« Sors, sors, sors »… la magnifique histoire de «Fort Boyard » racontée par la téléphage enragée…

Bon, j’avais décidé de toute façon de vous parler de « Fort Boyard » aujourd’hui mais le tour un peu tragique qu’ont pris les événements hier impose d’autant plus ce sujet. Mes vacances sont largement écourtées et pour nous remettre de la journée d’hier avec ma femme nous nous sommes installées devant « Fort Boyard ». Nous avons regardé le divertissement familial subventionné par « Petit Navire » et la région Poitou-Charentes du générique à la dernière seconde du programme. Nous avons même enchaîné sur l’interminable émission d’humour drôle super chiante qui suivait le jeu pour vous dire.

Si je note ainsi que j’ai regardé « Fort Boyard » de la première à la dernière seconde, c’est que la précision a son importance. Le jeu est de plus en plus long et toujours un petit plus chiant, chaque année. Si, si, c’est possible, je vous jure…. A la base, ce formidable jeu se concentrait sur une épreuve majeure. Les candidats pas encore célèbres – ils ne le sont dans la majorité des cas toujours pas – devaient collecter 7 clés dans des cellules plus ou moins corsées pour ouvrir la salle du trésor et collecter un maximum de boyards d’or, la monnaie de la Charente Maritime. Pour rallonger la sauce, les aventuriers – ce terme est très galvaudé, l’été – ont du, ensuite, participer à des aventures pour collecter des indices afin de trouver le mode code qui donne accès aux fameuses piécettes d’or frappées à l’effigie de René Monory, de Jean-Pierre Raffarin puis de Ségolène Royal. Depuis quelques années, c’est l’escalade. Les maîtres du jeu, puis les maîtres du temps et maintenant les maîtres des ténèbres – l’année prochaine, ils seront prénommés les maîtres de l’enfer qui va s’ouvrir sous vos pieds – sont venus rejoindre l’équipe des Freaks du Fort (nains, obèse chauve, vieille dresseuse décatie…) pour faire gagner des secondes dans la salle du trésor aux candidats. Une année, les producteurs qui voulaient encore allonger la sauce ont même obligé les vedettes à passer une nuit inutile sur le fort pour trouver un diamant servant justement à accéder à la salle où professent les maîtres au nom variable mais à tête de tigre. Cette fort bonne idée a heureusement été vite abolie, des téléspectateurs étant morts d’ennui devant leur petit écran. Cette année pour se substituer à ce dispositif qui ne manque à personne, la salle des cryptogrammes est apparue dans le fort. Afin de gagner toujours plus de sous, les aventuriers doivent passer un temps inouï dans une pièce à dialoguer avec un des leurs qui leur montre en apnée des cartes pour emporter un coffre gavé de boyards. En gros, pour le téléspectateur inattentif, l’entrée des candidats dans la salle des cryptogrammes visuels est le moment idéal pour aller se ravitailler en denrées – du thon petit navire si on veut rester dans le ton (mouhahahaha) – pallier à des besoins biologiques essentiels ou renoncer avant les aventures.

