Le match du week-end « Journeyman » contre «Samantha, qui ?»

Inutile de me signaler que ces deux séries n’ont strictement rien en commun du point de vue du format, de la thématique et même de la chaîne qui les diffuse en France, mais dans ma vie elles sont apparues le même week-end, ce qui explique que je les confronte dans un même post. Imparable, n’est ce pas ?

Je vais casser le suspense d’emblée. Il est probable que je ne regarde plus jamais « Journeyman » et que la semaine prochaine je prenne à nouveau plaisir à m’affaler devant « Samantha, who ? », malgré son titre français.
« Journeyman », le nouveau voyageur dans le temps beaucoup moins sympathique que Sam de « Code Quantum»

« Journeyman » commence comme une parfaite série américaine. Le héros n’est pas difforme, il est marié à une femme élégante et est propriétaire d’une belle maison dans la jolie ville de San Francisco et d’un gosse. Sa vie semble idyllique, mais elle ne l’est pas forcément, ce que nous apprendrons pas petites touches subtiles – gros coups de pinceau dégueulasses plutôt – durant l’épisode. Ce magnifique couple s’apprête à fêter son anniversaire de mariage, mais là patatra, le héros, qui ressemble donc à s’y méprendre à Monsieur « Dead Zone », se retrouve quelques instants dans le passé où il croise son ex adorée. Il se réveille, le soir venu, sans s’être apprêté pour son rendez-vous crucial avec sa femme et sans même lui avoir acheté un cadeau, au restaurant où ils doivent célébrer leur magnifique union. Madame passe l’éponge sur cette incartade, car son mari est un brillant journaliste ce qui peut expliquer la part d’ombre de sa personnalité (je ne prêche évidemment pas ici pour ma paroisse).
Les choses se corsent quand Monsieur est propulsé dans les années 80 où il sauve un pauvre type d’une mort imminente. A son retour dans le présent, il apprend qu’il a disparu deux jours et sa femme est légèrement dubitative, la conne, quand il lui raconte qu’en vrai il était plongé dans la décennie 80 si bien chantée par Pascal Obispo et Mélissa Mars. Sa douce épouse le soupçonne en fait d’être sous l’influence de substances illicites comme par le passé. Il a à peine embrassé madame que les voyages dans le temps lui jouent à nouveau de mauvais tour.
Il échoue, cette fois-ci, dans les années 90. Entre deux, il a saisi que s’il se retrouvait toujours à espionner le même mec vaguement suicidaire et assez pénible -lors d’un précédent voyage dans le temps, il avait convaincu d’ailleurs sa femme de ne pas avorter -, il y avait une raison. Notre héros a donc au préalable fait plein de recherche depuis son téléphone portable sur ce garçon et il sait maintenant qu’il doit l’empêcher de tuer la femme qu’il a amenée, malgré elle, à l’épouser, le soir du 31 décembre.
Mais comme la série se veut plus profonde que ça, notre dynamique journaliste ombrageux, qui a croisé comme de par hasard son ex à chaque flash-back, se retrouve nez à nez avec elle dans l’appartement qu’ils habitaient ensemble à l’époque et où, malin, il est allé se changer.
Jusque là, j’étais limite coupablement indulgente avec cette nouvelle série malgré son concept éculé et son héros franchement antipathique, mais comme je ne suis pas une américaine, je n’ai pas pu croire un instant que ce type encore follement amoureux de son ex décédée dans des conditions tragiques ne profite pas de l’excuse du passé pour coucher avec elle, ce qui serait fondamentalement humain (non ?).

[J’ouvre ici une parenthèse sur ce que nous avons appris du héros entre les voyages dans le temps. Il a été fou amoureux d’une certaine Livia, morte dans un accident d’avion. Lors de son premier voyage dans le temps, il atterrit justement pile poil le jour où elle monte dans le taxi qui la mène à la mort et oublie de l’arrêter.
De dépit, après la mort de la jeune femme, il a épousé la copine de son frère, flic, qui le hait encore pour ça. Nous savons que leur couple a eu des problèmes notamment à cause des addictions du journaliste.]

J’en reviens à mes années 90 où notre héros est bloqué avec un portable qui ne capte rien. Après avoir renoncé à coucher avec une femme qu’il croit morte depuis une dizaine d’années, rebondissement ahurissant, il se rend compte qu’elle est toujours en vie et qu’elle voyage également dans le temps. Elle a été arrachée du crash de l’avion pour sauver elle aussi quelqu’un du passé. Après cette rencontre, il se rend dans un café pour soutirer, une fois son lui du présent des années 90 parti, quelques infos à sa copine, la future morte pas morte pas encore décédée pour de faux, alors assistante du procureur, sur le mec qu’il doit sauver.
Il sauve in extremis de la mort sa femme et son fils en précipitant par chance le vilain sous un bus.
Vous vous dites, moralité il n’aurait pas du le sauver la première fois, mais vous vous trompez lourdement comme moi d’ailleurs parce que notre super héros nous apprend qu’en fait le fils de ce monsieur, qui n’aurait donc jamais existé sans lui, a un jour sauvé tout plein de vies dans un accident de bus et qu’il s’apprête à devenir un chirurgien renommé.
Ce rebondissement inattendu sent un peu les scénaristes qui se sont sentis merdeux de tuer un type pour rien et qui ont donc justifié sa mort par pleins d’autres vies sauvées.
Notre héros, sa mission enfin terminée, rentre chez lui, fourbu et là sa connasse de femme, qui le convoite depuis les années 90 et aurait bien saboté l’avion de son ex, lui annonce qu’il doit partir parce qu’on ne disparaît pas comme ça plein de jours d’affilée sans même passer un coup de fil. Là j’ai envie de dire, mais comment téléphoner des années 90 ? Fort heureusement, notre héros qui est malin a enterré la preuve qu’il voyageait dans le temps et tout est bien qui finit bien.

