Cyril Lignac contre attaque, POC aussi…

Cyril Lignac s’est auto-proclamé le Jamie Oliver français. Comme son illustre modèle, il était parti, voilà un ou deux ans, en guerre contre la malbouffe dans les établissements scolaires, fustigeant dans un premier temps de pauvres cantinières qui gavaient nos chers têtes blondes de purée en flocon, puis à la poursuite des vilains lycéens qui préfèrent manger sur le pouce que s’attabler pour déguster les repas concoctés par un cuisinier revêche rétif aux conseils du chef parisien.

Après ce premier combat – l’histoire ne dit pas si les enfants des écoles primaires où Cyril est intervenu mangent mieux et si les lycéens ont de meilleurs repas dans leur self – Cyril décide de reprendre son bâton de pèlerin de l’alimentation saine et de s’attaquer, cette fois-ci, à une cible de taille : l’Entreprise, enfin une usine perdue dans la pampa picarde.
L’entreprise, avec un « e » minuscule, où il atterrit, est apparemment une grosse PME, qui n’est pas dotée d’un restaurant dédié à ses salariés. Les pauvres ouvriers sont donc contraints de se disperser dans leurs voitures, les environs de l’entreprise et même les locaux pour manger ce qu’ils peuvent vite fait – ils n’ont qu’une heure de pause déjeuner.
Cyril n’en revient pas de constater que le brave travailleur français s’envoie des kebabs, des américains – un steak et des frites dans du pain -, des pizzas ou des plâtrées de ravioli réchauffées au micro-onde pour son repas de midi.
« Lignac », la voix-off s’est lâchée hier, décide donc de prendre les choses en mains et de filer des cours de cuisine aux ouvriers un brin macho.
Au programme, comme avec les petits enfants, on apprend au gentil travailleur ce qu’est un légume et ce qui est bon pour lui, le sucre et le gras c’est très mal, les légumes c’est bien. Un nutritionniste, qui n’est pas le Docteur Cohen qui ne doit plus être en contrat avec M6, vient faire peur au préalable aux forces vives empâtées de la nation en leur signalant que pour la plupart ils sont tellement gros qu’ils vont crever dans les vingt ans à venir.

(Ca, c’est mal par exemple)

A la moitié de l’émission, Cyril se heurte à la mauvaise volonté des employés obèses de l’usine. Il finit donc par choisir les plus gros supposés en plus mauvaise santé pour en faire ses ambassadeurs dans la société. Il joue au préalable sur une double corde sensible, « je suis venu pour vous aider, ne me décevez pas » *musique émouvante à l’appui, du James Blunt de préférence* et/ou « vous êtes gros, vous allez mourir demain » *marche funèbre* (là j’exagère, je le reconnais).
Évidemment, tout est mal(-bouffe) qui finit bien.
Les gentils ouvriers un peu gras se convertissent à la religion du gentil Cyril et découvrent qu’il n’est pas plus difficile de cuisiner un petit repas le midi que de s’avaler un sandwich. Le brave directeur de l’usine invite même Valérie Damidot, enfin une consoeur cuisiniste, pour remettre à neuf les fourneaux en libre accès de la boîte. Les ouvriers peuvent donc désormais cuisiner une entrée, un plat et un dessert pendant leur heure de pause déjeuner après 4 heures de travail à la chaîne avant de s’en enquiller autant par la suite. Oui, on nous prend un peu pour des cons sur M6…

La semaine prochaine, Cyril ira directement sonner à votre porte pour fustiger votre alimentation dégueulasse…

