Les dossiers de POC

Pendant les vacances de Noël, j’ai regardé un film vraiment de circonstance : Le prix du danger ! Si vous n’en avez jamais entendu parler, c’est un long-métrage dangereusement actuel. A l’époque, il évoquait les dérives de la télévision et devait sembler diablement pessimiste. Aujourd’hui, il me parle juste de demain et il fait bizarrement écho aux révélations récentes de certains anciens candidats de Secret Story.

prix

Pour ceux qui me connaissent, mon leitmotiv pour regarder n’importe quoi à la télévision, et spécialement la télé-réalité, a toujours été : ils savent ce qu’ils font et ils connaissent les règles. A l’exception des premiers Lofteurs et de ceux qui ont essuyé les plâtres dans de nouvelles émissions, je suis toujours partie de l’idée que les candidats savaient où ils mettaient les pieds.

C’est un peu ce que pense Gérard Lanvin, le héros du Prix du danger.
Le Prix du danger, c’est le nom de l’émission qui pulvérise les audiences dans un univers parallèle ou un futur proche.
Elle met en scène une impitoyable chasse à l’homme. Durant un prime de quatre heures, les téléspectateurs suivent la traque d’un candidat dans les rues de la capitale. Quatre chasseurs, des personnes lambdas animées d’un sérieux désir de tuer, sont à sa poursuite. A la clé, si le candidat survit, il peut empocher une énorme somme d’argent. C’est d’ailleurs ce qui motive les futurs victimes pour candidater. Dans cette époque très, très loin de la nôtre, le chômage est au sommet et l’argent se fait rare. Les candidats se bousculent donc pour participer à ce programme suicide en espérant survivre.
Sauf que les dés sont pipés dès le départ. Le candidat n’a aucune chance de s’en tirer. Les cyniques producteurs (Marie-France Pisier formidable et Bruno Crémer) s’en assurent. Gérard Lanvin l’apprend à ses dépens. Il va mourir, les téléspectateurs veulent du sang. C’est ainsi. La course à l’audimat l’impose. Il pense pouvoir saboter le programme de l’intérieur en agissant selon « ses » règles, mais il se trompe lourdement. Il est déjà trop tard.

Et quand la malheureuse victime court dans les rues de Paris avec les chasseurs à ses trousses, des gens lui disent d’ailleurs qu’il a bien voulu ce qui lui arrive…

 

Ce film m’a vraiment fait réfléchir, d’autant que sa fin est un modèle du genre. On s’attend naïvement à un happy-end, à la rédemption de la fabuleuse Marie-France Pisier, qui a créé le programme et qui semble avoir des remords. Mais au contraire, elle promet encore plus de violence et de sang pour les prochains numéros sous les hourras du public.

Les dés pipés, la production qui orchestre tout, les candidats victimes du système…
Ca résonne avec l’actualité du moment, non ?

Je vous recommande si vous avez l’occasion de visionner ce film.

Bon, je vous rassure. J’y pense et puis j’oublie. Je m’affale devant La villa des coeurs brisés, ma télé-réalité coup de coeur du moment, tout en sachant très bien que tout est surjoué, que les scènes de dialogue entre les protagonistes ont été calées par la production, comme les scènes d’hystérie des candidats… C’est un soap ! C’est un jeu !

Et je me pose surtout la vraie question : si demain une grande chaîne de la TNT proposait Le prix du danger, est-ce que je regarderais ? J’aimerais penser que non…

Cet été…

Après m’être dépensée en juillet, j’ai occupé mon mois d’août avec des loisirs d’intérieur.

J’ai lu La servante écarlate.
Mon premier réflexe après avoir terminé ce bouquin a été de souhaiter l’offrir à tout mon entourage. Je me suis vue en une Emma Watson diffusant à mon échelle ce grand roman dystopique.
J’ai eu plus envie de lire le livre que de regarder la série. Et, pour le moment, je vais en rester là.
Que dire…
Alors, j’ai entendu les critiques : c’est lent, c’est un peu ennuyeux au début… Plus je vieillis et plus j’aime les choses lentes et ennuyeuses.  J’ai adoré le dernier Sarah Waters par exemple. Mais, l’intrigue est portée par ce rythme. La vie de l’héroïne est loin d’être palpitante, elle est répétitive, angoissante à cause de ce vide, qui convoque les souvenirs pas si lointains.  On comprend par petites touches progressives ce qu’est devenu notre monde (enfin les Etats-Unis) et quel est le rôle de cette femme. J’aurais aimé ne rien en savoir pour que la surprise soit totale et encore plus révoltante.
Bref, je recommande à tous et à toutes la lecture de La servante écarlate.

Chanel

J’ai regardé Scream Queens saison 2.
Attention série à prendre au 192ème degré. Scream Queens est un slasher totalement décalé, qui met en scène Chanel et les Chanels, les membres d’une sororité qui ne jurent que par la beauté et l’argent. La série a été créée par Ryan Murphy, qui poursuit son exploration du mauvais goût après Glee. Cette deuxième saison compte toujours Jamie Lee Curtis, Emma Roberts, Lea Michele (Rachel de Glee) et ma nouvelle chouchoute Billie Lourd, la fille de Carrie Fisher, auxquelles viennent s’ajouter en guest John Stamos (Oncle Jessie de La Fête à la maison) et le loup garou de Twillight (Taylor Lautner).
Bon, je recommande la série aux Xenniaux geeks qui ont aimé Scream, qui ont supporté Glee, et qui aiment Jamie Lee Curtis depuis Un poisson nommé Wanda. En vrai, je ne la recommande pas vraiment, parce que je crois que les gens m’en voudraient de leur avoir infligé ça. Mais, bon, c’est spécial, mais intéressant. Pour poursuivre l’exploration de l’oeuvre de Ryan Murphy, je m’essaie à America Horror Story.


L’hommage de Billie Lourd à sa petite maman.
J’ajoute que je suis Xenniale, parce que son discours me fait pleurer à chaque visionnage et que je craque complètement quand elle déclame la tirade enregistrée par Leia sur R2D2

J’ai regardé Ferris Bueller en VO.
Quand j’étais petite avec mon meilleur ami, nous avions trois films cultes : Une créature de rêve, La folle journée de Ferris Bueller, et Gremlins.
Je n’avais pas revu Ferris Bueller depuis mes 8 ans et ça a été une révélation. Dans les années 80, on savait faire des films légers, mais qui recèlent un petit fond intéressant.
Première chose, Ferris Bueller révèle un acteur qui n’a pas vraiment transformé l’essai par la suite, Matthew Broderick. Il est probable que son visage angélique ait mal supporté la vieillesse. Bon, il a quand même été l’Inspecteur Gadget au cinéma.

Deuxième élément intéressant, le film est drôle. La mobilisation de la ville pour sauver Ferris d’une maladie totalement imaginaire est hilarante. Elle apparaît par petites touches souvent au second plan.
Enfin, le film est plus profond qu’il ne semble au premier abord. Bon, je me fiche un peu du rapport du meilleur pote de Ferris avec son papa. En revanche, j’aime beaucoup que ce gamin me dise que parfois il faut savoir s’arrêter pour regarder un peu les choses, sous peine de passer à côté.
Je recommande aux non Xenniaux, qui, du coup, ont pu passer un côté d’un joli film. Je déconseille aux grincheux.

J’ai lu et vu d’autres choses. Je vous en parlerais peut-être par la suite.