Les mystères de l’amour, une série qui porte vraiment bien son nom

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Hier, j’ai donc regardé « Les mystères de l’amour » histoire de me convaincre que cette histoire entre José et Nicolas n’était pas un mirage collectif. Il a bien fallu se rendre à l’évidence, les deux grands amis ont bien couché ensemble pour de bonnes raisons en plus. Bénédicte est effectivement insupportable et je veux bien croire qu’elle a les pieds froids et Nicolas a eu le cœur brisé par Jeanne, qui s’est étrangement tirée avec Jimmy, ce qui est vraiment une humiliation de taille pour le guitariste du groupe. Et puis, coucher avec son meilleur ami, sans avoir bu une goutte d’alcool, juste parce que sa copine est un petit peu chiante, et que les filles sont toutes « des chiennes », c’est normal, presque logique, et surtout pas du tout traumatisant. 

 Enfin sauf pour les téléspectateurs apparemment…

A la limite, je n’ai même pas envie de revenir sur l’invraisemblance du propos, ni sur son bien-fondé, les scénaristes, enfin le scénariste, y’en a-t-il vraiment un d’ailleurs…des « Mystères » semblent nous envoyer un message clair, désormais tout peut arriver, Annette et Monsieur Girard ont couché ensemble, Nicolas et José aussi, on peut difficilement envisager pire – en dehors d’un plan à trois Hélène, Laly, et Giant Coucou…

 Je constate juste, en voyant le dégoût unanime provoquer par ce rebondissement, que le téléspectateur a du mal à supporter qu’on fasse n’importe quoi avec ses héros d’enfance. Les séries AB ont eu beau de jamais avoir été très bien jouées, ni très réalistes, ni forcément toujours de bon goût – les filles, comme dans le Miracle, préparent toujours le petit déjeuner pour leurs amoureux volontiers infidèles – on ne badine pas avec le destin d’Hélène et de ses compères. C’était déjà limite que Nicolas et Hélène vieillissent – enfin Hélène ne vieillit pas, elle se ringardise – et aient une vie amoureuse indépendamment l’un de l’autre.

 Il faudrait peut-être aujourd’hui enlever la garde des personnages AB aux personnes qui conçoivent le Mystère de l’amour. Vraiment…

Indignée

NT1 a arrêté sans préavis la diffusion des « filles d’à côté » le soir à partir de 19H30. J’imagine que la chaîne agit ainsi pour mon bien, afin de m’amener à retrouver peu à peu le chemin de la normalité télévisuelle. Ce sevrage brutal pourrait pourtant me mener vers les pires extrémités : visionner la saison 2 des Mystères de l’amour le samedi sur TMC. J’imagine que si les producteurs de la série ont remis la main sur Philippe Daubigné, le héros mythique de la « philo selon Philippe », ils peuvent bien aller chercher Magali, Fanny, ou même Vincent.

En attendant, je suis en manque de formidables conciliabules à la salle de sport, de décomptes du nombre de serviettes par Gérard, de stratégies diaboliques de Marc pour sauter l’une des filles d’à côté, de l’accent transgénique de Daniel, du jeu improbable d’Adeline la ferme célébrités m’a tuER Blondieau, des moqueries faciles et gênantes sur le physique de Georgette Bellefeuille…

Ouais, en fait, il était temps d’arrêter, je vous confirme.

