Moins 10%

Je viens de me rappeler apparemment que j’avais un blog sur la télé, depuis treize ans, que je néglige depuis cinq ans.

Il faut dire que l’heure est grave : 10% m’a amèrement déçue.

Avant le démarrage de cette deuxième saison, je m’étais dit qu’il y aurait bien un connard pour venir dire qu’elle était moins bien que la première, par principe et par esprit de contradiction. Je ne m’attendais pas vraiment à être cette connasse.

Je ne partage pas du tout, mais alors pas du tout, le concert de louanges des critiques avertis sur cette deuxième saison. Je crois que ça s’appelle le phénomène Fais pas ci, fais pas ça. Il n’existe pas, je l’invente. En gros, quand une série française est bonne et fonctionne, il devient impossible de la dénigrer, même devant l’évidence de son déclin.

[ATTENTION, SI VOUS N’AVEZ PAS ENCORE REGARDE TOUS LES EPISODES DE LA SAISON 2, CE BILLET COMPTE DES SPOILERS]

 

Le premier épisode de la saison 2 ne m’avait pas renversée, loin de là. Le deuxième m’avait un peu calmée, plus drôle, plus enlevé, avec des dialogues qui font mouche. Mais, hier, 10% m’a perdu avec trois fois rien : Andréa Martel, la lesbienne la mieux des séries depuis Bette de The L Word, couche avec son patron et ex camarade du collège. Bon, je suis fermée sur le sujet et je sens bien que mon point de vue ne fera pas l’unanimité, mais pour moi, bêtement, une lesbienne, ça ne couche pas avec un mec. Du moins, les lesbiennes font bien ce qu’elles veulent dans la vraie vie, mais j’aimerais qu’elles évitent dans les séries, quand elles sont jolies, assumées et que leur présence à l’écran fait du bien à ma cause. J’ai mis assez longtemps pour faire comprendre à mes parents que non je ne reviendrai pas sur le droit chemin, je n’aime pas trop qu’une série vienne remettre en cause tous mes efforts. Je ne parle même pas des conséquences sur les gens un peu bas de plafond qui pensent que les filles qui aiment les filles sont en gros mal baisées.

Je ne suis pas demeurée, je comprends bien le propos défendu par les scénaristes. En couchant avec son envahissant patron, Andréa « Marteau » Martel entend reprendre le contrôle sur lui et le dominer.
Ca ne me plaît pas plus. Je trouve ça même carrément naze, si vous voulez le fond de ma pensée.

Je vous rassure, ce n’est pas le seul problème que m’ont posé les épisodes d’hier.

La première saison mettait en scène avec légèreté les aventures des guests. La deuxième les met au second plan certes, mais les utilise grossièrement. Virginie Efira et Ramzy remettent en cause l’équilibre économique de l’agence avec leur brouille. Julien Doré drague la copine de Gabriel, ce qui le rend bien malheureux. Isabelle Adjani est là pour faire plaisir aux créateurs de la série surtout et achève de couler Matthias.
Les stars ne sont plus la petite touche qui apporte un plus à la série, mais le gros moins qui la plombe.

Andréa 2

Bon heureusement, les acteurs restent formidables. Camille Cottin est à tomber. La déchéance de Matthias est touchante et la prestation de Noémie est renversante. Hervé est fabuleux.
Mais, je trouve que la mayonnaise ne prend pas entre leurs problématiques et la présence des stars.

Andréa

Les deux épisodes d’hier soir sonnaient le glas de la belle entente entre les agents d’ASK et j’avoue que je suis à deux doigts de me désintéresser totalement de leur avenir.

 

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Fais pas ci, fais pas ça, voilà c’est fini

Voilà, c’est fini. « Fais pas ci, fais pas ça » a tiré sa révérence et c’est certainement mieux comme ça.