Vous avez déjà perçu en filigrane ce que je déteste dans cette série…
D’abord la bonne moralité américaine est sauve. Le héros est un pur et dur qui ne profite pas de son ex dans le passé. Il tue un pauvre type un peu névrosé pour le bien de l’humanité toute entière et au passage empêche une vilaine impie de se faire avorter, parce qu’apparemment derrière chaque petit locataire qui a sauté se cache un Prix Nobel.

Ensuite, la série manque dramatiquement de second degré. Le propos ne se prête évidemment pas forcément à l’humour, mais le décalage entre notre époque super technologique et le passé arriéré aurait pu être un peu plus creusé. Dans une scène unique, un mec avec un portable géant se moque de notre héros affublé de son oreillette.
D’ailleurs, comment ce type peut se faire passer pour son lui des années 90 ? Il est censé avoir pris 10 ans dans la vue. Bien que j’aie toujours mon physique avantageux de jouvencelle, si demain je me retrouvais en 1998, personne ne me reconnaîtrait. Je suis la seule à avoir perçu ce problème scénaristique de taille ?

Enfin, au bout d’un épisode déjà, j’étais lassée du concept très systématique de « je vais aider quelqu’un dans le passé ce qui met le bordel dans ma vie présente ».

En conclusion, je ne suis pas étonnée que la série ne compte qu’une saison. Parfois, les Américains ne se plantent pas trop. Nous avons déjà connu trop de séries sur la thématique du super pouvoir qui craint et qui plombe la vie des gens. A chaque fois, je me demande pourquoi le type qui reçoit le journal du lendemain se contente de si petites causes au lieu d’aller empêcher le 11 septembre. En regardant « journeyman », je me demande forcément ce que changer le sort d’un pauvre hère en 1988 va changer à notre vie actuelle. Je sais, je suis morte à l’intérieur.

La version américaine et drôle de « Seconde chance » (toutoutou) ou la rédemption de Samantha !
Je vais être légèrement plus succincte mais aussi beaucoup plus enthousiaste sur « Samantha, who ? », qui pour le coup m’a globalement charmée. Évidemment, j’aurais adoré que Virgin 17 songe aimablement à proposer la série en VOST mais bon je me suis résignée à la découvrir doublée.

Le concept de « Samantha, who ? » est pour le coup assez novateur et original, même si sur le fond je suis d’accord pour dire que par certains côtés il évoque « my name is Earl ».
Samantha se réveille après un coma de 7 jours, et non de 9 ans comme je lui indique son géniteur taquin, entouré de ses parents et de sa grosse meilleure amie. Elle ne sait plus rien d’elle-même. Dans le premier épisode, elle réalise qu’elle est une grosse salope arrogante qui trompe son copain avec un certain René et n’a aucun ami. Dans le deuxième, elle découvre qu’elle est une chienne au boulot et qu’elle bosse dans l’immobilier, un monde de charognes selon les créateurs de la série. Dans le troisième, elle a la confirmation, que son elle du passé n’avait pas d’ami.

Dans sa quête d’identité, elle est aidée par ses parents avec qui pourtant elle était fâchée depuis un moment, son petit ami qui la plaque dès sa sortie du coma et sa meilleure amie du lycée qu’elle a laissé tombée depuis un moment pour des filles plus populaires.

La série pose de manière amusante une question hautement philosophique, si une nouvelle chance s’offrait à nous (toutoutoutou « seconde chance »…) , que changerions-nous à notre vie ? Dans le cas de Samantha, la réponse semble être tout. La jeune femme est en effet décidée à lutter bec et ongle contre son passé de salope. Autre question en filigrane, le naturel reviendra-t-il au galop pour notre héroïne ?
Le déroulement d’un épisode est interrompu par les flashs du passé qui reviennent à Samantha et surtout par un procédé assez amusant qui consiste à nous faire découvrir les pages du carnet où elle note tout ce qu’elle apprend sur sa vie d’avant et qui pourrait lui être utile.
En plus de Christina Applegate, la série compte des guests de choix : Barr(y) Watson aussi connu sous le nom de Matt Camden qui joue son petit ami photographe et Melissa McCarthy l’ex meilleure amie de Lorelai Gilmore, Sookie, dans « Gilmore Girls ».

Globalement, j’aime donc le concept de cette série, son humour et Christina Applegate qui est vraiment fabuleuse dans ce rôle.

Pour répondre à la question de ma femme, cette série a commencé l’année dernière sur ABC et a été reconduite à la rentrée.

NDLA : Je vous rappelle que pour fêter les quatre ans de mon blog, j’ai décidé de relancer les merveilleux POC Awards. Je cherche des catégories innovantes, si vous avez des idées à me transmettre.

Par ailleurs, je suis donc sur facebook sous l’identité POC (prénom) Latéléphage (nom de famille) et je remercie les nombreux lecteurs qui m’ont déjà demandé en amitié.

Enfin, je continue de disserter quotidiennement sur la star ac’, ici.

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