La mire (Black Mirror saison 3)

Ce week-end, j’ai regardé, dévoré, englouti (vous pouvez lire cette phrase avec en tête une chanson d’un film Disney récent, ça fonctionne) même les six épisodes de la saison 3 de « Black Mirror ». Résultat, lundi matin, j’ai sérieusement envisagé de quitter les réseaux sociaux pour toujours. A priori, je ne l’ai pas fait, mais j’aurai toujours dans un coin de la tête les mises en garde de la série.

« Black Mirror » parle, en gros, des écrans et de nos rapports malsains à la technologie. La série se déroule dans un avenir pas si lointain (un peu trop réaliste, un peu trop effrayant), et, selon les épisodes, dans des contrées plus ou moins imaginaires, dont la ressemblance avec les nôtres n’est pas fortuite.

J’avais un léger a priori sur « Black Mirror » : cette série est absolument horrible et suscite le malaise. C’est ce que j’avais retenu du peu que j’avais aperçu sur France 4 des deux premières saisons. Et mon léger a priori a été confirmé par certains épisodes. Le troisième m’a donné littéralement envie de vomir. C’est le problème des gens un peu trop empathiques qui se prennent de pitié pour le personnage principal. Si vous avez vu la saison, vous comprenez mon malaise, sinon je ne suis pas sûre de vous recommander, surtout si vous êtes un peu sensible, d’essayer.

Pour apprécier « Black Mirror », il faut se laisser prendre par la main, s’abandonner un peu, et se laisser surprendre. Un peu comme quand on s’installe dans une montagne russe. Parfois, c’est sympa comme Big Thunder Mountain, d’autres fois ça secoue et ça fait mal comme Space Mountain ou le Stampida, pour ceux qui connaissent.

Le premier épisode de la saison 3 est une jolie réflexion sur notre rapport aux réseaux sociaux, et sur leurs dérives possibles. Il se penche également sur notre propension à juger tout le monde confortablement installés derrière nos écrans. Il devrait être diffusé largement auprès des plus petits comme des plus grands.

Le dernier est un véritable thriller, sans doute moins dérangeant dans son propos que la majorité des autres épisodes de la saison. Mais son sujet demeure effrayant d’actualité. Il est à nouveau consacré aux réseaux sociaux et à leur propension à condamner quelqu’un pour pas grand chose, avec en fond l’écologie et les progrès de la science.

Et évidemment, ceux qui ont vu la série me voient arriver avec mes gros sabots. L’épisode 4 est une parenthèse singulière dans ces intrigues qui secouent et interrogent.

J’avais lu sur Twitter et Facebook, pas mal de choses sur « San Junipero », et puis je l’ai regardé, et je l’ai forcément adoré.

C’est beau, c’est fort, c’est émouvant, c’est envoûtant. Évidemment, il y a un petit fond scientifico- anticipation, pas trop angoissant pour une fois. Je ne vais pas vous donner le fin mot de l’histoire, qui est sans importance ou presque.

Là encore, il faut se laisser guider et profiter.

L’histoire d’amour est parfaite. L’ambiance, le décor et la bande-son le sont aussi.

J’aimerais bien comprendre pourquoi les séries de ces derniers mois souhaitent à ce point nous amener à croire que les années 80 étaient un âge d’or. A force de les regarder, j’en suis également de plus en plus convaincue.

Si vous ne devez visionner qu’un épisode de cette série et de cette saison, c’est celui-là, mais malgré tout ça serait dommage. L’ensemble est un véritable uppercut.

J’ai demandé à la personne qui m’a incitée à regarder pourquoi nous nous infligions ça, et j’ai ma réponse : sans doute parce que c’est très, très bien fait, et très fort.

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