Fiche de lecture

Je voulais profiter d’être prisonnière d’un TGV pendant deux fois six heures pour regarder l’adaptation du formidable roman de Stephen King « 22/11/63 ». C’est l’un des livres qui m’a marquée l’an dernier et j’avais envie de voir ce que ça pouvait donner en série.

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Le pitch est simple : Jake Epping est mandaté par le tenancier du Diner, où il déjeune tous les jours, pour retourner dans les années 60 dans l’objectif d’empêcher l’assassinat de JFK. Si le restaurateur a cet étrange projet, c’est qu’il a découvert par hasard dans sa caravane un accès direct vers l’année 1958 (1960 dans la série). Vétéran du Vietnam, il considère que la mort de Kennedy est à l’origine de tous les maux de l’Amérique actuelle et que le sauver permettra de tout arranger. Au départ sceptique, Jake, qui n’est pas très heureux dans sa vie, décide de tenter le coup et va s’installer dans les années 60, afin de poursuivre l’enquête de son ami et de tenter d’empêcher le pire.

Le roman est haletant, malgré quelques légères longueurs et évidemment on a envie de savoir : le héros va-t-il sauver Kennedy et pour quelles conséquences ? Comme l’indique Al, le patron de la cantine de Jack, le passé est résistant et répugne à être changé. Il va donc falloir à Jack beaucoup de persévérance pour essayer d’accomplir son terrible dessein. Le justicier va également devoir enquêter pour se convaincre que Lee Harvey Oswald est bien le seul tireur et surtout l’instigateur unique du projet. Enfin, avant d’empêcher l’assassinat, Jack va vivre cinq ans, seul, dans une époque dont il maîtrise mal les codes.

Le roman est à la fois une plongée réaliste dans les années 60 aux Etats-Unis, une contre-enquête passionnante sur l’assassinat de JFK, qui met en lumière l’intime conviction de Stephen King sur le sujet (en bon écrivain américain, il s’est bien documenté, croyez-moi) et bien sûr un récit de science-fiction prenant.

Donc voilà en résumé, j’ai adoré le roman. Et, à ce jour, je crois que je n’ai jamais été convaincue par l’adaptation cinématographique ou en série d’un roman que j’ai aimé. Ca n’a pas loupé avec « 22/11/63 ». J’étais donc installée dans un TGV avec un roman qui ne me séduisait pas du tout au final, et très peu de choses à regarder. J’ai péniblement tenu 50 minutes sur les 1h20 du pilote de « 22/11/63 ».

Ca partait pourtant bien avec un générique vraiment sympa. Mais très vite, le premier très gros problème apparaît : James Franco ne colle absolument pas au rôle du héros. Il n’est pas assez cassé par la vie. Il fait jeune premier ravi de la crèche, alors que dans le roman Jack est malheureux et pas en phase du tout avec son époque, ce qui explique aussi qu’il fasse aussi facilement le choix de « partir » dans les années 60. D’ailleurs, dans le peu que j’ai consenti à regarder, il affiche toujours un rictus mi ironique, mi satisfait, qui me hérisse.

Deuxième problème de taille, l’adaptation. Je sais que c’est une mini-série et que nous n’avons pas la vie devant nous non plus, mais dans le roman, Jack fait une première plongée en 1958, où il éprouve physiquement la résistance du temps, qui refuse d’être modifié. Il en a besoin pour comprendre et s’imprégner de sa mission. A priori dans la série, il se jette bille en tête dans les années 60, ce qui nous prive d’un autre aspect très intéressant du roman. Stephen King a un talent certain, celui de rendre Le Maine inquiétant. Dans la série, Jack file immédiatement à Dallas et zappe le passage par Derry, qui est tellement marquant dans le roman et lui donne de l’ampleur.

J’allais m’accrocher, malgré tout ça, mais voilà pour moi le scenario pèche honteusement avec la séquence où Jack contre toute logique décide d’appeler son père en l’appelant « Papa » en 1960. Ce n’est pas dans le roman et pour cause c’est débile. Je ne comprends par pourquoi le personnage principal ferait ça. Vraiment pas. Cette séquence est censée nous montrer que le temps refuse d’être changé et pour cause, là on tombe carrément dans le paradoxe temporel.

Bref, si vous voulez lire un très bon roman, jetez-vous sur « 22/11/63 » plutôt que de regarder la série, même si vous avez une fiche de lecture à réaliser.

[Je sais la bande-annonce donne envie, mais prenez la comme une mise en bouche pour un roman de qualité.]

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