Pas vraiment à sang pour sang (mon avis sur le Dracula de Netflix)

Vous saviez déjà que j’aimais les voyages dans le temps, mais je suis aussi fascinée par les vampires.

Un épisode des Brigades du tigre avec un vampire m’a suffisamment traumatisée pour que je dorme une nuit lumière allumée. Je devais avoir 8 ans.

J’ai adoré Vampire diaries ! (En vrai, je me suis arrêtée à la saison 5, littéralement exsangue.)

J’ai regardé Nosferatu dans une classe de ma mère avec des élèves de première atterrés, qui pensaient certainement qu’ils verraient un film un peu mieux pour la fin de l’année.

Le vrai choc est venu de Dracula à sa sortie en salle. Je suis allée le revoir et après j’ai attendu plus d’un an sa sortie en VHS pour le visionner à l’infini (et oui, les enfants, à l’époque on attendait plus d’un an qu’un film sorte en VHS).  Pour patienter, j’ai lu le livre de Bram Stoker et acheté le scénario du film. Ce n’est pas terminé. J’ai acheté la BO du film en CD et même la chanson-titre interprétée par Annie Lennox en cassette 2 titres.

J’adore le personnage de Dracula. J’étais donc un peu comme une dingue quand j’ai appris que Netflix allait l’adapter en série et que Steven Moffat serait de la partie.

Fin de l’histoire. Je vais vous interpréter Love Song For a Vampire, c’est mieux.

 

Ah non, j’ai regardé la série…

J’ai déjà dit que j’adorais l’adaptation du livre de Bram Stoker par Coppola, mais ça ne suffit pas à expliquer ce que je lui reproche.

On connaît tous plus ou moins l’histoire de Dracula.

Un sympathique notaire anglais débarque dans le château d’un comte transylvanien solitaire. Les gens le mettent un peu en garde, mais il n’est pas très attentif. Il a surtout en tête de vite boucler cette affaire pour retourner auprès de sa tendre Mina. C’est le point de départ de la série aussi. Jonathan Harker arrive dans la demeure de Dracula et son destin bascule.
Enfin, pas bien longtemps, l’existence de Jonathan Harker et même celle de son épouse Mina (deux personnages centraux du roman et du film de Coppola) sont bien vite expédiés dans la série. Un épisode et basta ! Le comte rencontre surtout sa Némésis, le docteur Van Helsing, qui est cette fois une bonne sœur pas franchement catholique. Ce personnage est le point fort de la série.
Dès le premier épisode, le bras de fer s’engage entre le vampire et la sœur.
Le deuxième détaille un point mineur du roman et du film, la traversée qui permet au Comte Dracula de rejoindre l’Angleterre. Cet épisode un poil ennuyeux se termine sur un étonnant cliffhanger. Et là, c’est le drame. La série pas folle jusque-là bascule dans le très mauvais.
Vous aviez envie de voir l’époque victorienne, parce que tout le monde aime Londres à l’époque victorienne. Et bien non, surprise, à la fin de l’épisode 2, Dracula explose avec le bateau qui le transporte et se repose sous la mer dans une caisse remplie de la terre de sa région natale. Il se réveille mystérieusement pour échouer en 2020 (le pauvre).
Là, c’est littéralement free-style. Du roman, on ressort le personnage de la vénéneuse Lucy pour ne rien en faire de bien malin. Dracula est emprisonné deux minutes dans un mystérieux centre de recherche dirigé par l’arrière petite-nièce de la sœur Van Helsing, qui se meurt d’un cancer, et il est libéré par son âme damnée, Renfield.
La fin est bâclée. J’imagine qu’une saison 2 est envisageable mais pas souhaitable.

Pourquoi ça ne marche pas ?
Je comprends qu’on abandonne la piste de l’histoire d’amour entre Mina et Dracula. Coppola l’a certainement épuisée. Dracula est un monstre bien évidemment. Mais pourquoi en faire un quinqua aussi peu sexy… On dirait un Big sur le retour. Il n’a absolument pas la beauté du diable. Il est à la limite du ridicule.