Les nouvelles filles d’à côté par vsn

Desperate housewives made in France

En ce moment, j’ai une consommation télévisuelle très inhabituelle. Pour une raison que j’ai du mal à m’expliquer, j’ai essentiellement envie de regarder « les filles d’à côté » que NT1 rediffuse tous les jours vers 20 heures.
J’avais oublié, certainement parce qu’à l’époque je me croyais trop bien pour la série, qu’à un moment, en dehors de Claire, toutes les filles d’à côté avaient quitté la série pour être remplacées par Karen Cheryl, que nous ne devons plus appeler ainsi un peu comme Prince, et une autre dame que tout le monde a oublié depuis. Dans cette saison, que j’imagine être l’ultime de cette excellente fiction, Adeline Blondieau, à l’époque probablement Hallyday, fait sa première apparition mémorable avant de devenir une star du petit écran en campant la chanteuse / avocate / patronne de hara de « sous le soleil ». A partir du moment où Adeline débarque dans la série, tous les mâles, y compris Gérard et le fils hideux de Claire, tombent amoureux d’elle malgré ses sourcils et ses longs cheveux noirs destinés certainement à l’heléniser (je n’ai pas fait de faute d’orthographe à helléniser, je vous rassure).

Vous allez me demander ce que j’apprécie dans les «filles d’à côté ». Je peux vous répondre que ce n’est pas l’accent germanique (???), ni le physique de Daniel. La propension d’AB à se doter d’acteurs à accent improbable a été souvent évoqué par l’excellent site de la sitcomologie et reste un grand mystère pour moi. Ce n’est pas non plus la cohérence ou la vraisemblance des intrigues. Je continuerai à me demander longtemps pourquoi Daniel ne fout pas dehors ce pique-assiettes de Marc avec pertes et fracas et pourquoi les filles d’à côté adulent un faible qui se laisse sucer le sang par un pauvre type.

Il y a un charme désuet dans « les filles d’à côté » lié aux tenues totalement improbables des filles. On peut se gausser des années 80, les 90’s n’étaient guère mieux. La semaine dernière, Claire portait un tee-shirt blanc sans soutien-gorge et à l’écran on pouvait découvrir la physionomie exacte de ses seins. J’aime également que la série mette en scène une femme obèse totalement idiote et réputée laide sans que ça n’ait semblé effleurer l’esprit de personne à l’époque que ça puisse être totalement impolitiquement correct.

Devant « les filles d’à côté », je débranche mon cerveau moribond avec beaucoup (trop) de plaisir, au point que je me range à l’idée que Gérard est asexué et qu’Adeline est sexy.

Un samedi (télévisuel) de folie !

Aujourd’hui, le Dieu de la télévision a décidé de m’offrir une journée de folie, certainement pour me récompenser d’avoir vécu une semaine professionnelle infernale et d’avoir encaissé bravement le désert télévisuel du début d’année.

Pour vous donner une image sur ma semaine, j’ai un peu eu l’impression d’avoir battu le monstre final particulièrement retors d’un jeu vidéo au terme d’heures, de jours, voire de semaines de souffrance pour le voir soudain ressusciter sous mes yeux plus puissant que jamais (pour les amateurs de jeu vidéo, je l’ai vécu en arrivant au bout du bout du donjon aux cent étages de Mario Paper Game Cube et en me faisant laminer par l’ultime dragon).
Je me suis sentie comme les combattants français et américains de l’atterrant remake de Godzilla de la fin des années 90 quand ils réalisent qu’ils ont battu la mère monstre mais qu’elle a pondu des tas d’œufs de godzilla juniors, sauf que moi je ne savais pas que je n’en étais qu’à 1h30 sur deux heures de films et je ne pouvais donc pas me préparer à un ultime combat dantesque.

Bref, je mérite la journée de télévision qui s’annonce.

Elle débute à 10H50 avec du ski sur France 2. J’adore le ski à la télévision et on n’en voit quasiment jamais à moins d’être abonné aux chaînes sportives. Classiquement, les commentateurs vont nous annoncer qu’un illustre inconnu mais français va s’élancer sur la piste, et il terminera bon 18ème ou chutera avant l’arrivée, alors qu’il était grand favori…de France 2. Les journalistes sportifs intervieweront à nouveau en fin d’émission le sélectionneur national qui sera bien obligé de reconnaître nos lacunes dans la discipline.

On s’échauffe avec le ski, car la journée télé de rêve prend toute sa mesure à 16h45 avec « les mystères de l’amour ».

