L’usure du Quotidien

« [Les soirées] se suivent et se ressemblent, quand l’amour fait place au quotidien. On n’était pas faits pour vivre ensemble. Ca ne suffit pas toujours de s’aimer bien... »

J’avais arrêté Le Plus en étant très enthousiaste, un peu trop peut-être, pour Quotidien, l’émission journalière de TMC. (Vous avez vu comment j’évite la répétition, l’air de rien ?)

Un an après, le bilan est plus mitigé.
La lassitude du Quotidien me guette.

En même temps, c’est parfois dur de se renouveler et comme je déteste le changement, c’est compliqué de me surprendre agréablement.

J’ai demandé à une autre adepte de l’émission pourquoi la mécanique était cassée, voilà notre analyse.

1- Les invités
Ce sont globalement toujours les mêmes personnes qui sont conviées périodiquement dans l’émission. Acteurs, chanteurs, journalistes ou chroniqueurs. Frédéric Beigbeder semble avoir pris un abonnement. J’attends que Charlotte Le Bon, qui est visiblement une bonne copine de Yann Barthès, revienne pour nous présenter un film / une série / une expo… Ca fait au moins deux mois que son joli minois n’est pas apparu dans mon écran.
Alors certes, l’émission continue à accueillir les stars internationales qui font baver les autres programmes, mais bon ça ne casse pas la routine. Et surtout, ça donne vraiment une impression désagréable de copinage.

2- Les interviews
Yann Barthès a quand même réussi en l’espace d’un mois à créer un malaise immense sur son plateau en sortant des photos de personnes décédées de l’entourage de l’invité. Une fois avec Charlotte Gainsbourg, c’était déjà trop, la deuxième fois avec Nawell Madani, c’était carrément indécent. Et surtout, Yann, rebondis, enchaîne, putain mais fais quelque chose…
Globalement, les interviews poussives de l’animateur me mettent mal à l’aise. Il laisse les invités flotter allègrement avec des questions qu’ils ne comprennent parfois tout simplement pas. Tout le monde n’est pas Catherine Deneuve.

3- Les chroniqueurs
Entre ceux dont je ne perçois pas immédiatement l’intérêt et ceux qui se renouvellent peu, je m’ennuie. Camille Crosnier me manque. Panayotis Pascot presque, pour vous dire. Bon, pas encore Hugo Clément, il ne faut pas non plus exagérer. En revanche, je suis immensément fan d’Azzeddine Ahmed-Chaouch, qui réussit à être toujours drôle et pertinent. Je crois aussi qu’après une année 2017 très politique, je sature du président, du gouvernement, de l’opposition…

4- Les pastilles humoristiques
C’est là que je zappe en général. Jonathan Lambert ne m’arrache jamais un sourire et pour cause je suis déjà partie sur M6. Je ne regarde pas non plus les sketchs de Camille Lellouche. Je sauve Nora Hamzawi que je sens pourtant presque au bout du rouleau. Panayotis en vient vraiment à me manquer. Quant à Vincent Dedienne, il reste le point fort de l’émission, mais il faut qu’il fasse attention à ne pas devenir la caricature de lui-même, non ?

5- Les rubriques récurrentes
En général, je suis déjà partie en quête d’une émission à regarder en prime pour lundi-mardi-mercredi-jeudi-vendredi Transpi. J’ai mal pour Etienne Carbonnier qui ne sait plus quoi raconter. Je sauve sa chronique Canap’ et encore.

6- La musique
Bon, là, je suis ailleurs. Je suis rarement fan du groupe pop-rock du moment déjà numéro 1 en Angleterre. Je suis vieille, je suis ringarde.

7- La longueur
C’est le péché majeur des deux talks concurrents : terminer à 21h30 pour gagner la bataille des audiences. Je n’en peux plus de cette guéguerre de la durée, qui ne fait gagner aucune émission en qualité.

Du coup, vers 19 heures, je suis en général devant Les coeurs brisés de NT1 ou les voyageurs de Friends trip. Au delà de 20h30, je file sur M6. Et surtout, je zappe beaucoup.
Mais bon, jamais je ne retournerai à Touche pas à mon poste. JAMAIS ! Et je continue à suivre d’un oeil Quotidien. Usée, mais pas encore vraiment lassée.

 

Désintox

Je viens de mettre fin à une relation de presque six ans.
C’est dur, je sais qu’il y aura des rechutes, que j’aurais envie de la revoir, mais il le fallait pour mon équilibre. Elle me rendait irritable, parfois presque aigrie, et puis j’étais vraiment trop vieille pour ces conneries.

Je peux presque officiellement le dire, ça fait deux jours que j’ai arrêté « Touche pas à mon poste ».
Une semaine officieusement.

Benjamin Castaldi n'est pas plus fort que toi !

J’ai expliqué très bien ici pourquoi l’émission avait raté sa rentrée selon moi. J’avais tenu avec Mathieu Delormeau (et pourtant ça a parfois été compliqué), Gilles Verdez et Enora Malagré. Mais Cauet et Capucine Anav, ça a été le coup de grâce.

« Touche pas à mon poste » me fait parfois un peu penser à « On a tout essayé » de Laurent Ruquier. L’émission était mon rendez-vous hebdomadaire de bonne humeur en deuxième partie de soirée le mardi. Les chroniqueurs se lâchaient et les sujets étaient drôles. Le passage en quotidienne a sonné le glas de mon intérêt pour l’émission.

Je pense que j’attendais un produit de substitution efficace, quelque chose qui me tienne entre 19 heures et 21 heures sans grande tentation de zapper.

Les Chtis et les Marseillais contre le reste de l’univers ont été un premier palliatif plutôt agréable. Oui, pour lutter contre une émission que certains trouvent débile, j’ai eu recours à pire encore. Il me fallait certainement un traitement de choc. Je me suis passionnée, et je me passionne encore, pour les rapprochements entre Jessica et Nikola et pour le triangle amoureux entre Kevin, Fidji et Florian. Ce dernier peut se consoler, Fidji a quitté le jeu avant de céder à Kevin, qui lui préfère finalement Hillary-des-Chtis.

Ensuite, j’ai eu un peu « Secret Story ».

Depuis lundi, je m’essaie à « Quotidien ». Alors je ne dis pas que l’émission de Yann Barthès est parfaite. Je n’ai jamais été une fan inconditionnelle du « Petit Journal », et je n’adhère ni à l’humour d’Eric et Quentin, ni à celui de Panayotis, même si je reconnais qu’il est drôlement chou. L’émission est parfois un peu molle. Bon je dis certainement ça parce que la musique ne hurle pas, que personne ne danse, et que les jeux sont inexistants.

Cependant, le programme se laisse regarder. Ce n’est pas hystérique, c’est souvent drôle, ça parle de politique comme j’aime – je suis la cible, en bonne bobo-gaucho – et c’est quand même intelligent.

Il ne suffit pas de placer une écrivaine qui cite Michel Houellebecq sur un plateau pour élever le niveau, et bien parler de médias ne consiste pas à descendre en flèche les animateurs ennemis (Christophe Beaugrand ne mérite pas ça, il a du talent) ou les émissions rivales.
Ce sont les « dérives » de « Touche pas à mon poste », qui m’ont éloigné de l’émission. Plutôt qu’un grand plateau, j’aurais préféré un retour aux fondamentaux.
Cerise sur le gâteau, l’émission du vendredi, qui était celle que je regardais avec le plus de plaisir parce que l’équipe B était sympathique, a été supprimée.