La reine chaton

Dans la vie, il y a deux choses qu’on adore raconter : le début d’une histoire d’amour et la façon dont on a rencontré son chat.

Comme c’est la journée internationale des chats et non la Saint-Valentin, je vais vous parler de mon amour de chat.

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Il y a un an, presque jour pour jour, je perdais mon meilleur ami à fourrure, celui qui partageait ma vie depuis 18 ans et dont je ne peux pas parler sans avoir les yeux qui se voilent. Mais je ne suis pas retrouvée seule pour autant, il me restait Scarlett dans ma vie.

Hobbes était mon pote, mon colocataire, mon assistant… Scarlett a toujours été le bébé de la famille.
Et pour cause !

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Tout a commencé sur un malentendu sur un marché : « Donne chatons siamois ! »
La raison aurait voulu qu’avec un matou dans nos vies, nous en restions là. Mais quand je l’ai prise dans mes mains, elle a agrippé ma montre avec sa minuscule patte.
Malheureusement, d’après l’éminente spécialiste des chats qui m’accompagnait, la boule de poils était assurément un garçon et pas question d’avoir un second mâle à la maison. Le premier pissait déjà assez pour deux. Je suis donc repartie le coeur lourd vers le métro en laissant le bébé aux grosses mains des passants. Quand le métro est arrivé, notre résolution a fondu et nous avons parcouru 500 mètres au pas de charge pour récupérer le petit animal, qui (spoiler alerte) nous attendait toujours.

Le chaton était siamois comme moi et surtout absolument pas sevré. Il s’est aussi avéré que notre petit mâle était une petite femelle. Ca tombe bien, nous avions un prénom féminin.

A partir de là, Scarlett a été traitée comme une princesse, ce qui a forgé son caractère, autant que son prénom. Des siamois, elle a conservé les yeux bleus et le caractère.
De son sevrage un peu prématuré, une toute petite taille.

Hobbes aurait certainement opté pour un tout autre chat. Il n’a jamais vraiment validé notre choix. Mais ils ont appris à cohabiter.

Le petit animal est câlin, collant, et sait très bien se faire comprendre. Il est aussi indépendant quand il le désire.

Scarlett a la faculté étonnante de provoquer des mégas allergies aux personnes qui comptent dans ma vie. De mon côté, je peux me rouler dans ses poils sans problème (heureusement…). Il faut dire que j’ai été élevée dans un maison renforcée à l’amiante où je dormais dans oreillers tout en plumes en reniflant de la poussière.

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Si ça t’ennuie ce que j’écris, dis le !

J’aime qu’elle vienne se coucher à côté de moi quand je travaille le matin tôt ou tard le soir. La voir dormir m’apaise.

J’aime quand elle se met sur le dos, les quatre fers en l’air pour piéger les humains naïfs qui pensent qu’elle veut un câlin, alors qu’elle aspire seulement à les saigner !

J’aime quand elle répond quand on lui parle.

J’aime qu’elle me réveille la nuit en ronronnant, même si en général je lui gratouille le ventre avant de replonger dans les bras de Morphée.

J’aime son indépendance. Elle ne supporte pas la contrainte, un peu comme sa maîtresse, et n’est pas aimable sur commande.

J’aime ses yeux bleus et sa queue rayée façon raton-laveur.

J’aime que nous ayons chacune une place sur le canapé et son regard effronté quand elle a pris la mienne. Et quand je lui dis façon Sheldon, c’est ma place, elle se déplace !

J’aime quand elle saisit le pompon dans sa bouche et le promène dans l’appartement en émettant des ultra-sons.

J’aime qu’elle reste entre les quatre murs du jardin pendant nos vacances. Ce n’est pas une aventurière comme ses maîtresses.

La vie avec un chat c’est mieux que la vie sans. J’ai un temps pensé à lui reprendre un camarade de jeu, mais je crois que je vais encore lui laisser prendre toute la place un petit moment. Ca lui réussit plutôt bien !

Destin

Quand j’étais petite, j’avais une véritable passion pour le jeu de société Destin. On se mariait, on avait des enfants, et on faisait vaguement des études en dix cases, pour ensuite avoir un métier, et surtout un salaire, et on commençait véritablement le jeu avec plein de pièges (dont avoir des enfants, deux au maximum, un bâton rose pour une fille, un bâton bleu pour un garçon). A la fin, en fonction de ses revenus, on terminait dans une jolie maison de retraite ou un taudis. Youpie !