Etrange de faire du come-back des amis d’Hélène, un événement, d’autant que pour avoir essayer de me taper « les vacances de l’amour » ou même « la baie des flamboyants » sur France ô, ces productions sont conceptuellement nulles. Je n’ai jamais été fan non plus d’Hélène d’ailleurs. Mais voilà, ils reviennent, toute la petite bande est réunie à nouveau. Ils ont tous pris un méchant coup de vieux et même Cricri d’amour, qu’on croyait pourtant rangé de AB production, est de l’aventure. Vont-ils oser reformer les couples du passé ? Aborder des problématiques du XXIème siècle ?
Je vais, de mon côté, rajeunir, d’au moins 15 ans, et me souvenir de ma première devant « le Miracle de l’amour ». Je suis même capable d’être émue.
Pour vous remettre à niveau, avant d’aborder cette nouvelle fiction, je vous conseille d’aller réviser sur le site dédié.

A journée télé exceptionnelle, final en feu d’artifice, puisque TF1 retente l’aventure « danse avec les stars » et là j’en appelle à la mémoire de mes lecteurs : Je suis sûre que la chaîne a déjà tenté le coup et qu’il s’est soldé par un bide retentissant. Les deux premières dans mon souvenir mettaient en scène des vedettes qui dansaient avec des anciens star académiciens, dont Sofia déjà à l’époque et Lukas, mais je peux inventer. Je ne sais plus si j’en ai fait un post ou pas, et si c’est le cas, je demande aux personnes qui ont récemment exploré mes archives – et oui ça existe, et ça fait plaisir des fois – si elles se souviennent d’un tel billet.
L’émission est déjà annoncée comme un (nouveau) bide par les experts et son casting n’est effectivement pas faramineux – Marthe Mercadier pour les seniors, Bigard pour les bofs quadras, André Manoukian pour la caution intello, M Pokora pour les jeunes et Adriana pour les vrais mecs – mais je trouve le concept vraiment marrant et je ne bouderai pas mon plaisir si c’est aussi sympa que je l’imagine.
 
A demain pour le débrief de cette journée de folie !

Edit de 11h02 : TF1 a bien essayé en 2005 de lancer un premier « danse avec les stars », la preuve dans ce billet.

Le Top 7 des meilleures séries AB

Mon ami l’enfant du placard, dont ce n’est pas le vrai prénom et qui n’a absolument pas vécu dans le placard sous l’escalier à l’instar d’un célèbre sorcier durant son enfant mais, qui, en revanche, a bien été privée des programmes télés que, de mon côté, j’ai pu dévorer grâce à des parents étrangement laxistes à ce sujet, m’a mise récemment au défi de lui concocter des classements pour l’aider à briller en société et parfaire sa sous-culture. J’ai décidé de débuter cette démarche par un top consacré aux meilleures séries AB. Cette hiérarchisation est évidemment totalement subjective et exclut « le miel est les abeilles », je vous préviens tout de suite.

7) « Salut les Musclés »
Alors certes cette histoire de vieux garçons qui vivent en colocation et jouent à l’occasion les tombeurs est extrêmement mauvaise, mal jouée et tout ce que vous vous voulez, mais sans « les musclés » ni « premiers baisers », ni Hélène, car c’est grâce à Framboisier, l’oncle de Justine que nous avons pu croiser les Girard et leur formidable descendance.
Mon Musclé préféré demeure Rémy, qui était de loin le plus normal de la bande.

6) « Le collège des cœurs brisés »
Cette sitcom, proposée dans mon souvenir en fin de « Club Dorothée » le mercredi, est l’une des plus anciennes des fictions AB. Son sujet était, il faut le reconnaître, ambitieux : des amoureux transis qui ont eu le cœur brisé comme l’indique le titre de la série suivent des cours dans un établissement particulier pour tenter d’oublier leur grande passion. Oui, c’est débile, mais tellement délicieusement kitsch avec ses « j’oublie, tu oublies… » et cette série a, en plus, révélé Hélène de Fougerolles, ce qui est un argument fallacieux, je le reconnais. En outre, les mêmes décors auraient pu servir pour un téléfilm érotique de la TNT ou de M6.