Pour les deux derniers épisodes, la série a refait un bon de cinq ans dans l’avenir pour arriver en 2027. Pas de voitures volantes à l’horizon, mais un gouvernement écologique dirigé par le Président Nicolas Hulot, qui a proscrit le diesel, impose un tri draconien des ordures et surveille la consommation d’eau. Cette vision de l’écologie me fait penser à celle de mes parents et ce n’est vraiment pas un compliment.

En 2027, les Lepic et les Bouley sont fâchés à cause de la chose terrible qui est arrivée à Kim, leur petit-fils. Je vous tue très vite le suspense. Le petit n’est finalement pas le fils de Christophe. Si, jusque-là, vous n’aviez pas compris que les scénaristes n’aimaient vraiment pas Thyphaine, vous en avez maintenant la confirmation. Il faudra revoir la saison de la conception de ce divin enfant, qui mêlait le sang des deux familles, afin de vérifier si c’est plausible. En tout cas, la fille de Valérie a trompé Christophe, ce qui a désuni les deux familles. Mais, bizarrement, ce sont quand même les Lepic qui ont la garde du gosse.

Charlotte, bien que lesbienne, est devenue le portrait de sa mère. Elle a enfanté et cuisine du fourzitou. Il doit y avoir un message de tolérance un peu balourd derrière ça.

Soline continue de se rebeller en n’ayant pas d’enfant, ni de mec. Bon…

Eliott, qui avait de si belles ambitions, en est réduit à vivre chez ses parents. Comme le contexte social de 2027 n’est pas très bien posé, j’ignore si c’est parce que la crise est partout et ne l’épargne pas. Il est responsable de la mise en abîme vraiment pas utile de la série, puisqu’il crée la BD « Fais pas ci, fais pas ça », qui s’inspire des aventures de ses parents et de leurs voisins.

Voilà, vous savez tout…

La fin se traîne mollement sur deux épisodes dans lesquels Valérie et Renaud se rapprochent histoire d’avoir à raconter quelque chose, et où Fabienne et Denis font de même. En 1981, Valérie et Renaud ont failli flirter et concrétisent cette brève idylle en 2027. Ils ne s’étaient jamais aperçus avant qu’ils s’étaient déjà rencontrés.

L’idée des flash-backs aurait été certainement bien meilleure, que celle du flash-forwad pas très bien maîtrisé.

Je vais être honnête, cette fin compte deux scènes très touchantes.
Dans la première, les enfants échangent sur leurs parents et c’est vraiment émouvant de les retrouver « au naturel ». Cette scène aurait été tout aussi bien en 2017.
La deuxième fait écho à un épisode de la première saison. Soline a toujours l’impression d’être la mal-aimée des Lepic et est émue aux larmes quand elle apprend que son père a baptisé un robinet de luxe à son nom.

Le grand tort de la série a été, selon moi, de sacrifier le destin des enfants pour mettre toujours en valeur les parents. Certes, Valérie Bonneton était fabuleuse en Fabienne Lepic, mais elle a finalement un peu cannibalisé Fais pas ci, fais pas ça.

Les intrigues se sont taries aussi.

Cette dernière saison conclut une série qui a tellement perdu ces dernières années. Le succès a vraiment nuit à « Fais pas ci, fais pas ça » et c’est dommage.

Et puis comment bien finir sans Tata Soso…

Comment les scénaristes de la série ont-ils pu rater à ce point le final de Fais pas ci, fais pas ça ?

Je regrette presque d’avoir choisi de regarder « Fais pas ci, fais pas ça » en direct hier, plutôt que « Top chef », qui avait quand même l’air bien mieux.

Nous sommes donc en 2022, soit cinq ans après 2017. Les enfants ont grandi et les parents toujours pas.

Je vais être honnête tout de suite, si le premier épisode de la soirée (le troisième de la saison) était à peu près supportable, le deuxième en Inde était ennuyeux au possible et rarement drôle. Les scénariste se sont fait plaisir avec un trip Bollywood, mais ils auraient franchement dû nous épargner ça.