Vous l’avez senti, la démarche m’agace. Je la trouve condescendante au possible et complétement vaine. Les ouvriers accueillent à raison le cuisinier parisien métrosexuel avec méfiance. Il vient leur imposer sa bonne parole sur la nourriture, certes nécessaire quand on voit l’état physique de ces personnes, mais il s’agit d’une goutte d’eau dans l’océan – la plupart des salariés français continueront d’avoir une heure pour manger et de préférer un truc rapide à un repas sain complexe à préparer dans la plupart des cas. Je ne suis même pas sûre que les braves ouvriers suivront ses conseils utiles sur le long terme. De toute façon, M6 s’en fout puisque la chaîne n’assure pas le suivi d’une saison à l’autre. A la limite, j’aurais trouvé intéressant qu’il initie les ouvriers à l’élaboration d’une « lunch box » pour ne pas dire « un bento » équilibré ou qu’ils leur apprennent plein de recettes saines de sandwichs, au lieu d’une seule….
Jamie Oliver a mené une vraie croisade, nécessaire d’ailleurs, en Angleterre contre un mal
précis, la bouffe inepte refourgué aux gamins dans les écoles du pays, allant jusqu’à rencontrer le premier ministre, Tony Blair, pour obtenir des engagements financiers de sa part pour améliorer concrètement les choses dans ce domaine.
Cyril, lui, a beaucoup de peine en voyant un ouvrier engloutir une pizza au volant de sa bagnole ou en découvrant une pauvre employée qui mange des fruits, seule, à son poste de travail, et après ?
Cette démarche paternaliste aurait un sens à la limite si le comité d’entreprise ou n’importe quelle délégation du personnel était impliqué à long terme dans la démarche, là ce n’est que de la poudre – assumée certes – aux yeux.
(Source photo : m6.fr et blogs.guardian.co.uk/)

Plus de douze heures de télé en une journée…

Comme nous étions officiellement patraques avec ma Moitié hier, nous nous sommes lancées dans un marathon télé épique.

12h10, Cyril Lignac sur M6
Nous avons commencé à midi par les aventures de Cyril Lignac et des champignons de Paris. Pour une fois, aucune recette de dessert à l’horizon et donc une grosse déception pour la téléphage sucrée que je suis… En même temps, comme le chef médiatique de la six travaille en priorité la mangue, je ne regrette pas vraiment l’absence de dessert.

[En vrai, j’ai regardé « KD2A », le matin, mais ça ne compte presque pas]

13h10, la grosse Valérie sur M6
Nous avons enchaîné avec une rediff’ des aventures hebdomadaires de la papesse de la D&Co qui a mis trop de noir et de blanc dans le salon d’une dame divorcée, enduit de beige et de taupe la chambre d’une des gamines et déliré sur le pop art dans la dernière pièce qu’elle avait à relooker. Pas de mauve, ni de sticker à l’horizon…

14 heures, un téléfilm catastroph(iqu)e sur TF1 et finalement « Miss Marple » sur France 2
Le téléfilm de l’après-midi avec un building qui prend feu sur TF1 nous a si peu scotchées que nous avons zappé sur les aventures surannées de « Miss Marple » sur la deux. L’épisode était complétement incompréhensible et j’ai préféré clore mes yeux que de le suivre. Pourtant, j’ai été comme toute bonne ado boutonneuse qui se respecte, une inconditionnelle d’Agatha Christie.