[Une série tellement bonne que des fans ont réalisé des petits montages mettant en scène leurs personnages cultes…]

5) « L’école des passions »*
J’ai découvert cette formidable série grâce à France 4 assez récemment et je dois reconnaître que même si j’ai pesté comme une dingue sur la nullité du propos, je n’ai pas pu m’empêcher de la regarder. Elle met en scène des apprentis comédiens et se veut formidablement culturelle. Alors évidemment, comme le soulignerait Jennifer si on lui en laissait l’occasion, « y’a comme un hic », car on reste sur de la fiction AB et que AB et Culture, ça sonne comme un formidable oxymore. Autre immense os, les apprentis comédiens jouent comme des patates. Mais pour le plaisir de revoir, le Sébastien de Laly en professeur charismatique comme une chaussette, on pardonne beaucoup à « l’école des passions ».

[Philippe est un prof de philo tellement formidable, qu’il peut faire annuler une colle et qu’il connaît Cathy, transfuge d’Hélène et les garçons, qui a réussi à décrocher son CAPES malgré des séjours trop fréquents à la cafét’.]

4) « La philo selon Philippe »
Comme « l’école des passions », la « philo selon Philippe » est une sitcom tardive d’AB et on sent bien la quête de sens qui a prévalu à sa création. Philippe Daubigné « Philippe » pour ses élèves filles et « Daubigné » pour les garçons blasés, enseignent la philo’ dans un lycée. Toutes les filles à la vanille sont amoureuses de lui et tous les garçons le jalousent en le respectant toutefois. Dans chaque épisode, la leçon de philo du jour a un rapport avec l’intrigue, un formidable tour de force scénaristique. Je ne retiens de cette série que son nom, excellent, « la philo selon Philippe » car le prof de philo est charismatique comme une endive et que personne ne se souvient d’un seul des protagonistes de la sitcom, dix ans après.

3) « Hélène et les garçons »
Véritable et très curieux phénomène de société, « Hélène et les garçons » est aujourd’hui encore une série culte. De mon côté, je me souviens, qu’en terminale, bien que blasée, j’ai forcé ma meilleure amie de l’époque à regarder la première du « miracle de l’amour », l’expérience de colocation menée par Hélène et ses amis. Bon, on connaît toutes et tous l’histoire, même toi enfant du placard. Hélène, Laly et Johanna partagent la même chambre d’étudiant et croisent des garçons, musiciens, qui répètent à longueur de journée dans un garage des fins de morceaux. Quand elles ne discutent pas dans leur chambre de leurs problèmes de nanas, les filles vont à la cafét’ boire des menthe à l’eau, du jus d’orange ou du soda en espérant y croiser les garçons. Bref, c’est le néant. Mais moi j’étais amoureuse de Manuella à l’époque et du coup, même si je m’en cachais, je regardais bien trop souvent.

2) « Les filles d’à côté »
J’ai déjà écrit ici que cette série était formidablement avant-gardiste. Aujourd’hui, les seniors, les quinquas et les quadras se mettent à la colocation. Dans le cas des filles, récemment divorcées, elles choisissaient d’habiter ensemble pour se reconstruire. Elles ne pouvaient pas savoir qu’elles allaient tomber sur un maniaque, Marc, le voisin fou, qui squatte chez son ami photographe Daniel et qui veut à tout prix se taper les filles d’à côté, n’importe laquelle et n’importe comment. Daniel est, lui, le fantasme des filles, qui ne sont pas rebutées bizarrement par son effrayant accent germano-suédo-écossais. Mais « les filles d’à côté » compte également le très ambigu sexuellement Gérard, qui n’est pas gay du tout malgré ses manières efféminées puisqu’il est amoureux d’Adeline, future Caroline de « sous le soleil », dont j’étais aussi amoureuse à l’époque.

