Merci la famille formidable va bien

Pendant que beaucoup se lamentait hier devant la nullité de « Clara Sheller », de mon côté je me délectais de la légèreté de la mini-série de M6, « merci les enfants vont bien ».

Le salut de la fiction française pourrait bien venir de ce que nous savons apparemment très bien faire, non pas l’imitation des séries amerloques, que je vénère par ailleurs, mais la saga familiale réjouissante. Il ne faut pas chercher le réalisme, social ou autre, dans ces fictions, mais prendre son plaisir où il est.
Après « une famille formidable » qui a certes énormément décliné depuis trois saisons, M6 nous propose avec « merci les enfants vont bien », le même genre de concept, qui fonctionne extrêmement bien. D’ailleurs, les deux produits se ressemblent énormément.

Une saga familiale
Les Blanchet sont jeunes et beaux, mais ont produit un nombre incalculable de bambins, tous aussi magnifiques que leurs parents. La tribu Blanchet compte au moins quatre aînées évaporées : une magnifique avocate rousse enceinte de l’ex amant de sa mère, une brune piquante qui a eu un enfant avec l’associé de son père et gère maintenant une épicerie bio-équitable, une étudiante en psycho un peu paumée et une autre fille magnifique qui baise avec un Apollon stupide. Les parents Blanchet ont également eu des jumelles, deux peste pré-ados, têtes à claques, un fils obsédé sexuel mais gentil quand même et le petit dernier, Noé, que la maman a porté lors de la première saison.
Les Beaumont sont loin de rivaliser avec seulement leur peste d’aînée qui n’est même pas la fille de Jacques, Nicolas, le pédé galeriste, Frédérique, leur deuxième fille, et les jumeaux. Fort heureusement, la famille Beaumont s’est composée, décomposée et recomposée et les petits enfants, beaux-enfants et autres bâtards font masse autour du couple formé par Catherine et Jacques.

Un lieu emblématique
Catherine et Jacques ont souvent déménagé. A la belle maison familiale des premières saisons s’est substitué l’appartement parisien. Pourtant, la famille se concentre, chaque été, dans un lieu emblématique, la maison du Portugal. Lors de la dernière saison, elle a failli être perdue mais sur le fil Catherine l’a récupérée en se trouvant au passage une nouvelle famille qui grossit les effectifs de la sienne. De plus, le restaurant de Jacques devenu finalement celui de Jacques, de sa fille et de son beau-fils constitue toujours un point de rendez-vous pour tous les membres de la famille, proche ou lointaine.
Les Blanchet disposent, eux, depuis la première saison où ils étaient pourtant passablement fauchés d’un lieu de résidence culte, « les volets verts », où toute la famille vivote plus ou moins. Pas besoin de résidence secondaire, quand on possède déjà une maison de ce type.

Une entreprise familiale

Les Beaumont ont toujours travaillé en famille ou presque. Dès que Jacques a vendu le guide Beaumont et que les enfants ont été en âge de bosser, ils ont logiquement trouvé une place dans le restaurant familial. Frédérique gère la cave de son père. Son mari est le second de cuisine de papa et le garçon de la paire de jumeau s’est découvert, dans la dernière saison, une vocation de cuistot.
Chez les Blanchet, la dernière saison a vu se créer « Système B », la performante société familiale basée aux « volets verts » dont tous les enfants sont actionnaires. Les beaux-fils comptent parmi les cadres de la petite entreprise et l’une des filles aînée en est son avocate en titre.

Une figure parentale emblématique
Dans les deux cas, les choses vont vraiment mal quand le couple parental est en crise. Les Beaumont ont déjà divorcé une fois. Jacques a été à maintes reprises infidèle, Catherine, un peu moins. Du côté des Blanchet, maman a eu une liaison, papa a manqué d’en avoir une. Mais les choses sont toujours rentrées dans les deux cas pour que la cellule familiale amplifiée se reconstitue autour des deux couples.

Un(e) meilleur(e) ami(e) culte
Jacques Beaumont avait Philippe Khorsand comme pote de toujours. Madame Blanchet a Annie Gregorio comme meilleure amie. Dans les deux cas, ces rôles secondaires participent activement au second degré des intrigues.

Pourtant, les deux mini-séries se différencient, malgré leurs nombreuses similitudes sur le ton et les rebondissements.

Paradoxalement, la famille de TF1 est celle qui ose le plus aborder des sujets délicats : la drogue, l’homosexualité, le handicap, la maladie… Sur M6, les Blanchet sont plus traditionnels, mais plus jeunes aussi à plus d’un titre. Leurs enfants sont pour l’instant mariés avant d’avoir des enfants et ne fricotent pas trop à l’extérieur. La série de la six assume en plus complétement son côté léger en osant les rebondissements abracadabrants (la famille formidable aussi en son temps d’ailleurs).
Globalement, je suis heureuse qu’une autre fiction française ose venir concurrencer « la famille formidable » sur ses terres. La mort prématuré de Philippe Khorsand me fait en effet craindre qu’il n’y ait jamais de suite à la saga Beaumont ou des lendemains trop amers.
Ensuite, sociologiquement, on peut se demander ce qui fascine tant le téléspectateur dans ces familles recomposées idéales…
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