16h05, deux épisodes des « Frères Scott » sur TF1
A 16 h 05, je suis sortie de ma torpeur pour zapper sur « les Frères Scott » qui ne cessent de transiger depuis une semaine. Le premier épisode était si heureux pour tout le monde que j’imaginais déjà des catastrophes chimériques dans le second, tout aussi mièvre.
Lucas et Peyton s’aiment toujours mais la quadragénaire ne sait pas cuisiner. Pour preuve, elle sale bien trop ses cookies que Lucas finit par manger sous forme de pâte sur elle pour la punir. Brooke a détourné un « teen clean » («jeune et chaste» en français) du droit chemin. Micro, le gentil geek, a, lui, aussi dévoyé la chef scout des purs du lycée de Tree Hill. Hayley imite super bien Joey de « Dawson ». Nathan a été beaucoup torse nu dans les deux épisodes pour remercier tous les gays qui ont voté pour lui lors des « POC AWARDS ». Peyton sous acide a décrété que le beau brun était un martyr. Lucas a avoué à un laideron qu’il écrivait un roman. La pauvre Rachel a été jartée des « jeunes et chastes » car elle n’est ni l’un, ni l’autre.
J’espère que la suite réserve quelques surprises, sinon l’ennui me guette.
Bon, après une bonne nuit réparatrice de sommeil, je dois admettre que l’angle du second épisode, qui préfigure l’entrée à la fac des Treehilliens était relativement intéressant. Un prof de …, sociologie peut être, leur balance qu’ils appartiennent chacun à une caste bien définie dans leur lycée : « les sportifs », «les geeks» (traduits en « ringard », je m’insurge un peu), « les reines du bal », « les solitaires », « les friendly» (comprendre filles faciles, les garçons qui couchent sont des sportifs, le plus souvent)… Peyton qui se rêve en solitaire est « une reine du lycée », tout comme Lucas depuis qu’il a fait sa couleur.
Dans les séries américaines, la quatrième saison est souvent celle de l’entrée à la fac, le moment où la star de Sunnydale qui massacre quand même les vampires la nuit ou le Steven Spielberg de Capeside se fondent dans la masse et amorcent une grosse dépression car dans le monde des adultes, ils ne sont plus personne. Gageons que la chute risque d’être dur pour Nathan, Brooke et Rachel. Haley qui se rêve en professeur et Peyton qui se croit rebelle devraient s’en sortir. Les Frères Scott sont loin d’être très précoces, puisque ils attendent la cinquième saison pour faire le grand saut, souvent fatal d’ailleurs aux séries pour teenagers (ils ont du redoubler parce qu’ils sont plus sportifs qu’intellos).
Je ne relève même pas que le traînée du lycée, Rachel, est frigide, car l’air de rien « les Frères Scott » continue leur petite propagande pour les « jeunes et chastes », qui sont quand même vachement plus sympas que ceux qui couchent.

17h30, « sous le soleil » sur TF1
A 17h30, Jessica a admis Clara, la fille de Laure revenue de ses lubies humanitaires, dans son académie de danse en auditeur libre. Il y a donc eu beaucoup de danse et très peu de sexe. Valentine a réalisé une imitation très réussie de Céline Dion pour satisfaire Roméo Sarfati qui est quand même bien meilleur dans « une famille formidable ». L’intrigue était trop légère pour avoir un intérêt quelconque. En effet, ce que j’aime dans « sous le soleil », ce sont les jumeaux maléfiques, les frères incestueux qui tuent leur demi-sœur, les amants éconduits qui martyrisent Jessica, Laure ou Caro mais pas les chansons mièvres qui accompagnent de risibles chorégraphies même pas dignes de la carac malgré la présence du beau Lucas, qui vieillit inexorablement, mais ne sait toujours pas jouer !

19 heures, « Fais pas ci, fais pas ça » sur France 2
Le tout meilleur est arrivé à 19 heures grâce à « Fais pas ci, fais pas ça », qui s’impose décidément comme une excellente série. Aujourd’hui, les deux familles recevaient les bulletins de leurs enfants. Les Lepic étaient atterrés par les résultats de leur grand garçon et lui faisaient la morale tandis que les Bouley positivaient les notes désastreuses de leur fille pas bien douée en accablant le corps professoral.
Les Lepic sont évidemment les plus drôles. Le père qui souligne en constatant que l’élève, qui a eu une bien meilleure note que son fils en philo, a un nom à consonance africaine que la discrimination positive fonctionne déjà à plein dans ce pays, m’a beaucoup fait rire. Les Bouley s’en sortaient assez bien également ce soir en étant, bien que très de gauche, minés à l’idée que leur fille souhaite s’orienter vers un bac techno pour devenir esthéticienne. La série est grinçante, ce qu’il faut, avec des numéros d’acteurs assez époustouflants. Je conseille évidemment.
[En deux mots, parce que finalement je n’en ai jamais parlé ici, les héros de « Fais pas ci, fais pas ça » sont supposés être suivis par des caméras de télévision, ce qui explique la mise en scène très bien vue, avec des apparitions face caméra des deux couples qui réagissent aux images diffusées]

Puis nous avons fait une pause jusqu’à la finale du soir….