La saison de trop, mais vraiment de TROP pour Fais pas ci, fais pas ça

Hier soir, j’ai fait un mash-up entre « Top chef » sur M6 et « Fais pas ci, fais pas ça » sur France 2.

J’avais regardé le premier épisode de mon ex série française préférée sur Internet ce qui m’a permis de regarder le début de « Top chef ».

Contre toute attente, je continue à bien aimer cette saison. Je me suis presque habituée aux commentaires à la bouche des chefs. Comme si ceux des trois coachs ne suffisaient pas, Jean-François Piège, ex juge du concours, est, à son tour, venu parler façon « Car glass » ou débrief des Anges en voix off. Les émission télé ont inventé une nouvelle intonation horripilante, mais à laquelle on se fait, c’est ainsi.

L’épreuve de la boîte obscure reste amusante. Les chefs doivent reconstituer un plat qu’ils ont dégusté dans le noir. Pour pimenter un peu l’émission, elle compte son candidat horripilant, David, qui porte une toque alors que personne ne lui demande et qui fait des mimiques de psychopathe quand on le contrarie.

J’ai ensuite zappé l’épreuve du poulet/patates pour voir la suite de l’ultime saison de « Fais pas ci, fais pas ça ». J’ai lu partout que les producteurs et les acteurs ne voulaient pas faire la saison de trop. J’aime bien ce gentil manque de lucidité. Ils ont fait la saison de trop, il y a déjà quatre saisons. Il y a eu un peu de mieux vers la 6 dans mes souvenirs, mais la huit était totalement calamiteuse. Là, on continue la descente aux enfers.

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On va faire simple : Les Lepic et les Bouley n’ont strictement plus rien à nous raconter.
Ils sont rincés.

Nous étions restés sur l’improbable association des deux mères de famille dans un projet autour du macramé. L’entreprise est devenue florissante, mais Fabienne n’a plus d’idées et Valérie est hystérique comme d’habitude. C’est un paradigme de « Fais pas ci, fais pas ça », quoiqu’il arrive Valérie est hystérique et Denis, placide.
Denis, justement, a ouvert un food-truck bio, qu’il ne veut pas voir prospérer, car il est de gauche.
Renaud compose, lui, avec ses actionnaires asiatiques, ce qui suscite la jalousie de Fabienne.
Alors, bon, je suis une puriste de la série, mais je me souviens qu’il était allergique aux nems, ce qui lui avait épargné une mutation en Chine, il y a longtemps, et dans l’épisode 1 de la saison 9, il en mange. Bonjour la cohérence scénaristique.
Du côté des enfants, Soline, Tiphaine, et Christophe vont bien, on ne s’en fait pas pour eux, mais la pauvre Charlotte a été plaquée par sa meuf et mange des chips.
J’allais oublier le ressort comique autour d’Eliott, qui devient centriste. Ses convictions politiques étaient rigolotes dans la saison une, quand il s’affirmait comme un sarkozyste convaincu face à ses parents bobos. Là, le running-gag tombe juste à plat. Allez, ok, on va dire qu’un centriste de 18 ans, c’est rigolo. Mais, juste pour la forme.

Voilà, ça nous fait la matière pour deux épisodes bien lourdingues sans véritable conclusion avant, procédé scénaristique de dingue, un saut dans le temps de cinq ans la semaine prochaine. Bon, si les Américains l’ont fait (« Les Frères Scott », « Desperate housewives »), nous devons en être capables, mais ça sent quand même le truc bien raté.

Je ne comprends pas, et là ça m’agace vraiment, qu’une série qui trouvait sa valeur ajoutée et son comique dans la mise en avant du quotidien de deux familles aux convictions opposées, mais aux valeurs communes, en soit venue à juste proposer des intrigues aussi abracadabrantes;  limite stupides. Et puis surtout, ce n’est pas drôle.
Il suffit de regarder la première saison pour voir tout ce que « Fais pas ci, fais pas ça » a perdu. Je ne reviens pas sur la saison de trop. Au final, on en vient à ne plus aimer les Lepic et les Bouley. Pire, j’en viens à ne plus aimer du tout Fabienne.

 Ohhh, oui, tu m’énerves, Fabienne !

Quand je suis revenue sur « Top chef », les recalés des premières épreuves devaient réaliser une coque craquante avec une surprise à l’intérieur, soit à peu près un challenge du « Meilleur pâtissier ». Comme M6 se fout de la gueule du monde en calant la dernière publicité avant le nom du candidat éliminé, je suis allée me coucher sans savoir et en m’en fichant éperdument.

