Platane me réconcilie avec le fameux "esprit canal"

Jusqu’à très récemment, je n’avais pas souhaité découvrir ce que l’esprit Canal apportait aux séries. Aucune des productions de la chaîne cryptée, et surtout pas « maison close », ne me tentait. Mais voilà, cet été, Canal + a organisé habilement le buzz autour de « Platane », la série créée par Eric Judor, notamment avec un spot publicitaire vraiment drôle (« de la oie ? »). Je ne suis pas du tout fan d’Eric et Ramzy, j’ai du voir un épisode « H » dans ma vie et ne pas le trouver drôle du tout, et pourtant une chose était sûre : je voulais voir « Platane » à tout prix.

J’en suis à mon sixième épisode de la série, au curieux format de 30 minutes en moyenne, et je suis conquise.

« Platane » est une vraie fausse auto-fiction qui raconte les déboires d’Eric (et Ramzy) Judor. Après une cuite monstrueuse, l’humoriste a un violent accident de voiture et se réveille un an plus tard du coma. Pendant son « gros dodo », son comparse lui a volé sa série et la gloire qui allait avec. Il faut donc qu’Eric se lance seul dans un nouveau projet, qu’il veut sérieux cette fois-ci. Son année dans le coma lui a ouvert les yeux, il ne veut plus être drôle. Après quelques hésitations sur le concept et le scénario, il décide d’écrire et de produire « la môme 2.0 » qui raconterait l’histoire d’une chanteuse de R&N’B qui découvre qu’elle est la petite fille d’Edith Pïaf (oui, c’est n’importe quoi, mais c’est ce qui est drôle en vrai).

Je le redis, je ne suis absolument pas une inconditionnelle du duo comique formé par Eric et Ramzy. Si je ne l’ai jugé par trop sévèrement au départ, je suis vraiment devenue phobique de leur couple en constatant qu’ils se sentaient obligés d’en faire trop à chaque apparition télé et de pourrir tous les plateaux sur lesquels ils apparaissaient de leurs vannes faiblardes. J’ai donc été agréablement surprise au démarrage du premier épisode en découvrant Eric et Ramzy, dans leurs propres rôles, qui humilient un pauvre journaliste en conférence de presse parce que son pull est moche – il n’est pas exclu que je me sois projetée – et qui sont ensuite encensés par une production complice alors que leur nouvelle fiction, la suite de « H » dans un hôpital psychiatrique baptisée « HP », semble nulle. J’avoue que cette légère auto-critique m’a bien plu.
Eric Judor est un affreux jojo dans « Platane ». Ignare, velléitaire, lâche, radin, volontiers raciste, bête, menteur, flagorneur…il n’a strictement rien pour plaire. Pourtant, on finit par sincèrement compatir à sa galère et par s’attacher véritablement àl lui. Comment va-t-il s’en sortir avec son projet foireux ?

« Platane » n’est pas forcément une série toujours hilarante. Il y a quelques longueurs, à mon avis assumées, qui ne déservent pas pour autant les intrigues. L’humour de la série me fait un peu penser à celui de « 30 rock », notamment dans la construction des gags, ou pour l’auto-fiction à « Episode ». Eric se fait notamment appeler régulièrement « Monsieur Ramzy », un running-gag, qui fonctionne bien, comme le « hey, how you doin’  » de Joey qui revient sans cesse dans « Episode ».
Bon, en plus, « Platane » est la première série française, que je vois du moins, à oser la pléiade de guests, et pour l’instant chaque apparition de star est nécessaire et hilarante. Clotilde Courau est parfaite dans le rôle de l’actrice un peu paumée qui a tourné un film super pourri en Afrique et Monica Bellucci est vraiment géniale en militante acharnée de l’environnement. Guillaume Canet, que je suis loin de vénérer, fait également une excellente apparition dans la série, comme Matthieu Amalric, dont Eric ne connait pas le nom, et plein d’autres.

J’attends la suite mais pour le moment « Platane » tient toutes ses promesses. Le seul défaut de la série demeure certainement son titre.

Les Césars 2011 en 521 mots

J’ai un problème avec les soirées de télé qui se prolongent au bout de la nuit en ce moment. Je réussis bravement à tenir le lundi devant « Top Chef », mais devoir en plus, cette semaine, regarder la cérémonie des « Césars » jusqu’à minuit, c’était trop.

Regarder les « Césars », c’est une vielle tradition familiale. J’avais un peu arrêté ces dernières années car je n’allais désespérément plus au ciné. Mais en 2011, je me suis remise aux salles obscures, au « masque et la plume » sur France Inter et donc logiquement aux « Césars ».

Depuis que Canal + se charge de la cérémonie, les « Césars » sont devenus un véritable happening à ne pas manquer. Mais vers 23h11, un peu lassée par toutes ces interventions super drôles, j’avais juste envie que ça s’arrête.

Les remettants se sont montrés inégaux, comme toujours, si certains balancent un texte inspiré – « que serait le cinéma sans les scénaristes / le son / les costumes / les acteurs… » -, d’autres ont eu le droit à leur petite mise en scène made in Canal, mais hier soir personne n’a pu égaler la performance génialissime de François Damiens. D’ailleurs, pour une fois, la salle ne s’y est pas trompée et a beaucoup ri. En revanche, Elie Semoun n’a pas paru au top de sa forme avec son petit sketch sur les dessinés animés qui inaugurait la nouvelle catégorie « films d’animation », déjà pas terrible. J’ai aussi beaucoup apprécié la prestation de Jean-Paul Rouve avec « sa mère ».