Je ne suis pas non plus convaincue par l’idée que boire du sang lui permette d’acquérir de nouvelles compétences. En 5 minutes, il perd son délicieux accent, 10 ans et acquiert de formidables compétences juridiques (j’invente pour le dernier point) grâce à un petit shoot de Jonathan Harker. Dracula boit du sang pour se nourrir, ça suffit !

Le personnage de Van Helsing est la seule vraie bonne idée de la série. Elle pourrait se contenter de vouloir buter le méchant qui est une belle ordure. Mais non, surenchère encore, elle essaie de trouver une espèce de faille mystique à Dracula. Le comte serait juste un gros lâche qui aurait peur de mourir. Pourquoi vouloir à tout prix le démystifier ? Ca n’enrichit en rien le propos.

On ne va pas se mentir, on s’ennuie pas mal. « Personne ne veut laisser entrer Dracula et il finit par entrer quand même et manger tout le monde » est le principal ressort de la série.

Reste quelques mystères, qui ne m’empêcheront pas de dormir. Qui est derrière la fondation Jonathan Harker ? Quel est l’objectif secret de ce centre ?

Si vous voulez mon opinion, Dracula n’est pas mort, puisque Van Helsing a été guérie en buvant son sang. La saison 2 trouvera le moyen de renvoyer tout ce petit monde à l’époque victorienne grâce à un gros twist inattendu.

Auteur : poclatelephage

Blogueuse téléphage depuis 2004. Ecrivez-moi : poclatelephage@gmail.com Suivez-moi : https://twitter.com/poclatelephage

4 réflexions sur « Pas vraiment à sang pour sang (mon avis sur le Dracula de Netflix) »

  1. Bon alors je suis méga fan de Dracula aussi , et je suis d’accord avec toi sur le choix de l’acteur sauf qu’on peut se dire que peu importe la tronche du gars, il est teeeeellement fort qu’il arrive à séduire tout le monde!
    Contrairement à toi j’ai bien aimé le saut dans le temps (et oui c’est vrai tout le monde adore l’Angleterre victorienne, le brexit ça doit être pour ça , ils en ont marre et veulent se la garder) , le « je te prends tout ça et je le transpose à la Sherlock » ça a marché avec moi j’avoue. A la limite ça change des 15 000 versions vues et revues du mythe.
    Par contre j’ai dû louper un truc, pour moi à la fin Van Helsing est bien en train de mourir , c’est justement pour ça qu’il boit son sang , pour enfin mourir lui aussi ….
    Je ne sais pas si tu as lu « Dracula , les orgines » (ouais ça fait un peu Terminator) , écrit par un des descendants de Bram Stoker à partir de notes de son ancêtre … le livre en lui même est un peu longuet mais les explications données à la fin sont intéressantes …

    1. Van Helsing est malade et meurt à la fin. C’est pour ça que Dracula la mord. J’ai juste fait une supposition. Dans certaines séries, le sang des vampires guérit. J’imagine donc que la saison 2 pourrait reposer sur ce « twist ».
      Non, je n’ai pas lu « Dracula, les origines ». Ca vaut le coup ?

  2. Le bouquin est un peu long mais ça vaut le coup de le lire avec les notes de l’auteur à fin…
    Sinon oui ils seraient capables de nous faire une 2eme saison dans laquelle on apprendrait que finalement Dracula a sauvé Van Helsing en la « transformant » ou en en faisant une « hybride » (théorie vue dans le roman « les origines » justement) … mais une saison 2 est-elle vraiment utile ?

    1. La figure de l’hybride apparaît également dans Vampire diaries. Bon, là, ce sont des loups-garou / vampire. Mais effectivement, la piste me semble intéressante. Dans Vampire diaries, le sang de vampire est un peu un remède à tout d’où mon hypothèse.

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