Bon, la vie est un peu plus compliquée que ça.

Cette année, j’ai décidé de m’accomplir en prenant un chat ou en achetant un appartement. Peut-être les deux !

Si vous avez suivi mes dernières aventures, vous savez que la réalisation de mon bonheur immobilier est loin d’être un long fleuve tranquille.

Je ne dis pas que les agents immobiliers sont tous incompétents, loin de là, je dis juste que je n’ai pas eu énormément de chances avec eux jusque-là.
Pour mon dernier coup de coeur en date, j’attends toujours des réponses sur sa superficie exacte, ses charges ou sur ses qualités énergétiques.
Je pinaille, c’est tout moi.
Très petit, énormes et mauvaises seront les réponses, je pense.
J’ai peur d’apprendre qu’il a été construit sur un cimetière indien tout en amiante dès que j’aurais fait un offre.
Bon pour l’amiante, il se peut que je sois immunisée, j’ai dormi à côté de radiateurs qui en étaient nappés de 3 à 15 ans et mon père soutient encore que ça passe ! Je tousse beaucoup ces derniers temps, d’où cette mention à mon passé.

Bref, j’ai déjà du mal à prendre une décision en général, mais là il faut bien avouer que l’Univers ne me facilite pas la tâche.

Du coup, je me disais que l’autre tâche serait plus simple à accomplir.
Prendre des chatons, je l’ai déjà fait. Quatre fois exactement. La première fois ne compte pas, j’était petite, mais les trois autres fois, ça a été simple. J’ai dit : ok, je prends ce chaton et les gens me l’ont donné.
Ils s’en sont tous plutôt bien sortis.
Bon, deux sont morts. Le premier a atteint les 16 ans quand même et le deuxième l’âge vénérable de 18 ans. Et je pleure encore en l’écrivant, ce qui prouve que je suis TOTALEMENT remise. Le troisième va bien et me réveille la nuit pour que je le câline.

Si je possède bien une compétence, c’est savoir m’occuper d’un chat.

Bon, et pourtant ce n’est pas si simple.

Et là, je commence à marcher sur des oeufs. Je comprends que les refuges ne confient  pas des chats à n’importe qui sur la base de sa bonne tête. Mais j’avoue que je pensais que ça serait beaucoup plus simple de faire une bonne action.

Un samedi, je suis allée dans une animalerie du centre-ville où un refuge exposait les petites bêtes à l’adoption. Je suis repartie délestée de 10 balles et titulaire d’un magnifique calendrier de chats. Je me suis humiliée au passage en racontant à une bénévole ma vie avec des chats. Je n’ai apparemment pas su lire dans son attitude corporelle, qu’elle n’en avait rien à foutre de mes compétences chats.
Pourtant, j’avais bien vu sur le site qu’il fallait au moins disposer d’un CQP – vous googlerez, j’ai la flemme d’expliquer là – félins d’intérieur pour pouvoir adopter et que faire preuve d’une certaine motivation était nécessaire.
Dépitée, j’ai lâché l’affaire et depuis je désespère.

C’est simple pourtant.
Je souhaiterais adopter un chaton, de maximum trois mois, parce que oui, j’ai envie de profiter de son état de chaton au moins quelques mois, ce qui ne fait pas de moi un monstre qui veut arracher la petite bête à sa maman.
Mâle de préférence, parce que je pense que ça ira mieux avec le tempérament de mon monstre.
Gentil, propre, qui pourra vivre en appartement avec un tyran domestique femelle de 11 ans, et s’il est noir, ça sera le top.

Je vous promets qu’il sera le prince à la maison, la reine mère occupe le trône. Je cherche le Charles de mon Elizabeth !

Alors voilà vous vous reconnaissez dans ce profil, ou plutôt vous reconnaissez un animal de votre connaissance dans ce profil, n’hésitez pas à m’envoyer un message (poclatelephage@gmail.com).