[La vidéo n’est pas terrible, mais a le mérite d’exister. Vous la trouverez en mieux ici.]

Euh par contre, je me suis crue un instant aux NRJ Music Awards quand Tomer Sisley est venu remettre un César accompagné de l’actrice Virginie Efira. Je n’associe pas encore la présentatrice de « la Nouvelle Star » avec le terme « actrice », de mon côté.
Dans le même registre, il était peut-être prématuré de balancer la Miss Météo Maison sur scène pour remettre un César…

Antoine De Caunes a été absolument fabuleux en maître de cérémonie et j’ai adoré la façon féroce dont il a esbigné notre politique nationale et internationale. Sa performance en ouverture, dans un registre très « oscars » sur la façon dont il avait été choisie pour présenter la soirée, m’a également beaucoup plu.
Mais tout ceci donnait un peu l’impression qu’on cherchait à en mettre plein la vue à l’invité d’honneur, un américain comme toujours, car la fête du cinéma français n’est jamais complète sans une vraie star venue des States, Quentin Tarantino. Alors évidemment, j’ai adoré qu’un énorme phoque fasse son apparition sur scène pour saluer la présence dans la salle du réalisateur culte, mais à la fin comme je l’indiquais en préambule j’avais envie que les surprises s’arrêtent, même si l’orchestre pour le millième césar était vraiment drôle, tout comme le chèque remis à son bénéficiaire, qui semblait toutefois un peu mal à l’aise.

Jolie soirée, bon maître de cérémonie, et je n’oublie pas le très émouvant meilleur espoir féminin, qui aurait du vérifier que sa robe tenait avant de la choisir cependant…

Et le César de la meillleure présentation de cérémonie est attribué à…

Impossible hier soir de passer à côté de la soirée de l’année, non pas les NRJ Music awards présentés avec brio par Nikos, mais les Césars animés par Gad Elmaleh et Valérie Lemercier…

Ces deux là se succédaient presque à eux-mêmes puisqu’il ont fait partie de la liste prestigieuse des maîtres de cérémonie de l’émission depuis que Canal plus a repris la franchise, qui compte également Edouard Baer ou Alain Chabat. Depuis que l’esprit canal souffle sur les Césars, on sait qu’il se passera forcément quelque chose d’amusant durant la soirée et que de toute façon on ne s’ennuiera pas.

Tout a pourtant assez mal débuté avec le discours heurté, poussif et répétitif de la plus américaine des actrices françaises, Marion Cotillard, promue présidente d’honneur de la soirée, sous les yeux de Charlotte Gainsbourg qui faisait franchement la gueule. Je ne maîtrise pas la filmographie de Marion Cotillard mais du peu que je l’ai vue dans les émissions télés, je ne suis pas sensible à son aura. Elle semble désormais maîtriser aussi bien le français que David Charvet en plus…

Fort heureusement, la cérémonie officiellement ouverte, les deux maîtres de cérémonie ont pris le relais. Après une danse endiablée, qui n’égalera pas dans mon cœur le numéro de Valérie Lemercier sur Zook Machine, qui restera à jamais culte, les deux compères se sont lancés dans un formidable numéro de stand-up, absolument hilarant, nous épargnant une allusion au Docteur Delajoux qui aurait mis tout le monde franchement mal à l’aise. En revanche, la blague sur « LCL » qui tournait une publicité dans le voisinage privant ainsi la soirée de ses têtes d’affiche m’a fait hurler de rire.

Par la suite, le jeu entre les deux comparses et les remetteurs de récompenses, dont Virginie Efira, ce qui m’a fait halluciner, a plus ou moins bien fonctionné. Le problème de cette ambiance gaguesque dans laquelle un ours affublé d’un sac Chanel a quand même traversé la scène, c’est qu’on ne sait jamais où commence la blague et où démarre le sérieux. Ainsi, je n’ai toujours pas compris, parce que j’ai beaucoup zappé mais j’y arrive, si l’intervention chantée de Jeanne Balibar était supposée être drôle ou pathétique.

Oui, j’ai beaucoup zappé car sur France 2, en slalom de snowboard, un français a réussi a décroché une médaille, essentiellement parce que Nathalie Simon ignorait jusqu’à son existence. Puis j’ai tenté de regarder le slalom spécial pour voir notre représentant national échouer à quelques marches du podium. Mon beau-père qui est plus fort que les spécialistes du service public m’avait indiqué plus tôt dans la journée que Julien Lizerou pouvait faire un podium ou échouer à la quatrième ou cinquième place, bien joué Beau Papa ! Quant à Patrick Montel, il s’est chargé du 30 kilomètres, pardon « 30 bornes », ski de fond femmes exaspérant la pauvre consultante au bord de la dépression nerveuse déjà après 15 jours de biathlon et de ski nordique.

En revenant sur canal +, j’ai vu la robe de Laetitia Casta et l’ensemble du triomphe du Prophète. Je n’ai pas écouté Isabelle Adjani qui a prononcé un discours visiblement trop long et qui a du mal à se hisser sur scène. En revanche, j’ai beaucoup aimé que l’espoir masculin de l’an dernier qui n’était pas présent lors de la précédente cérémonie reçoive son césar à retardement et remercie Christine Albanel.

Ce duo mérite vraiment des éloges et je suis heureuse que Han Solo ait reçu un César.