En plus des nouvelles épreuves, pour distraire le téléspectateur blasé qui râle, le Fort recèle, à chaque nouvelle édition, de cellules ou d’aventures inédites. Cette année, nous avons ainsi pu découvrir l’épreuve du punching-ball ou du fleuret. Mais les classiques restent toujours là : la grosse épée émoussée de 150 kg pour trancher une épaisse corde, les cylindres impossibles à franchir pour accéder à la clé, les seaux d’eau humiliants pour le candidat qui va finir par se tauler… Si j’étais un éminent statisticien, comme mon ami Xanderboy (lien à votre gauche, je vous conseille), et si je suivais chaque semaine l’émission, j’avoue que je serais tentée de dresser des statistiques de réussite par cellule. Ainsi, de mémoire de téléphage enragée, je n’ai jamais vu une femme réussir l’épreuve des cylindres. En revanche, j’ai vu tout un tas de poitrine écrasée sur les formes oblongues de la structure. Un nombre minoritaire de candidats n’a pas été fait prisonnier dans l’épreuve de la ventouse. Cette année, je crois que nous en sommes à 100% de perdants. La cellule dite de la corniche où la coanimatrice se sent obligée de brailler pendant 5 minutes, « je te préviens qu’il faudra revenir » est également dévastatrice pour les candidats. A l’inverse, celle des portes tournantes est à coup sûr réussie et apparaît toujours à la fin quand les protagonistes n’ont réuni que 3 pauvres clés.
Pour les aventures, idem, on laisse toujours le pauvre arachnophobe se galérer un petit moment avec les monstres poilus avant de lui dire d’ouvrir le coffre à scorpions où se trouve, à coup sûr, la seconde partie du code. Les épreuves d’équilibre avec le vide en dessous sont emportées dans 50% des cas en moyenne comme celle impliquant de l’escalade ou de l’apnée.
Chaque année, je m’exaspère devant mon petit écran contre les candidats qui ne cherchent jamais au bon endroit la clé ou le code. Je leur hurle les consignes. Je m’agite dans tous les sens. Je finis immanquablement par les insulter et souligner que, puisque c’est ainsi, qu’ils se démerdent. Du coup, formidable transition, même si je les ai souvent détestés, j’admire quand même la patience des animateurs…

En dehors de toutes ces considérations, plus ou moins positives, je dois reconnaître que l’animation de l’émission n’a jamais été aussi bonne. Olivier Minne n’est pas trop cassant et se montre sévère juste ce qu’il faut. Patrice Laffont était littéralement insupportable dans le rôle du père fouettard et j’ai par chance manqué les performances du père de Benji. Anne-Gaëlle Riccio est, quant à elle, parfaite. J’ai détesté Sophie Davant et Cendrine Dominguez dans ce rôle ingrat. J’ai supporté la très fade Sarah Lelouch. Mais Anne-Gaëlle, c’est autre chose. Elle est jolie, souriante, agréable…elle ne tanne pas les candidats avec les consignes et même elle crée une complicité qui passe bien à l’écran avec eux. Bref, je suis un peu fan de…

Il reste quand même quelques mystères dans le Fort, qui se perpétuent d’année en année :

– Ma femme se demande toujours si nous sommes censées croire que le Père Fouras est vraiment très vieux. En même temps, il faudrait, si on croyait ça, penser que tous les nains et les autres animateurs du Fort y vivent à l’année ce qui me paraît quand même un peu improbable.

– Prêtons-nous l’équipe d’animation aux télés étrangères qui viennent tourner sur le Fort ? Felindra est suffisamment muette pour resservir en allemand, je suppose. Quant à Passe-Partout, Passe-Temps et désormais Passe-Murailles, ils ouvrent rarement la bouche.

– Pourquoi « Petit Navire », qui est quand même LA marque de thon en boîte préférée des français (enfin de moi surtout), subventionne « Fort Boyard » plutôt que « Kolala » ? Est-ce parce que Saupiquet a emporté le marché sur l’émission de la une ? Est-ce un acte politique grave en matière de téléphilie de consommer l’un plutôt que l’autre ?

– Et enfin, l’interrogation qui me travaille depuis hier soir, les Maîtres des ténèbres s’entraînent-ils ou sont-ils de simples intermittents en galère de frics prêts à tout pour faire leurs heures même à porter un masque et une toge dans un divertissement familial ? Je pense qu’ils doivent bosser quand même parce que l’épreuve des petites billes colorées demande pas mal de mémoire… En revanche, celle où il faut bêtement tirer des cartes avec des lettres pour écrire en premier le mot « Boyard » ne demande aucune connaissance spécifique. Ce maître des ténèbres est-il moins payé du coup ? Suis-je le seule à me le demander ? Dans le même ordre d’idée, Passe-Partout doit faire de l’exercice durant toute l’année pour courir le marathon durant les tournages dans le Fort, non ?

Auteur : poclatelephage

Blogueuse téléphage depuis 2004. Ecrivez-moi : poclatelephage@gmail.com Suivez-moi : https://twitter.com/poclatelephage

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