Il était une fois… (part I)

En préambule, pour celles et ceux qui débarqueraient, il ne s’agit pas du tout d’un publireportage, même si je risque d’être très peu critique avec le parc Disney, mais juste du récit d’un séjour merveilleux dans un parc vraiment extraordinaire. Celles et ceux que ça rassure pourront penser que je suis gravement atteinte par un syndrome aigue de Stockholm, comme ma petite maman par exemple.

ACTE I

Le périple

Où nos héroïnes rencontrent le sosie sexuellement indéterminé de Dudley et songent un instant qu’elles n’arriveront jamais à destination

Nous partîmes aux aurores de la ville rose, les yeux encore clos, les paupières chargées de sommeil pour rallier en TGV directement Marne La Vallée. J’oublie vite le passé simple qui me donne déjà des sueurs froides. Installées dans le train, nous nous sommes dit que nous avions fait le plus pénible, nous réveiller à temps, charge maintenant à la compagnie de chemin de fer de nous amener à bon port dans un temps qui nous a un instant fait douter du sens des lettres G et V dans les initiales TGV. Comme d’habitude, car nous sommes de petites veinardes, nous nous sommes retrouvées installées de force dans le carré où personne ne peut déployer ses jambes sous peine d’écraser les pieds de son voisin. En semaine, nous nous sommes rassurées en songeant que nous n’aurions pas de vis-à-vis et bingo dès Agen, soit une heure après le départ, deux des membres de la famille Groseille en villégiature dans le Sud-Ouest et désireux de rejoindre leur Nord natal se sont installés en face de nous. Courageuse, ma femme s’est tirée pour dormir ailleurs tandis que moi je me retrouvais insomniaque à 6 heures du matin obligée de contempler mes compagnons de voyage. L’alcoolisme fait des ravages dans ma région natale… Après avoir tenté de déterminer le sexe du gros être assis en face de moi, j’ai eu envie de lui faire avaler son portable doté d’une sonnerie « rires de bébé » avec option je tonne plus fort si on ne décroche pas très vite qui a réveillé tout le wagon à chaque fois que le jeune homme-femme ne se saisissait pas assez vite de son téléphone. Une fois qu’il l’avait en main, ça donnait très fort avec ton bourru « OUAIS ? » et une conversation à base de grognements. Nous pensions avoir tout vu mais arrivés en région parisienne le couple mère-fils, apparemment, a fait péter la bouteille de Kro pour se désaltérer sous nos regards pourtant stupéfaits. Comme si ça ne suffisait pas à nous stresser, après avoir passé Massy, notre TGV s’est arrêté 15 minutes sans explication au milieu de la pampa pour une « tâche de service » et est, panique chez le couple toulousain, REPARTI DANS LE MAUVAIS SENS.
Nous sommes les seules à avoir stressé en pensant :
1) que le chauffeur avait devancé la grève et pour rigoler rentrait à Toulouse
2) que nous étions tous pris en otage et destinés à nous écraser violemment contre une cible stratégique.
Bizarrement, blêmes et tremblantes, alors que ma moitié venait de dire que nous ne serions pas à Marne la Vallée avant 18 heures, nous sommes arrivées en temps et en heure à destination.
Là mi-épouvantée, mi-lassée par le voyage, j’ai entrepris de bousculer tout le monde, y compris ma femme pour sortir au plus vite et profiter du rêve rapidement !

ACTE II

L’arrivée

Où nos héroïnes réalisent que tous les George ne sont pas aussi gentils que Bambi O’Maley

Arrivées à l’hôtel, évidemment magnifique et tout, et tout, mais j’y reviendrai, nous sommes tombées sur George.
Il faut savoir, si vous n’êtes jamais allé chez Mickey, que tacitement – j’imagine que c’est stipulé dans leur contrat de travail – tous les « cast members », les membres du personnel du parc si vous préférez, sont over-aimables. Nous avons donc été surprises de tomber sur le sarcastique George, qui nous a accueillies en nous parlant d’AZF parce que nous venions de Toulouse, ce qui a légèrement altéré, l’espace d’une seconde, la magie. Nous avons appris que notre chambre n’était pas prête (ohhh) mais que nous pouvions larguer notre sac (ouaiiiiiiiiiiiiis). Si tôt dit, si tôt fait, nous pûmes repartir (retour du passé simple) à l’assaut du parc.

Acte III

A l’assaut du Parc

Où nos héroïnes constatent vite qu’il pleut et que les converse ne sont absolument pas des chaussures résistantes à l’eau de pluie.

