Karambolage*

Depuis le début du mois de janvier, et peut-être même avant sans que je m’en sois rendue compte, NT1 propose sa propre trilogie du samedi en enchaînant des films catastrophe à très, très petit budget.

Vous avez aimé « 2012 », vous aimerez « Les 12 plaies de l’apocalypse » ou « Le jugement dernier ».

trilogie

Vous avez aimé « Le jour d’après », vous adorerez « Apocalypse de glace », « Menace de glace », « Tornade de glace » ou « Alerte piège de glace ». Prévoyez quand même un pull…

Alors évidemment comme ce sont des fictions à très, très petit budget, il ne faut pas s’attendre à des miracles, mais vraiment pas.

Voici quelques trucs maison pour réaliser une fiction sur l’apocalypse quand on n’a pas trop de sous.

  1. Centrer son intrigue sur très peu de personnages
    Les signes sont réunis pour vous annoncer que la fin du monde est pour demain. Dans un vrai film, on se pencherait sur l’Humanité toute entière, dans « Apocalypse de glace » où un militaire en costume d’opérette annonce que l’Europe va être rasée de la carte demain, on se soucie surtout du destin de deux personnes bloquées à Paris. Et pour être sûr de ne pas avoir à mobiliser un trop grand nombre de figurants, on dirait que la ville a déjà été évacuée. C’est plus pratique ainsi.
    Donc en gros, ça nous fait dix militaires qu’on peut à la limite réutiliser à plusieurs reprises, tellement ils sont interchangeables, cinq protagonistes principaux, et pour faire chic deux ou trois survivants dans les rues désertées de Paris.

  1. Centrer son intrigue sur un point du globe très précis
    Il suffit de décider que notre téléfilm va se pencher sur la malédiction des Mayas qui frapperait Smalltown dans l’Iowa, mais aussi le reste du monde, car on l’apprend en écoutant la radio. Du coup, pas besoin de détruire la Tour Eiffel ou le Colisée, ce qui coûterait bien cher même avec des maquettes voire des Lego, on fait exploser trois cabanes en rondins en faisant courir nos quatre acteurs dans la neige et ça fait genre. Parfois même, les problèmes sont résolus depuis notre minuscule ville perdue au fin fond d’un état obscur des Etats-Unis, comme quoi…

  1. Limiter le budget effets spéciaux
    Si on vous dit que New York vient d’être rasé de la carte, ça impressionne le téléspectateur et ça le met dans l’ambiance, inutile d’apporter trop de preuves.
    Pour faire un tremblement de terre, il suffit de secouer la caméra comme au bon vieux temps et de demander aux acteurs de se jeter par terre.
    Autre clé du bon téléfilm catastrophe, limiter les plans en extérieur, les protagonistes de retrouvent donc beaucoup à se galérer en intérieur dans des bâtiments labyrinthiques, dont ils doivent s’extirper comme ils peuvent. Ce ne sont pas les friches industrielles qui manquent. Elles peuvent faire figure selon les besoins de  : laboratoire secret gouvernemental, caserne de l’armée, antre d’un vilain scientifique, école…
    Pour filmer un changement climatique impliquant beaucoup de neige, je recommande aussi de filmer en hiver dans un pays froid. Ni vu, ni connu, je t’embrouille !

  1. Limiter le budget vedettes
    Le téléfilm de samedi comptait quand même John Rhys-Davies, l’ex professeur Arturo de « Sliders », ce qui a dû gréver tous les autres budgets détaillés plus haut. Bon, en même temps, il n’est apparu que trois fois à l’écran et souvent au téléphone, ce qui limite le coût des assurances et son cachet.

  2. Faire rêver à moindre frais
    Je vous rappelle que dans « Apocalypse de glace », samedi, les enfants du protagoniste principal étaient censés être coincés à Paris, au moment où l’Europe allait carrément disparaître de la surface du monde. Pourquoi, j’avoue que je l’ai oublié, mais c’est ainsi. La semaine dernière, des gens avaient refermé un trou dans la couche d’ozone avec des missiles, mais là ce n’était apparemment pas possible. Alors tant pis pour l’Europe.
    Paris donc… Je ne connais pas la capitale comme ma poche, mais quand même ce drôle de monument ne m’a semblé ni très parisien, ni très français, mais apparemment plus c’est gros plus ça passe. Si vous pouvez d’ailleurs m’indiquer son origine, je suis preneuse. Je vous aide, il est juste en face de la Tour Eiffel en fond vert.

    paris-vraiment

    Je vous épargne les plaques des voitures, qui trahissaient un lieu de tournage plus européen de l’est. Rhooo, je suis pénible, il suffisait de suggérer Paris, et au rayon des effets spéciaux spectaculaires, la Tour Eiffel s’écrase quand même sur l’Arc de triomphe à cause d’un typhon de glace.

    preteur-de-bicyclettes

    Le célèbre « Prêteur de bicyclettes » parisien, qui n’est pas du tout un papier grossièrement posé sur une enseigne existante

J’avoue que tout ceci me donne furieusement envie de tourner un téléfilm où le soleil se met à brûler la terre cet été à Toulouse avec des plans sur la Garonne dans le rôle de la Seine et, moi-même en sueur dans le rôle de l’héroïne qui cherche une solution pour réparer la couche d’Ozone depuis son appartement où il fait 35°.

[*Le titre est un hommage à cette jolie émission d’Arte où on nous propose de retrouver si un plan a été tourné en Allemagne ou en France.]

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s