     

1) « Premiers baisers »
Sans « les Musclés » pas de « premiers baisers » et sans « premiers baisers » pas d’Hélène, la grande fille falote aux cheveux filasses est en effet la sœur de Justine, l’héroïne de cette sitcom géniale. Bon, je dois admettre que j’adorais « premiers baisers » avant même l’arrivée de Virginie Désarnauts dans la série. Je n’ai donc même pas d’excuse pour être fan à ce point. Je ne sais pas, la série devait me parler avec ces histoires de bisous du bout des lèvres, de mononucléose, de super méchante cruelle, de flipper, de cafét’…

[NDLA : Sans un petit lien vers l’excellent site de référence sur les séries AB, sitcomologie, ce post ne serait pas complet. Je tiens toutefois à souligner que leur point de vue sur Virginie Desarnauts est très regrettable.]

Mon nouvel ordre télévisuel

Ce soir, c’est « Koh Lanta » et c’est vraiment la première chose que j’ai du dire au réveil à ma moitié. Je le vais le signaler souvent dans les semaines à venir mais cette émission de télé-réalité est vraiment ma favorite de toutes…ce genre de remarques pourrait inviter à un classement mais là pas du tout. Depuis que je suis en pré vacances – je continue à travailler en refusant poliment toute nouvelle mission sous des prétextes évasifs ce qui fait que j’ai quand même pas mal de temps devant moi et que de toute façon je procrastine – je regarde encore plus que d’habitude la télé en journée. Comme ma femme travaille, elle, je peux me jeter devant mon petit écran le matin…Avec ce nouveau rythme de vie, je remercie chaque jour la déesse TNT d’être entrée dans ma vie et j’ai un peu changé de chaînes favorites sur ce réseau. En ce moment, je regarde essentiellement en journée TMC, France 4 et surtout NRJ 12.

Le matin, j’attaque avec « Hélène et les garçons ». NRJ 12 qui a déjà récupéré « Friends » a mis la main sur la deuxième série la plus culte des années 90. Ce qui me frappe en regardant ce fleuron de la production AB, c’est que finalement, ce n’est pas tellement si pire. Quand on compare « Hélène et les garçons » à ce que France 2 avait désigné comme le « Friends » à la française, « le Groupe », la série des années 90 paraît limite géniale. De toute façon, force est de constater que « le Groupe » a tout piqué en moins bon à Hélène et ses compagnons. Ainsi la relation conflictuelle entre Johanna et Christian a été complétement copiée pour aboutir au même type de liaison entre Barbara et Jérémy.
Pourtant si Nicolas, José et les autres pointent à l’ANPE, Jérémy, Barbara et les amis ont tous rebondi dans le show bizz. Mais tel n’est pas le sujet.
En ce moment, je redécouvre les tous premiers épisodes de la série culte, ceux qui comptent encore le casting de base : Etienne, Cricri d’amûr, Johanna, et Cathy.
Entendons nous bien quand je m’accorde à trouver généreusement la série « pas tellement si pire », je me cite dans le texte, je ne crie pas non plus au génie. Les intrigues sont risibles et la série se résume à son titre puisqu’elle raconte littéralement les aventures d’Hélène et de garçons. Hélène et ses copines ont trouvé trois amoureux à la cafét’. Occasionnellement, elles vont en fac. En général, elles passent leur existence à la cafét’ à boire des jus d’orange, du sirop, des sodas ou des diabolos quelque chose. Comme elles ne travaillent pas, quand trouveraient-elles le temps d’ailleurs puisqu’elles sont à la fac, à la cafét’ ou avec les garçons au garage, je me demande qui sont les malheureux qui financent leurs frais de boisson démentiels. Les pauvres parents Girard doivent être sur la paille… Les garçons, eux, vont aussi à la fac, flirtent avec les filles à la cafét mais en plus ils ont une activité artistique, ils forment un groupe sans chanteur qui joue les mêmes morceaux à longueur de journée.
Comme ça évidemment ça n’a l’air de rien, mais dans les années 90 la série est devenue un phénomène de société et Hélène une idole.
Devant le vide intersidéral, certes parfois distrayant de l’ensemble, on peut se poser plein de questions à ce sujet. Je n’ai aucune réponse sensée à apporter, je l’avoue.
Hélène est gentille, c’est à peu près à ça que se résume son caractère. Dévouée, elle n’hésite pas à annihiler des années de féminisme en proposant à Nicolas de recoudre la poche trouée de sa veste bleue, grand mal lui en prend d’ailleurs parce qu’elle trouve la lettre d’une autre dans sa poche. Drame vite dénoué quand elle apprend que la veste appartenait au préalable à son frère, *applaudissements hystériques du faux public soulagé*.
Pas de quoi casser trois pattes à un canard, des personnages fades qui correspondaient certainement à certains canons de l’époque, des intrigues insipides et des dialogues indigents, pourtant c’est étiqueté culte et moi je regarde tous les jours.