Il a fallu très vite s’en rendre compte mardi à Paris et dans ses environs, il pleuvait à vache qui pisse. Qu’importe, nous en avons pris notre parti, après tout c’était notre première fois à toutes les deux sous la pluie.
Deuxième élément, si j’avais programmé nos congés hors vacances scolaires FRANCAISES, j’avais oublié que le parc avait une dimension européenne voire mondiale, et comme l’a souligné ma femme, nous avons du tomber en plein dans la semaine Sainte espagnole vu le nombre d’ibères présents dans le parc.
Mais bon qu’importent les écueils, nous étions décidées à nous amuser.
De toute façon, la magie Disney opère très vite. Elle me gagne personnellement dès que j’aperçois le château de la Belle au Bois Dormant. Là, je déplie le plan et j’avise.
Nous avons attaqué par une attraction encore inédite pour notre couple (comprendre nous l’avons déjà faite chacune de notre côté) « la maison hantée », une valeur sûre, qui correspondait à notre envie de démarrer en douceur. Les alentours de l’attraction sont absolument magnifiques et plongent parfaitement dans l’ambiance. La suite et notamment tout le passage dans des fauteuils mouvants au milieu des automates est étonnante. Nous en avons profité pour avoir notre première minute culturelle. La thématique des lieux, une mariée à qui vraisemblablement on a jeté un sort et qui est restée ainsi que sa maison bloquée pour l’éternité au jour de ses noces assez funèbres, nous a fait songer à la triste aventure de Miss Havisham dans « de Grandes espérances» de Dickens, jusque dans le détail du gâteau couvert de toiles d’araignées. On a des lettres ou on n’en a pas.


Sorties de l’attraction, nous nous sommes précipitées vers l’antre des Pirates des Caraïbes chez qui nous devions déjeuner. J’avais réservé la veille une table pour deux au Blue Lagoon, réputé pour être le meilleur restaurant du parc. Nous avons pour le plus grand plaisir de ma moitié navigué dans les eaux tropicales des Caraïbes avant de manger. Le cast member a proposé comme nous étions deux filles seules de nous vendre aux enchères, ce qui m’a fait rire jaune, je l’avoue. Par hasard, nous avons hérité d’une très bonne table juste à côté de l’eau et nous figurons donc sur de nombreux clichés de vacanciers désireux de prendre en photo le chouette restaurant accolé à l’attraction.Pour la nourriture, rien à dire, nous avons très bien mangé, à des tarifs évidemment prohibitifs mais j’ai envie de dire que c’est le jeu…


Après le repas, bien lestées, nous avons jugé bon de foncer dans « Fantasyland » pour faire un tour de « tasses d’Alice ». Cette attraction est sympathique car colorée et assez interactive, les personnes qui ont l’estomac fragile peuvent tourner gentiment et le plus kamikazes, votre guide pour commencer, ont le choix de bricoler la molette au milieu pour faire tourbillonner leur propre tasse. Je suis ressortie relativement pâle en me demandant si j’avais opté pour la bonne option sur ce coup là. Encore secouée certainement et déphasée par un léger tournis, je me suis précipitée dans « it’s a small word », l’attraction hypnotisante à base de poupées chantantes, que tout le monde fait à un moment ou un autre sans l’assumer ensuite.


Puis nous avons foncé dans l’attraction qui reste à jamais ma favorite « Big Thunder Mountain », le petit train de la mine. Ce n’est évidemment pas la plus impressionnante, mais elle est drôle, remuante et surtout suffisamment longue pour que nous en ayons eu pour notre argent.
Déjà trempée, mes converses faisaient floc floc depuis le premier quart d’heure de la visite, un peu épuisées, nous sommes allées découvrir notre chambre dans le palace rose de l’entrée du parc. Nous sommes retombées sur George au passage et une personne aimable a proposé de monter notre sac à dos et la petite poche contenant notre petit déjeuner dans notre chambre, ce que nous avons accepté volontiers.
La chambre devait être aussi grande que mon tout premier appartement. La décoration, axée sur la thématique Disney, était limite sobre et même pas too much. Nous avons fait le tour des choses à voler / des accessoires proposés. Très vite, le guide sadique qui ne sommeillait plus en moi, a remis notre binôme en marche, au pas de course, direction le Parc des Studios.

ACTE IV

Quelle est cette demeure étrange qui surplombe le parc ?

Où nos héroïnes réalisent que finalement, elles auraient mieux fait d’opter pour les escaliers

