Quand la télé yoyote

C’est un peu la dèche des programmes avec les vacances. Je me suis bien habituée à regarder « Quotidien » entre 19 heures et des brouettes (je me suis tellement bien habituée que je n’ai toujours pas fixé l’horaire de démarrage de l’émission, ce qui fait que j’en manque toujours un petit bout ou que je revois une partie du best-of de la veille) et 21 heures et des cacahuètes (bien trop tard en revanche, ce qui fait que je manque le début des programmes sur les autres chaînes). Du coup, je suis bien démunie ces derniers jours.

Le « C’est mon choix » façon D8 ne m’inspire pas plus que cela. Je pensais donc avoir trouvé mon salut avec NT1, qui diffuse, ça tombe bien, une saison de « Grey’s anatomy » que je n’ai jamais vraiment vue. La cinq ou la six…

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Lundi, je regarde donc plus ou moins attentivement deux épisodes programmés par la chaîne, me réjouissant déjà de remettre ça le lendemain. Mais, c’était sans compter la programmation complètement surréaliste de la petite-petite soeur de TF1, qui ne mise apparemment pas sur la fidélisation des téléspectateurs.

Donc en gros, NT1 attaque les diffusions de « Grey’s anatomy » vers 17 heures et en balance jusqu’à 20h45, mais feinte en remettant exactement les mêmes le lendemain au même moment.

Vous allez me dire que ce n’est pas possible de diffuser exactement le même programme deux jours d’affilée et vous aurez raison. Quotidiennement, la chaîne ajoute un épisode inédit en bout de chaîne, le dernier de la file en général. Donc, si vous êtes désœuvré de 17 heures à 21 heures, ce qui n’est pas exactement mon cas, mon intérêt pour la série commence en général vers 18h30, vous vous tapez les mêmes épisodes que la veille, que l’avant-veille, etc.

NT1 fait pareil entre midi et 17 heures avec « Gossip girl ». Là, je comblais l’absence de « La Nouvelle édition ».

Du coup, j’ai dû composer en me tapant des vieux dîners presque parfaits avec les Marseillais, déjà diffusés il y a au moins trois ans et déjà une fois depuis, et des épisodes de « Las Vegas », série multidiffusée.

Sinon, je peux aussi regarder « Friends ».

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J’imagine que créer des programmes coûte cher, acheter des séries certainement aussi, mais les grands frères et les grandes sœurs de ces chaînes doivent bien avoir de vieux trucs dans les cartons à mettre pour alterner un peu : « Super Jamie », « L’homme qui tombe à pic », « Papa poule », « Marie Pervenche »…

Je crois que je préférais n’importe quoi aux épisodes réchauffés de la veille.

Adulescente (un post sur Riverdale)

Je ne sais pas trop comment, ni pourquoi, mais j’ai décidé de regarder « Riverdale ». S’il y a une série dont je ne suis pas la cible, c’est bien celle-là. D’ailleurs, Netflix s’est bien gardé de me la recommander.

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Par quoi commencer…

L’intrigue peut-être.

Dans une petite ville américaine comme les autres, où il y a un lycée et Luke Perry devenu adulte, un adolescent est porté disparu, puis retrouvé assassiné, ce qui, selon le narrateur, va bouleverser tout le monde.

« Riverdale » compte tous les poncifs d’une série américaine pour adolescents : des lycéens populaires, des parents plus ou moins normaux, des pom-pom girls, des joueurs de football américain, une cafétéria, un jeune homme solitaire et cynique, et même le journal du lycée toujours prompt à révéler des scoops que personne n’a eu avant lui.

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Je publie uniquement cette photo pour satisfaire mon lectorat qui aime les garçons musclés.

Le souci c’est que je n’ai pas encore réussi à trancher : Faut-il prendre « Riverdale » au second degré, ce qui expliquerait que les acteurs jouent comme des patates et que les intrigues soient aussi bizarrement mauvaises, ou s’agit-il d’une vraie série avec des ambitions, auquel cas c’est vraiment mauvais ?

[Du coup, j’ai un peu enquêté (bon, j’ai tapé le nom de la série sur Google et interrogé mes contacts Facebook plus avertis que moi) et je n’ai pas trouvé de réponses réellement tranchées. Alors ok, la série est adaptée de « Archie Comics », mais comme elle n’est pas aussi volontairement caricaturale qu’un « Scream Queens » par exemple, je ne suis toujours pas réellement fixée.]