Sur France 4, je me délecte de « c’est comme ç@ » le genre de séries qui a justement du être vendu par France 2 comme l’anti « Hélène et les garçons » pour preuve il y a un beur dans le casting. « C’est comme ç@ » aborde plein de thématiques complexes : l’homosexualité féminine, la mort prématurée, la criminalité adolescente… Mais l’ensemble est à peu près aussi toc et ringard qu’« Hélène et les garçons ». Il faut dire que le réalisme de la chambre d’étudiantes des copines d’Hélène – nickel chrome – n’a rien à envier à celui des existences des héros de « c’est comme ç@ », l’un des ados est auteur de bd déjà publié et partiellement célèbre, une autre vit dans son propre appartement avec un mec qu’elle a trouvé mignon, le beur de service est champion de kart et apprenti DJ, le petit minet de la bande se tape sa prof de philo qui ne remet jamais en cause leur relation alors que tout le lycée ou presque est au courant.
La seule différence avec « Hélène et les garçons », c’est que les héros ne sont pas très gentils les uns avec les autres et sont profondément antipathiques pour le téléspectateur.
C’est nul, qu’importe je n’en manque pas un épisode.

Fort heureusement je redresse parfois la barre avec « Spin City » qui sent pour moi les vacances. Canal + qui diffusait jusque là cette antique série sur le staff du maire de New York la programmait en effet souvent en bouche-trou durant la période estivale. France 4 en balance 4 épisodes par jour, dont 2 rediffs, dans un ordre complétement aléatoire. A ma grande surprise, hier, Michaël J Fox qui était le premier bras droit du maire avant qu’il se découvre très malade a repris la vedette à Charlie Sheen qui l’a remplacé.
Là pour le coup, je n’en manque pas un mais j’en suis heureuse.

TMC a épuisé les « Hercule Poirot » et nous balance désormais des « Miss Marple », qu’importe je continue à prendre les épisodes en cours et à les apprécier pour l’ambiance. D’ailleurs, si les aventures du Détective belge se déroulaient à la fin des années 30, celles de la vieille dame perspicace se situent dans l’immédiat après guerre et sont aussi très intéressantes de ce point de vue. On y découvre ainsi la nouvelle place des femmes dans la société, un peu à la manière de « Ronde de nuit » de cette chère Sarah Waters.

Je conclus ce panorama TNTesque avec mon grand bonheur d’hier soir, le visionnage du début de la « Bachelorette » saison 2 avec Meredith recalée du « Bachelor » dan le rôle titre. Parmi les 25 concurrents qu’on lui présente, tous des tafioles qui recherchent la mère de leurs enfants et chialent à moitié quand Meredith ne leur file pas de rose à mettre à leur boutonnière, il y a essentiellement des grands bruns carrés, avec une mâchoire à angles droits et un cou plus gros que leur tête (il faut le voir pour le croire). J’admire Meredith qui s’y retrouve parmi ses prétendants, pour moi elle est la victime d’une attaque de clones.