Top chef revisité façon The Voice, ça donne quoi ?

J’avais arrêté « Top chef » avec l’arrivée du nouveau jury et la nouvelle mouture. Ce rendez-vous du lundi m’avait lassée avec le temps, devenu bien trop long et plus assez appétissant…

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J’y suis finalement revenue hier probablement par réflexe pavlovien : un programme culinaire, le mercredi, c’est associé pour moi à mon émission préférée le « Meilleur pâtissier », donc pourquoi pas.

Je ne regrette pas mon choix. Je n’ai presque pas été tentée de zapper. Et si hier, j’ai fini par aller me coucher, j’ai regardé la fin aujourd’hui en replay.

Bon, en vrai, je ne suis pas sûre de poursuivre, car, je crois, que c’est surtout le process de recrutement de la brigade façon « The Voice » qui m’a séduite.

Pour cette nouvelle mouture, les trois membres du jury ont dû piocher parmi un panel de candidats pour composer une brigade.
Trois épreuves leur ont permis de choisir leurs poulains. La production n’a pas poussé l’expérience jusqu’à faire goûter à l’aveugle toutes les réalisations. Seuls les candidats recalés lors des trois premières étapes ont vu leur plat déguster ainsi lors de la dernière chance.
Les chefs ont choisi leurs poulains sur la base de leurs réalisations et aussi un peu, il faut bien l’avouer, sur leur apparence et leur répondant. Ainsi, Michel Sarran a passé la soirée à recruter pour son groupe les plus fortes têtes, et il a été bien déçu d’opter, lors de l’épreuve de la dernière chance, cette fois-ci à l’aveugle, pour le candidat le plus lisse. On a bien compris qu’il visait la jolie et émotive chef à domicile, qui aurait pu faire mannequin.

Comme dans « The Voice », quand les chefs se sont arrêtés sur un même « talent », c’est lui qui a pu choisir son coach.

Il y a eu quelques bons moments dans la soirée, comme celui où un candidat a proposé de faire un carpaccio chaud à l’immense stupeur des chefs, qui en ont conclu qu’il cuisinait un steak. C’est un peu comme le gaspacho avec les gros haricots rouges, un chili con carne donc (celui qui saisit la référence gagne un carambar).

J’ai bien aimé aussi la séquence où un pauvre cuisinier s’est tailladé le doigt et s’est mis à pisser le sang. Le malheureux gars a eu mal et a tenté de baisser les bras. De guerre lasse, Chef Etchebest est venu le réconforter en lui racontant son Vietnam, cette fois où il s’était coupé la main durant un concours et où il a continué malgré tout pour devenir meilleur ouvrier de France.

Je retiens aussi la pauvre chef à domicile, qui a pleuré en voyant les chefs et est tellement émue à l’idée de participer à l’émission qu’elle ne leur a rien servi au final.

« Top chef » garde des côtés horripilants. D’abord, l’émission est toujours bien trop longue. Pour optimiser les parts de marché, M6 fait comme tout le monde en détachant la dernière partie.
L’épreuve de la dernière chance est désormais indépendante, elle l’est probablement depuis deux saisons, mais ça ajoute une heure à une émission déjà bien trop délayée.
Le deuxième point, que je n’ai pas digéré dans la nouvelle formule et qui continue, c’est la manie de faire commenter à la bouche par les chefs ce qui se passe à l’écran. Ils jouent comme des patates, et pour cause ce n’est pas leur métier. Ca passe à peine dans « Cauchemar en cuisine » et là il faut se fader deux commentaires indigents de plus.

Quant aux épreuves, elles n’ont plus le charme d’antan. Faire des pâtes sans pâtes pourquoi pas, mais revisiter le bœuf carottes ou leur demander de faire couler le cœur de n’importe quoi, bof…

Bon, et puis « Top chef » demeure « Top chef », c’est sur un hasard qui fait drôlement bien les choses que Philippe Etchebest qualifie finalement in extremis le candidat qu’il a recruté lui-même en parcourant la France pendant des mois dans « Mission top chef ». Ca aurait fait désordre si son poulain avait été éliminé après seulement un pauvre prime.

Je tenterai la semaine prochaine de voir si le fonctionnement en brigade me sied. Pour le moment, je n’y crois guère.