Là, j’émettrai peut être une de mes rares réserves. Si le parc historique est vraiment charmant, son annexe manque gravement d’identité. En y pénétrant, on a vraiment l’impression d’être dans une galerie commerciale puis de découvrir une série de hangars qui hébergent les quelques attractions du second parc. Evidemment, la tour de la terreur, très impressionnante, qui se dresse désormais dans le parc, lui donne un certain cachet. Mais si on la voit bien de l’extérieur, notamment lorsqu’on est dans les hauteurs des rocheuses du train de la mine, je trouve qu’on met un peu de temps à la discerner au milieu du reste. J’arrête là cette micro critique.
Aussitôt dans le parc, nous avons foncé vers le Roller coaster d’Aerosmiths et là j’ai senti cruellement que j’avais vieilli car j’ai beaucoup, beaucoup souffert et eu assez peur. C’est sans doute pour ça que nous n’avons pas réattaqué tout de suite, ce que je regrette finalement. Au lieu de ça, j’ai entrepris de convaincre ma moitié de tester avec moi la nouvelle attraction du parc.
Nous avons convenu que j’essayais une fois et que si je sortais en vie et pas trop traumatisée elle me suivrait. Bizarrement, quand je suis revenue 20 minutes plus tard, plus pâle que Gollum, totalement flageolante, elle m’a cru quand je lui ai dit que ce n’était pas franchement très impressionnant.
La Tour de la terreur, tout un poème. Vous me signalerez qu’avec son nom, j’aurais pu songer qu’il s’agissait d’un indice chez moi sur la dureté de l’attraction.
Le talent de Disney, outre ses attractions archi chiadées aux décors chaque fois surprenants, est de savoir créer une ambiance particulière autour de chaque attraction (ou presque). Ainsi chez Aérosmiths, nous sommes accueillis dans la file d’attente par des reliques de rockers souvent parafées et même par le groupe qui dans une salle d’enregistrement prépare les subtilités de l’attraction à venir. Les wagonnets des montagnes russes ressemblent à de puissantes voitures américaines et durant tout le voyage remuant nous sommes accompagnés par la musique à fond la caisse du groupe.
Dans la tour de la terreur, nous sommes projetés à la fin des années 30, l’époque du drame, d’abord grâce au décor. Les Américains sont plus forts que nous en séries, en cinéma mais aussi en création d’atmosphère. Je ne sais pas où ils sont allés chercher tous les objets des lieux. La première fois, votre regard glisse sur l’ensemble mais si on s’y attarde on n’est jamais déçu. Après avoir été accueilli par un groom légèrement crispant, un de ses camarades nous fait pénétrer dans la bibliothèque où le décor achève d’être planté grâce à la présentation de l’attraction. Ca y est, nous sommes les protagonistes d’un épisode de la quatrième dimension. J’adorais cette série, enfant. Nous montons ensuite des marches pour nous rendre bêtement dans un ascenseur de service et là le show continue. Les grooms sont absolument délirants. Ils sont drôles, complétement effrayants, ou totalement loufoques, parfois même les trois. Nous pénétrons ensuite selon le bon vouloir de nos nouveaux amis dans un espace assez confiné, l’ascenseur, où nous sommes placés face à un mur.
Et là….c’est parti pour le show, comme dirait Nâdiya, mon idole.
La thématique de la quatrième dimension est à nouveau mise en valeur. En 1939, des gens moins inconscients que nous car ils ignoraient ce qui allait leur arriver alors que nous en avons une vague idée ont pénétré dans un ascenseur de l’hôtel par une nuit d’orage et sans le savoir ils ont fait un saut….dans la quatrième dimension. A notre tour d’être les victimes, en ce soir d’orage (bon là il faut de l’imagination malgré la pluie battante) du même phénomène. Rien qu’en le racontant, les sensations me parcourent à nouveau le corps. Elles sont extrêmement impressionnantes. Les chutes brutales alternent avec les remontées tout aussi violentes. A la fin, j’étais prête à crier grâce. Petite particularité de l’attraction, une fois en haut, un panneau s’ouvre, vous réalisez à quelle hauteur vous êtes et hop saut dans le vide.
Deux fois, dont une finalement avec ma moitié, et j’ai juré que non, non, plus jamais ça, vraiment… Je suis trop vieille.
A 18 heures, décalquées littéralement de fatigue, nous sommes reparties pour un tour dans l’autre parc, où nous avons bizarrement échoué dans « Pinocchio », une première pour chacune. Au passage, nous avons arpenté les boutiques. Avant la fermeture du parc, nous nous sommes engouffrées dans Disney Village pour obtenir assez vite, nous l’espérions, une place au Rainforest.
Il faut que je signale maintenant qu’être en couple dans un parc infesté de familles est finalement souvent un avantage. Les groupes avec enfants sont souvent basés dans Fantasyland et pour manger les tables de 2 sont rarement occupées. Nous nous sommes donc attablées vite dans un décor totalement kitsch, de forêt amazonienne infestée de bêtes sauvages. Nous avons mangé raisonnablement bien pour un prix complétement abracadabrant.
Prises d’un doute, malgré tout sur nos chances de voyager le lendemain, nous avons décidé de profiter de la proximité de l’hôtel avec la gare pour aller nous renseigner sur notre train. Et là patatra, nous avons appris que notre TGV ne circulait plus.

Pour seule solution de repli, nous avions un départ le lendemain à 9 heures…

(A suivre…)

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