Ah oui, quand même un mot sur la TNT qui ne crée rien décidément et recycle tout, quand on allume NRJ 12 qu’on zappe sur France 4 ou TMC, on a vraiment l’impression de regarder la télé dans les années 90.

La nuit, je stresse et AB me sauve

[EDIT DE 21 HEURES : la sirène qui nous a réveillées en plein nuit et comme j’habite à 500 mètres à vol d’oiseau de cet endroit, je plains sincèrement les riverains !]

Toulouse est une ville formidable et très peu stressante.
Alors que je dormais d’un sommeil réparateur pur récupérer des trois matchs perdus en une journée par trois fraais dans le tournoi de Roland Garros, je suis tirée de mon sommeil par une sirène. Comme avec ma moitié, nous « lostons » en ce moment à un rythme effréné, nous sommes légèrement stressées. « Lost » n’est pas une série reposante du tout pour les nerfs. La sirène me réveille donc et ne s’arrête pas. Comme je sens mon rythme cardiaque monter en flèche et que j’en suis déjà à faire des associations aussi sympathiques que sirène = alerte = risque chimique et/ou nucléaire = nuage radioactif et/ou toxique = suffocation = mort imminente…, je décide de réveiller ma Moitié, qui dort « comme un plot » (©Laure du « Loft 1 »), pour partager ces merveilleuses inquiétudes avec elle.
A ce stade du récit, il faut que je vous signale avec un ton approprié *lourd de sens* que j’étais à Toulouse le 21 septembre 2001, ce qui a laissé quelques séquelles.
Je signale donc à ma moitié assez fort qu’il y a « un bruit », j’en suis à penser que je vais mourir dans le quart d’heure mais j’opte toutefois pour un joli euphémisme pour la tirer du sommeil. Je lui fais vite part de mes inquiétudes quand même et nous décidons d’ouvrir les volets pour voir s’il se passe quelque chose dans la rue (farandoles, scènes de liesse ou au contraire de panique…) mais non elle est déserte complétement. Nous nous apercevons simplement que le veilleur de nuit (???) du bâtiment d’en face se brosse les dents à cette heure tardive.
Après moult tergiversations, je décide d’appeler les pompiers ou la police. Comme le 17 me raccroche deux fois au nez sans même daigner prendre mon appel – note pour plus tard : si j’ai un problème de sécurité en pleine nuit, je suis mal – je m’en remets aux courageux soldats du feu et malgré ma culture amerloque je ne compose pas le 911 mais bien le 18. Je me désole poliment de les déranger à cette heure impromptue et je leur signale que j’habite à « … » et là la dame me coupe en me disant « c’est pour une alarme, la police s’en occupe ». Elle me raccroche au nez avant que nous ayons pu débattre de la dangerosité du phénomène.

Un peu rassurées mais pas trop, nous décidons avec ma Moitié de nous calmer devant la télévision. C’est ainsi qu’à 1h37 du matin, nous tombons sur la rediff de la semaine dernière du « reportages » consacré aux familles nombreuses, ce qui tombe bien puisque c’est une de nos passions. Ensuite, je zappe sur les chaînes infos de la TNT, des fois que l’alarme soit mondiale et que nous nous apprêtions à tous mourir et en zappant je tombe sur TMC sur « les filles d’à côté » première saison avec le casting de filles originel. J’en oublie ma sirène, mon stress et ma probable mort imminente.

