Je ne vous parlerai pas d’Elle, et puis finalement si….

J’ai décidé aujourd’hui de m’attaquer à un sujet extrêmement délicat. La dernière fois que j’ai parlé d’Elle, c’était sur le Post et j’avais atteint un nombre de commentaires et de pages vues absolument délirants, surtout pour un billet écrit sur le pouce simplement pour m’amuser. En vrai, je vous promets que je n’ai jamais réellement cru que Mylène Farmer tirait les ficelles à la star ac’ et surtout pas pour la huitième promotion. Mylène aurait pu être de la partie pour la deuxième ou la troisième, mais jamais de la vie pour la huitième. A cette occasion, j’avais récolté des commentaires d’une stupidité rare, mais j’ai connu pire depuis. J’avais été attaquée par des écervelés convaincus que je blasphémais à qui j’aurais volontiers répondu que je psalmodiais mon « pourvu qu’elles soient douces » alors qu’ils ne savaient pas encore parler. Un type avait même eu l’aplomb de m’expliquer que les fans devaient La défendre à cause de toutes les horreurs colportées sur Elle par les médias. Certes, mais je pense vraiment qu’Elle s’en fout, c’est son truc d’ailleurs…


En préambule, je rappelle que je ne peux pas répondre à la dénomination de fan. Devenir fan de Mylène Farmer, sauf peut-être sur Facebook où ça doit pouvoir se faire en un clic, est à peu près aussi complexe que d’obtenir une carte de presse (et j’en sais aujourd’hui quelque chose). Je ne suis pas fan, mais pourtant j’ai commencé à L’apprécier à l’âge de 8 ou 9 ans quand elle est apparue dans l’émission de Marlyse de Lagrange « les animaux du monde ». J’avais immédiatement adoré son clip, à l’époque « ainsi sois-je ». Contrairement à nombre de ses fans, j’ai assisté à son zénith à Elle. Je possédais et je l’ai perdu, ce qui me fait rire, mais qui n’amuserait aucun vrai fan, une authentique relique le maxi CD de « pourvu qu’elles soient douce » avec des remixes géniaux et « puisque » en « face B ». C’est mon papa qui me l’avait offert. Plus tard, et ça a été un choc également, j’ai eu pour un Noël « le live 89 », qu’aucun concert n’égalera jamais dans mon cœur.
Mon intérêt pour Mylène Farmer est par la suite resté stationnaire avec des phases de dégoût et de nombreuses retrouvailles. J’ai appris à apprécier « anamorphosée », cinq ans après sa sortie. J’ai immédiatement adoré « inamoramento », qui me séduit moins désormais.
A mon actif, j’ai quand même la conversion de deux personnes, dont le fan numéro 1 non débile de la chanteuse, qui est mon meilleur ami accessoirement, et ma femme, qui ne l’est pas restée (elle s’est enflammée trop vite).

Aujourd’hui, mon sentiment à l’égard de l’Artiste est mitigé. Je fuis ses passages télés. Ca ne m’intéresse pas de l’entendre minauder au 20 heures de Pujadas sur sa timidité et sa discrétion. Je n’ai jamais été fichue de la voir sur scène, mais j’y reviendrai…


J’en arrive au « N°5 on tour », qui est, pour les enfants du placard, son dernier album live.
En bonne française que je suis, j’aurais tendance si j’en avais les capacités à remettre en cause la sélection de l’équipe de France de football – ma femme qui n’y connaît rien rêve encore que Trézeguet face son come-back chez les Bleus. De mon côté, je me contente de commenter avec aigreur le choix des titres que Mylène Farmer interprète sur scène. Pour tout vous dire, en dehors du fait que ma femme avait opposé un veto ferme et définitif à l’idée de m’accompagner à Toulouse pour La voir sur scène, le fait qu’Elle chante à nouveau « rêver » a également énormément joué.
« Rêver » demeure pour moi la chanson interprétée dans une émission de M6 par des fans hystériques, dont Jean-Rémy Gaudin Bridet qui s’en est bien sorti, à la bouche. Je les vois encore lever les bras quand la chanson évoque cette idée. Depuis 1996, Mylène Farmer adore chanter « rêver » sur scène, même si ça lui fait souvent beaucoup de peine et qu’elle en pleure. Dans le registre, du « mais pourquoi la chante-t-Elle sur scène », nous avons également « XXL » et là mon souvenir est encore pire. Dans un « c’est quoi l’amour » sur les obèses qui s’assument, les filles potelées faisaient une choré sur ce titre, ce qui m’a marqué à vie. Je ne vous parle même de « l’âme-stram-gram » et son clip risible avec les deux Mylène et leur grande langue qui me fait encore pouffer.

Voilà pour mes réserves, sinon à l’écoute, le concert est vraiment magnifique. La plupart des réorchestrations sont sublimes et comme dans le Live 96 nous avons le droit à ces fabuleux intermèdes musicaux entre les titres.
J’ai abondamment commenté les titres que je n’aimais pas, mais je suis aux anges en constatant qu’Elle a interprété « à quoi je sers », que j’adore, « point de suture », son meilleur titre à mon avis depuis « anamorphosée » avec cette phrase sublime « mais sur les blessures point de suture », et un inattendu « nous souviendrons nous » extrêmement émouvant. Dans les titres récents, j’avais pratiquement tout aimé de l’album « point de suture », je suis donc ravie de pouvoir écouter en live « c’est dans l’air », « dégénération » ou « je m’ennuie », beaucoup moins « appelle mon numéro ». Je conclus par l’émotion qui m’étreint à chaque fois que j’entends « si j’avais au moins… », qui me fait toujours penser à quelqu’un que ce titre touche énormément.

« N°5 on tour » achève donc comme « point de suture » de me réconcilier avec Elle. J’aurais une suggestion, si je peux me permettre, et si Elle donnait enfin une interview intéressante à Michel Denisot vingt ans après mon « zénith à moi » avec du temps, des documents, et des témoins pertinents.

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