« Riverdale » me fait penser à un smoothie mélangeant dans un gros blender scénaristique « Dawson », « Les Frères Scott », « Gossip girl », « Scream », « Smallville » et « Pretty little liars ». C’est tellement caricatural, que j’attends bientôt l’apparition d’un vampire, d’un loup-garou, ou d’une sorcière.

Ce qui me fait penser que la série est une énorme blague, c’est l’étrange obsession des scénaristes pour les cheveux roux. L’intrigue démarre avec la disparition mystérieuse du jumeau roux de la reine du lycée, qui a les cheveux aussi flamboyants que son frère. Le personne principal, Archie, arbore une teinte capillaire assez étrange, orangée-cuivrée. (Là, il semblerait que les cheveux d’Archie soient roux dans la bd, donc je m’incline.)

Il y a sans doute un message derrière ça, mais je ne le perçois pas encore.

Pour le côté « Dawson », nous avons donc deux ados, hyper complices depuis l’enfance, Betty et Archie, qui se découvrent des sentiments l’un pour l’autre. Enfin, Betty, comme Joey, est amoureuse d’Archie, qui lui préfère, comme Pacey, une professeur de musique très séduisante. Bon, le souci, c’est que la prof de musique a l’air plus jeune que son élève et qu’on lui a mis des lunettes pour lui donner un côté intello, qui fait plutôt secrétaire cochonne.

Pour le côté « Scream », il y a le crime évidemment, le narrateur un peu dark qui a été l’ami du héros (la ressemblance avec Audrey est certainement purement fortuite, en plus là c’est un garçon), mais qui est aujourd’hui devenu un paria, et l’héroïne blonde à qui on donnerait le bon dieu sans confessions mais qui a un côté sombre, qui fait un peu peur (Emma donc).

Pour le côté « xoxo Gossip Girl », on mise sur Veronica et Betty, devenues V(i) et B(i) dès le troisième épisode.

Vous allez me dire : tu te moques, tu te moques, mais tu regardes.

Oui, je sais, mais c’est calibré pour me plaire, même si Netflix ne le sait pas a priori. J’ai été bercée depuis ma vieille adolescence par les séries avec des collèges, des lycéens vêtus de teddy ou de tenues de pom-pom girls, des histoires d’amour impossibles entre les héros, et oui, je l’avoue, j’aime ça. Comme en plus, cette chouette ambiance de petite ville américaine sans histoire est bouleversée par un meurtre, je veux en savoir plus sur l’identité de l’assassin.

Et puis, je sens bien qu’il y a une volonté de bien-faire et même des parti-pris intéressants. Les lycéens sont très peu connectés, les portables et les ordinateurs sont très peu présents à l’écran. A quelques détails près, la série est relativement intemporelle, ce qui me la rend bizarrement sympathique.

Bon, en vrai, j’attends de voir si B va se rendre compte qu’elle est attirée par V, et laisser tomber Archie pour la brune sulfureuse.

Pour avoir Archie, il suffit de prendre Stefan…

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..de le mélanger à Dawson…

dawson…d’ajouter un zeste d’Addison…

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et voici Archie, tada !

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Comment les scénaristes de la série ont-ils pu rater à ce point le final de Fais pas ci, fais pas ça ?

Je regrette presque d’avoir choisi de regarder « Fais pas ci, fais pas ça » en direct hier, plutôt que « Top chef », qui avait quand même l’air bien mieux.

Nous sommes donc en 2022, soit cinq ans après 2017. Les enfants ont grandi et les parents toujours pas.

Je vais être honnête tout de suite, si le premier épisode de la soirée (le troisième de la saison) était à peu près supportable, le deuxième en Inde était ennuyeux au possible et rarement drôle. Les scénariste se sont fait plaisir avec un trip Bollywood, mais ils auraient franchement dû nous épargner ça.

Ce qui pose problème, outre le vide scénaristique abyssal, c’est le destin que les scénaristes réservent à leurs personnages.

Fabienne et Valérie ont toujours leur affaire de sacs à mains en macramé, mais le business marque le pas et elles doivent trouver une solution pour ne pas mettre la clé sous la porte. Je vous épargne la nécessité de regarder l’interminable épisode quatre pour avoir la réponse : le salut viendra de l’Inde.