Ce qui pose problème, outre le vide scénaristique abyssal, c’est le destin que les scénaristes réservent à leurs personnages.

Fabienne et Valérie ont toujours leur affaire de sacs à mains en macramé, mais le business marque le pas et elles doivent trouver une solution pour ne pas mettre la clé sous la porte. Je vous épargne la nécessité de regarder l’interminable épisode quatre pour avoir la réponse : le salut viendra de l’Inde.

Renaud fait du tennis, ce qui nous permet d’apprendre qu’il a été un espoir de la discipline. Cette révélation n’apporte rien au propos, sinon une blague sur Nathalie Tauziat qui m’a fait sourire – je dois bien être la seule.

Denis est toujours sur son projet de village écologique. De toute façon, Denis est une plaie depuis quasiment la première saison.

Pour les enfants, c’est aussi contrasté. Les scénaristes aiment bien Charlotte. Ca tombe bien, moi aussi. Devenue avocate, la petite Lepic a épousé une performeuse gentiment barrée. C’est mignon, ça passe. Christophe est antiquaire 4.0, il récupère les vieux trucs des années 2000 pour les revendre aux gogos des années (20)20. Les scénaristes n’aiment ni Soline, ni Tiphaine. La première tourne en rond depuis deux ou trois saisons, la deuxième est quasiment zappée en 2022. Quelle idée aussi de la transformer en fliquette. Eliott, lui, va se marier avec une Indienne, ce qui mène les deux clans en Inde. Bon…

Valerie BONNETON - Timothee KEMPEN HAMEL, petit enfant

Mais le pire, c’est vraiment Lucas. Le mignon petit blondinet craquant que sa maman déposait à la crèche en le tenant par une jambe est devenu un parfait abruti, qui ne se nourrit intellectuellement que de vidéos postées sur le web et qui rêve de développer son appli à base de pets.

Valérie Bouley résume parfaitement le destin des enfants Lepic dans le quatrième épisode : une punk à chiens, une goudou et un débile.

Je suis sans doute vieux jeu, mais je reste persuadée qu’en respectant ses personnages, on respecte les téléspectateurs devenus fans de la série.

Là à la manière de « How I met your mother » au hasard, « Fais pas ci, fais pas ça » gâche neuf saisons d’une série excellente à la base et devenue passable à la longue.

Je me mets en mode Cam de « Modern Family » pour me demander si j’ai vraiment envie de voir la suite en 2027 la semaine prochaine ? Ai-je envie ? Vraiment ?…

lepic (1)

Non, mais il faut mettre face à cette purge, alors je serai au rendez-vous.

Mon zapping de la semaine

J’ai décidé d’inaugurer une nouvelle rubrique dans ce blog. Elle durera ce qu’elle durera mais comme tous les programmes sont accessibles en replay désormais, ça peut être sympa de partager avec mes quelques lecteurs ce que j’ai aimé à la télé cette semaine, mais aussi les trucs les pires bien évidemment.

No offence

Lundi soir…
J’ai vraiment eu une jolie surprise avec la nouvelle série anglaise de France 2, « No Offence ». Je m’attendais à un polar glauque dans la lignée du pas terrible « The Fall » ou de l’excellent « Broadchurch », mais « No Offence » ne ressemble à  rien de ce que je connaissais. C’est drôle et tragique à la fois, hyper féministe, et un peu glauque quand même.
Rien que pour les personnages féminins, et surtout l’extraordinaire chef de la police, je recommande cette série et c’est ici

Inutile de souligner que France Télé craint à mort en proposant quatre épisodes d’un coup, hein ?

En vrai, j’ai hésité des heures entre cette série et le Bachelor sur NT1, mais j’ai bon espoir de tomber sur une rediff ou de m’ennuyer suffisamment pour tenter le replay.