Si vous possédez un appartement de minimum 30 m2 en dernier étage à Toulouse, de préférence central, avec des fenêtres, exposé autre chose que plein nord, qui ne suinte pas l ‘humidité, dont vous connaissez les charges de copropriété, et la superficie, idem, contactez moi (poclatelephage@gmail.com) ! Enfin surtout s’il est à la vente !

Vous êtes casteur pour M6 d’une émission qui s’appelle Le chaton est dans l’appartement ou Recherche appartement ou maison, voire Chasseur d’appart, contactez-moi  (poclatelephage@gmail.com) ! Je suis indécise, pénible et je m’emballe vite.

Vous m’aiderez ainsi à avancer de quelques cases dans mon Destin.

 

Il venait d’avoir 18 ans

Vous avez peut-être vu ce spot terrible sur l’abandon des animaux de la Fondation 30 millions d’amis. En le regardant, j’avais pleuré à chaudes larmes, tout en me disant qu’il ne toucherait que les vrais amis des bêtes et malheureusement pas les personnes visées. Ca s’est vérifié tristement.

De mon côté, si j’y réfléchis, il y a 18 ans dans quelques jours quand j’ai eu la mirifique idée d’adopter un chaton, je ne m’étais pas projetée dans une vie à 2, 3, 4 et 3 qui durerait aussi longtemps. Mes parents l’avaient certainement imaginé, eux. J’avais 23 ans et la maturité d’une fille de 13 ans. Je n’étais pas encore fixée et ils pensaient certainement qu’après mon premier déménagement, ils se retrouveraient avec un chat supplémentaire non désiré sur les bras.

Ils se sont trompés. La petite bête m’a suivie dans une cage de voyage à peu près partout (où j’allais, ce qui limite le spectre). Il a connu les quasi studios, puis les grands T3, avant de s’installer dans le centre-ville et d’être contraint spatialement comme tout le monde.

Je n’avais pas imaginé que ce grand chat de gouttière tout maigre serait à mes côtés pendant 18 ans et qu’il me manquerait autant aujourd’hui.
Vous voyez où je vous mène maintenant.

Je l’ai déjà écrit ici mais ça a été un super compagnon de vie. Alors ok, les deux dernières années n’ont pas été faciles. Le tyran domestique avait entrepris d’arroser de son urine toutes les surfaces confortables. Face à l’absence de solutions pour le maîtriser, j’ai adapté l’appartement à ses manies. Aucun fauteuil ou canapé n’étaient accessibles en mon absence, je relevais mon matelas tous les matins…

Et vous savez quoi ? Le pire ? C’est que j’aurais signé pour deux ou trois de plus sous le joug de ce pisseux pénible.

Je me rends compte aujourd’hui encore plus qu’il avait beau être pénible. Il était là. (Im)parfait compagnon.

Bêtement, je l’avais objectivé – je ne le manageais pas avec son urine, mais pour sa durée de vie a priori – pour qu’il « tienne » jusqu’à l’été. C’est bête mais il m’a écoutée. Il a tenu jusqu’aux vacances. Il a profité de sa maison préférée pendant presque trois semaines. Il a même eu la délicatesse de ne pas gâcher nos vacances en ne lâchant pas la rampe dès les premiers jours. Il reprenait tellement du poil de la bête que j’en étais venue à espérer qu’il tienne deux ans de plus. Je le voyais en phœnix (un genre de Ikki) qui renaît systématiquement de ses cendres. Et puis de toute façon, je ne crois pas trop en la mort.

Ikki
Pas moyen encore que je mette la tête de la petite bête…

Sauf que le lendemain du jour où je disais fièrement qu’il était immortel, les choses se sont gâtées.

Je suis la Pythie inversée.

Alors je vous préviens parce que ça peut servir, un chat ne prévient pas quand il part. Trois jours plus tard, il mourait sereinement dans son sommeil avec France Inter en fond sonore. Bizarrement, je m’en veux pour ce dernier point. Nous l’avions bien installé et quand nous sommes revenues nous assurer qu’il était bien, il n’était plus là.

Mon chat est resté jusqu’au bout la tête de nœud que j’adorais. Parce que ce salopard qui pissait partout a trouvé malin de se traîner dans sa caisse quelques minutes avant de mourir.
J’ai adoré son ironie.