En regardant cette fabuleuse série AB avec ma femme, datée de 1993 quand même, nous avons constaté que Dorothée avait un flair inouï pour les sujets de société. Dès 1993 donc, elle évoquait la colocation, bien avant « Friends » ou « How I met your mother » mais surtout, originalité suprême, cette colocation impliquait des personnes d’un certain âge. Aujourd’hui, plus un sujet de reportage sur le pouvoir d’achat sans qu’on évoque ces adultes plus ou moins jeunes qui travaillent mais qui n’ont pas les moyens de se payer un logement décent et préfèrent donc vivre en colocation. Les filles d’à côté sont touchées de plein fouet par ce phénomène. Pour habiter dans un immeuble de standing, qui compte quand même une salle de sports assez bien agencée, elles sont obligées de vivre à trois dans un appartement avec leurs enfants respectifs. Chez les garçons sans qui les filles d’à côté n’existent pas, ce n’est guère mieux. Ce pauvre Daniel, un faible de classe internationale, vit avec le velléitaire Marc, qui apparemment ne travaille pas et vit à ses crochets avec pour unique projet de séduire les fameuses filles d’à côté.

Plus généralement, en redécouvrant le fabuleux jeu d’acteur de Bradley Cole alias Daniel, je me suis demandé pourquoi les séries AB tenaient ABsolument à mettre en scène des personnages exotiques avec un accent à couper au couteau.

Souvenez-vous de Lynda Lacoste, tellement brillante intellectuellement que pour ne pas trop l’égarer, on l’avait prénommée « Lynda » dans les épisodes d’ « Hélène et les garçons », du « miracle de l’amour » et même « des vacances de l’amour », dans lesquels elle jouait. Plus tard, cette brillante jeune femme a réalisé la meilleure interview jamais vue à ce jour de Mylène Farmer qui se demande encore si c’était du lard ou du cochon. Après tout, tout le monde brûle de savoir si *accent indéfini* – a priori australien – « c’est dur de danser avec des talons » ou si Mylène a viré après sa mémorable chute de 1996 qui lui a valu d’avoir le poignet abîmé le danseur responsable de son accident.
Je viens d’apprendre en lisant wikipédia que Dorothée avait permis à Lynda de « starting over » en l’embauchant sur IDF1.

J’évoque Lynda mais je pense également à Suzie et Suzon, qui ne manquent pas une occasion de venir raconter sur les plateaux télé ce qu’elles sont devenues après « premiers baisers » et « les années fac » alors que leurs rôles n’ont vraiment marqué personne. Je me souviens simplement qu’elles échangeaient les garçons, ces polissonnes, et qu’elles récupéraient ensuite leur chewing-gum respectif dans la bouche de l’un ou l’autre. Ce qui me rappelle irrémédiablement l’épisode culte où tout le monde a la mononucléose sauf Annette parce qu’elle n’est pas allée à la piscine *rires et jingle* !
Suzie et Suzon devaient être reliées comme Lynda de part leurs origines supposées australiennes aux sœurs Girard qui ont vécu, je crois me souvenir mais Pierre me le confirmera à un moment en Australie.

Mais les personnages à l’accent improbable que je préfère chez AB sont définitivement Jimmy et Cynthia qui ne peuvent tous les deux pas camoufler leurs origines nord européennes. Cynthia a une carrière tellement florissante que je l’ai aperçue une fois à « la roue de la fortune » où elle n’avait pas gagné un kopeck. Jimmy a, quant à lui, selon wikipédia repris l’entreprise familiale en Suède.

N’étant pas spécialiste, loin de là, de la production AB, je ne cite que ces quelques exemples, et je me dois de signaler qu’encore une fois les équipes de Dorothée étaient en avance sur leur temps, le succès une décennie plus tard de « l’auberge espagnole » a confirmé l’attrait de la jeunesse pour les mélanges culturels.

[Sinon, en pleine nuit sur TMC, il n’y a de la publicité que pour les sites de charme, après « TOP Q », je n’invente rien, « Sexx » avec deux x et « chaud », quand l’alarme s’est enfin arrêtée, nous avons préféré terminer notre nuit.]
[Je sais, je vous vois, vous savez, que j’ai des lecteurs toulousains. Si quelqu’un sait d’où venait l’alarme et pourquoi elle sonnait, n’hésitez pas à me faire part de vos observations !]