Mardi soir…
Je n’ai pas regardé « Nouvelle Star » parce que l’émission a commencé à minuit et que les interventions de Joey Starr me crispent. Le télé-crochet est focalisé sur le nouveau juré, ce qui agace visiblement les autres mâles et indiffère Elodie qui n’est jamais vraiment là. En plus, les candidats chantent tous de la même façon des airs calibrés pour plaire dans cette émission.
En revanche, j’ai été scotchée par « Infrarouge », l’émission de France 2 avec un reportage sur la police toulousaine. France 2 propose des programmes formidables le mardi en deuxième partie de soirée. Je ne reviens même pas sur « 21 jours » que je ne manque désormais plus jamais….
Donc si vous voulez voir des policiers plus ou moins patients et flegmatiques recevoir des appels de gravité contrastée, je vous recommande chaudement de cliquer

Mercredi soir…
J’ai regardé Maison à vendre pas de quoi se vanter, mais j’ai aussi vu Ricardo des Anges déclarer : serrer la main à un champion du monde est quelque chose qui m’émUt.

La suite de la semaine si elle vaut le coup dans un prochain billet, je préfère poster sans attendre de me trouver 1000 excuses pour ne pas le faire.
Je sens que j’aurai forcément quelque chose à dire samedi sur Koh Lanta.

 

 

Modern family

J’ai passé une plutôt bonne soirée devant le démarrage de la sixième saison de « Fais pas ci, fais pas ça ». Pourtant en apercevant la dernière image du générique, quand Fabienne hurle « à table », j’ai été prise d’une soudaine et irrépressible bouffée de nostalgie. Même si la série est loin de démériter actuellement, nous sommes quand même bien loin de la première saison, plus drôle, plus mordante, et plus réaliste surtout.  Je conseille à tout le monde de visionner la séquence où Fabienne fait les courses de rentrée dans un hypermarché et s’emporte sur la prof qui exige un improbable format de cahier apparemment inexistant, et comme je suis presque parfaite, vous la trouverez dans la vidéo qui suit.

Image

La série était bonne quand elle dépeignait le quotidien de deux familles aux modes d’éducation totalement dissemblables. Elle s’est perdue quand les Bouley et les Lepic se sont croisés et quand les intrigues ont cessé de concerner le quotidien.

A l’époque, Fabienne me surprenait. A l’époque, Fabienne me faisait rire. Aujourd’hui, Fabienne demeure Fabienne et elle m’arrache juste un sourire.

Bon, il reste de très bonnes répliques et je ne boude pas mon plaisir, mais quand même…

« Fais pas ci, fais pas ça » peine à faire évoluer ses personnages. Je prenais l’exemple de Fabienne, car elle demeure la meilleure, quand elle se rêve par exemple en Angela Merkel, mais Renaud, tout attachant qu’il soit, ne bouge pas. Valérie demeure hystérique, Denis velléitaire, Eliott, atterré par ses parents à 9 comme à 15 ans, Typhaine aussi tête à claques que sa mère, et Christophe, apathique à engouffrer ses marrons suis’ (attention placement de produits).
Soline, au second plan, parle peu et pourtant elle semble avoir un sacré potentiel. Je ne parle même pas de sa sœur, qui est donc lesbienne, comme je l’avais imaginé, il y a bien longtemps.

Quant aux intrigues, les personnages continuent de se chercher professionnellement comme depuis le démarrage. Renaud redevenu numéro 2 des robinets Binet subit à nouveau un petit chef pénible. Valérie n’en peut plus de la communication.  Denis est coach…

Quant aux guests, elles demeurent problématiques. Les américains savent les intégrer, ici elles sont un peu plaquées, à l’exception notable d’Isabelle Nanty dans les saisons précédentes. L’apparition de Mémé du Gers, Marthe Villalonga, n’est pas franchement nécessaire. J’attends de voir ce que va donner Zabou en héritière Boréa’l (Boréal….).

Bref, je jette un regard un peu blasé sur « Fais pas ci, fais pas ça », certainement aussi parce que tout le monde parle aujourd’hui de la série, alors qu’elle était bien meilleure quand personne ne la regardait.