux qui ont vu le final d’ « Ally McBeal » par exemple, il n’y a pas grand-chose de plus triste qu’une série qui se termine avec le quart de son casting originel (j’excuse les morts et notamment Billy) mais pas les divers cocaïnomanes, alcooliques ou célébrités nouvelles du groupe qui ont du lâcher l’affaire en route.
La série réussit le tour de force de conserver une place dans chacune des saisons à des personnages que je pensais voir disparaître par exemple à l’entrée à Yale de Rory. Ainsi, Lane, sa meilleure amie, continue à vivre sa vie à Stars Hollow. Malgré une mère adventiste du septième jour, elle devient la batteuse d’un groupe de rock et épouse son guitariste dont elle a deux bébés dans la septième saison. Paris, l’ennemie jurée de Rory à Chilton, devient à la faveur de la ruine de ses parents et de sa non-admission à Harvard, la (troisième, après sa mère et Lane) meilleure pote de Rory.
Mais au-delà de ça, ce sont les rapports de Lorelai et de Rory qui me fascinent. Ils ne sont jamais vraiment d’un bloc. Si Rory, ado, admire sa mère et ne fait jamais réellement de vague, elle profite de la saison 5, et de mon absence malencontreuse durant sa diffusion sur France 4, pour péter les plombs et quitter sa mère qu’elle accable de tous les maux. Rory n’est pas Lorelai. Elle est attirée par la vie que sa mère a refusée et ses fastes. Elle se rapproche de ses grands-parents notamment et suit les traces de son grand-père en optant pour Yale et non pour Harvard au désespoir de sa mère. Elle adhère aux « filles de la révolution », l’association très conservatrice de sa grand-mère, Emily Gilmore. Elle choisit pour petit ami de longue durée, Logan, l’héritier d’une grande famille du Connecticut, là où sa mère a refusé d’épouser ce fils à papa de Christopher alors qu’elle était enceinte. A plusieurs reprises, on se prend à détester cette sale gamine qui a toutes les options dans la vie grâce à une mère géniale et à des grands-parents richissimes.
Mais au final dans la saison 7, contre toute attente, elle ne fait pas le choix qu’aurait privilégié Emily Gilmore en n’épousant pas Logan, mais bien celui qu’aurait pu faire sa mère en se lançant sur les routes comme journaliste de campagne sur les traces du candidat Obama.
Cette fin illustre à mon goût le génie de « Gilmore Girls ».

De mon côté, si quelqu’un me demande un jour dans un entretien d’embauche très sérieux, qui est mon modèle, je répondrais sans hésiter, au risque de me griller, Lorelai Gilmore. J’aime son humour, son bagou, son indécision,…