Pour conclure ce post, deux choses…

Le chaton tout mignon que vous rêvez de prendre peut vivre jusqu’à 18 ans. Pour moi, c’est un privilège extraordinaire, mais il faut le savoir avant de s’engager avec lui.

Le chat est une teigne. Il va vous aimer (n’en déplaise aux détracteurs des matous), mais il va aussi vous imposer beaucoup de choses. Hobbes a détapissé un appartement, pissé beaucoup et souvent partout, cassé des choses, parfois était hostile avec des gens…

Putain 17 ans !

J’ai pleuré à grosses larmes en lisant ce texte. Je me disais justement, depuis quelques semaines, qu’il faudrait que je (vous) parle de ma vie avec mon vieux chat et j’ai lu sous cette plume pas mal de choses que je ressentais.

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Mon chat m’a super bien dressée et je pense que secrètement il profite du statut que lui confère son âge canonique pour abuser de ses privilèges. Mais, c’est ainsi. Ce n’est pas à 17 ans que nous allons revenir en arrière.

Quand j’ai décidé, il y a 17 ans, alors que j’habitais encore à Tours et que j’étais sur le point d’arrêter définitivement mes études contre l’avis de mes parents et de la raison, d’adopter un chat, je ne m’était pas imaginée que notre relation tiendrait aussi longtemps.

Le premières années, il s’est plutôt conduit comme un colocataire, qui vivait avec nous parce que c’était un mal nécessaire pour sa survie et son confort. En échange du gîte et du couvert, il était décoratif, mais absolument pas câlin. Il n’a jamais ronronné par exemple.

Avec le temps, il s’est habitué à nous. Il a commencé à nous considérer. Nous ne lui avons jamais rien imposé. Je suppose qu’il a apprécié notre délicatesse à son égard.

L’été, il avait le droit de batifoler à l’île de Ré et il venait quand même vérifier régulièrement que nous étions là pour assurer sa sécurité. Quand, il y avait un feu d’artifice à Toulouse, il arrivait en courant sur le lit, pour nous réconforter évidemment. Ce chat n’est pas un trouillard.

Quand il a eu 7 ans, nous lui avons pris une petite compagne. Il n’a pas vraiment trouvé que nous l’avions bien choisie. Il s’est habitué à elle.

Il a subi pas mal de déménagements, exploré des appartements plutôt vastes puis finalement réduits. Il a voyagé un nombre incalculable de fois dans sa boîte sans jamais élever la voix, restant stoïque sous son pull jusqu’à l’arrivée.

Bon, il n’est pas parfait non plus. Il a dézingué des tapisseries et coûté des cautions à sa maîtresse. Il a aussi rendu des fauteuils inesthétiques au possible. Il a pissé dans des coins auxquels je n’aurais pas songé, avant de m’apprendre qu’on ne laisse rien traîner par terre et qu’on défait son lit pour bien l’aérer le matin. Il faut aussi surveiller les cartons abandonnés. Mon nouveau matelas repose la journée contre le mur, parce qu’il le prend pour sa litière.

Il m’a vraiment bien dressée décidément.

Aujourd’hui, nos relations sont cordiales. Il n’a jamais été câlin, il ne l’est toujours pas. Mais, une chose que seuls les possesseurs de chat pourront comprendre, il est présent. Parfois trop, le matin à 5h30, je me lève au radar pour le nourrir. Il a 17 ans, il a bien le droit à ce genre de caprice.
Parfois pas assez, quand il fait 35° chez moi, je ne le vois plus.
Mais, j’aime tellement quand il vient s’asseoir à côté de moi sur le canapé ou quand il vient se coucher sur la table quand je discute avec quelqu’un dans le salon. J’aime qu’il ait ses têtes et qu’il choisisse les gens qu’il va apprécier. Je suis vraiment désolée pour les autres.

Et puis, mon chat est un vrai beau gosse. Comme sa maîtresse, il aime les filles et elles le lui rendent bien.

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Nous vivons ensemble depuis 17 ans. Au début, c’est un colocataire un peu pénible parfois, aujourd’hui c’est un compagnon.

Il a 17 ans et je sais que j’ai de la chance qu’il soit encore là. Je sais aussi que nous ne passerons pas les 17 prochaines années ensemble.