Whodunit

Dans ma courte / longue (selon mon humeur) vie de téléphage sériphile à ses heures, j’ai vu nombre de séries s’arrêter. Normalement, c’est un événement qui plonge le téléspectateur assidu dans la tristesse et le désarroi, qui le laisse vide quelques secondes, minutes, heures, jours, voire des mois durant. De mon côté, je n’ai pas été fâchée finalement de voir se terminer « The L Word ».


J’ai attendu plus d’un mois avant de découvrir l’issue de la saison 6 et de six saisons d’aventures lesbiennes à L.A. J’imagine que pour une scénariste, la dernière saison d’une série doit être un défi de taille. Normalement, l’auteur d’une série à succès doit désirer réussir sa sortie. Dans le cas de « The L Word », comme depuis 6 saisons, pardon 5 ou 4, selon vos préférences, apparemment, personne n’en avait grand-chose à faire du scénario.

[Attention SPOILER des 6 saisons de The L Word]
La saison avait débuté avec la découverte du cadavre de Jenny et cette question nous brûlait les lèvres : qui l’a tuée ?
Autant briser le suspense immédiatement, nous ignorerons à jamais si c’est Bette avec le chandelier dans le petit salon, Shane avec le revolver dans la véranda ou Alice avec la corde dans l’entrée. Ce mystère occupera les soirées arrosées de lesbiennes ou de sériphiles venus à bout de TOUS les autres sujets de conversation intéressants auparavant, les VRAIS mystères de l’excellent « Lost » notamment.

Ce qu’on retient de cette ultime saison, c’est que les scénaristes ont enfin capté qu’elles avaient rendu leur personnage principal (ou presque), en tout cas la clé qui nous avait permis de pénétrer dans l’univers des héroïnes de « The L Word », détestable, dès la première saison d’ailleurs. Après avoir tenté de justifier les errances de Jenny dans la saison 2 en nous expliquant qu’elle avait été abusée enfant, de la faire passer pour folle à lier dans les suivantes et d’avoir estimé dans la saison 5 qu’elle était conne point barre, la saison 6 était destinée à ne tourner finalement bizarrement qu’autour d’elle et de sa mort mystérieuse.

Pourquoi a-t-on tué Jenny ?
Est-ce Shane pressurisée à mort par cette folle furieuse qu’elle ne peut pas plaquer ? Shane explique en effet dans l’ultime épisode qu’elle se sent responsable de Jenny. J’ai toujours su parce que je suis géniale qu’elles sortiraient un jour ensemble mais je n’imaginais pas que leur relation serait aussi pathétique. Dans la saison 2, Shane laisse Carmen à Jenny et dans la saison 6 Shane finit par s’abandonner à son tour à la folle furieuse. Est-ce voulu, je l’espère… En tout cas, après avoir tout supporté, Shane apprend dans l’ultime épisode de la série que Jenny a brisé définitivement son idylle avec son premier vrai amour depuis Carmen et l’encaisse mal. De là à tuer Jenny…
Bette, qui veut défendre à tout prix SA famille, a peut-être mis fin aux souffrances de Jenny. Elle avait de bonnes raisons pour cela. Jenny possédait une vidéo tendancieuse de la belle brune à genoux entre les cuisses de son associée, alors que promis juré – la téléspectatrice le sait – il ne s’est VRAIMENT rien passé. Bette voudrait ENFIN couler des jours heureux avec Tina et personne ne doit l’en empêcher.
Tina pourrait aussi avoir eu envie d’étrangler Jenny parce que c’est elle qui a volé les fameuses bobines du film ce que nous apprenons sur le fil.
Helena aurait une bonne raison, enfin ça se discute, également de l’assassiner. Elle a gâché sa relation déjà compromise avec Dylan, à qui elle ne pourra jamais faire confiance de toute façon.
Alice, elle, lui en veut de lui avoir piqué une idée pourtant pourrie de scénario.
Kit et Max, comme d’habitude, ne servent à rien.

De mon côté, ce que je retiens de ce dernier épisode, c’est le début d’explication sur la méchanceté fugace d’Helena, qui se serait toujours méfiée des gens à cause de son argent.

Pour faire plaisir à ses fans, Ilène Chaiken a reconvoqué, le temps d’une vidéo réalisée par Jenny pour Bette et Tina qui partent (re)faire leur vie à New York tous les protagonistes du show et oui on a revu Carmen (15 secondes), Tim dans une intervention assez drôle d’ailleurs et même Marina.

Ce dernier épisode, comme l’ensemble des saisons écoulées, laisse pas mal de regrets. Il n’y a pas eu que du mauvais dans « The L Word ». La première saison est drôle et enlevée. L’idée d’introduire la communauté des « Lez girls » par le biais d’une jeune hétéro vite convertie à l’homosexualité ambiante est assez brillante. La saison 2 qui tourne autour de la relation entre Dana et Alice n’est pas mal non plus. Les choses se sont dégradées avec la saison 3 : la mort de Dana, Jennifer Beals enceinte a tué le personnage de Bette toute une saison, l’hétérosexualité de Tina est pénible, le mariage avorté de façon prévisible de Carmen et Shane… La saison 4 était pleine de promesses avec le ressort comique introduit par le personnage de Papi vite passé à la trappe. La saison 5 aurait pu être la plus culte avec la mise abîme de la série grâce au tournage de l’adaptation du livre de Jenny qui ne repose que sur la vie des héroïnes.
Beaucoup de gâchis donc, mais quelques jolies scènes de sexe entre filles, quelques jolies filles aussi, et des moments cultes…à la rigueur, jetez un oeil à la saison 1 voire la 2 en vous abstenant de visionner ses trois derniers épisodes.

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