Renaud fait du tennis, ce qui nous permet d’apprendre qu’il a été un espoir de la discipline. Cette révélation n’apporte rien au propos, sinon une blague sur Nathalie Tauziat qui m’a fait sourire – je dois bien être la seule.

Denis est toujours sur son projet de village écologique. De toute façon, Denis est une plaie depuis quasiment la première saison.

Pour les enfants, c’est aussi contrasté. Les scénaristes aiment bien Charlotte. Ca tombe bien, moi aussi. Devenue avocate, la petite Lepic a épousé une performeuse gentiment barrée. C’est mignon, ça passe. Christophe est antiquaire 4.0, il récupère les vieux trucs des années 2000 pour les revendre aux gogos des années (20)20. Les scénaristes n’aiment ni Soline, ni Tiphaine. La première tourne en rond depuis deux ou trois saisons, la deuxième est quasiment zappée en 2022. Quelle idée aussi de la transformer en fliquette. Eliott, lui, va se marier avec une Indienne, ce qui mène les deux clans en Inde. Bon…

Valerie BONNETON - Timothee KEMPEN HAMEL, petit enfant

Mais le pire, c’est vraiment Lucas. Le mignon petit blondinet craquant que sa maman déposait à la crèche en le tenant par une jambe est devenu un parfait abruti, qui ne se nourrit intellectuellement que de vidéos postées sur le web et qui rêve de développer son appli à base de pets.

Valérie Bouley résume parfaitement le destin des enfants Lepic dans le quatrième épisode : une punk à chiens, une goudou et un débile.

Je suis sans doute vieux jeu, mais je reste persuadée qu’en respectant ses personnages, on respecte les téléspectateurs devenus fans de la série.

Là à la manière de « How I met your mother » au hasard, « Fais pas ci, fais pas ça » gâche neuf saisons d’une série excellente à la base et devenue passable à la longue.

Je me mets en mode Cam de « Modern Family » pour me demander si j’ai vraiment envie de voir la suite en 2027 la semaine prochaine ? Ai-je envie ? Vraiment ?…

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Non, mais il faut mettre face à cette purge, alors je serai au rendez-vous.

Sans commentaire (ou presque)

J’avais simplement envie de partager ces deux scènes apparues dans une série, que je découvre (« Sense 8 »), et une autre à laquelle je me remets régulièrement (« Orange is the new black »).

Elles peuvent servir dans une discussion ayant pour thème « les séries, c’est quand même surfait », tant elles sont fabuleuses (à mes yeux du moins).

Rien à ajouter…

En effet, je suis encore sous le choc de la présence d’un candidat du « Meilleur pâtissier » dans les « Anges ». Je reviendrai quand j’aurai digéré.

Je pense quand même un peu à Dominique  de la Star ac’ 6 en entendant cette chanson.

« Orange is the new black » est une série pleine de défauts, mais le final de la saison 3 est une petite merveille.

La saison de trop, mais vraiment de TROP pour Fais pas ci, fais pas ça

Hier soir, j’ai fait un mash-up entre « Top chef » sur M6 et « Fais pas ci, fais pas ça » sur France 2.

J’avais regardé le premier épisode de mon ex série française préférée sur Internet ce qui m’a permis de regarder le début de « Top chef ».

Contre toute attente, je continue à bien aimer cette saison. Je me suis presque habituée aux commentaires à la bouche des chefs. Comme si ceux des trois coachs ne suffisaient pas, Jean-François Piège, ex juge du concours, est, à son tour, venu parler façon « Car glass » ou débrief des Anges en voix off. Les émission télé ont inventé une nouvelle intonation horripilante, mais à laquelle on se fait, c’est ainsi.

L’épreuve de la boîte obscure reste amusante. Les chefs doivent reconstituer un plat qu’ils ont dégusté dans le noir. Pour pimenter un peu l’émission, elle compte son candidat horripilant, David, qui porte une toque alors que personne ne lui demande et qui fait des mimiques de psychopathe quand on le contrarie.

J’ai ensuite zappé l’épreuve du poulet/patates pour voir la suite de l’ultime saison de « Fais pas ci, fais pas ça ». J’ai lu partout que les producteurs et les acteurs ne voulaient pas faire la saison de trop. J’aime bien ce gentil manque de lucidité. Ils ont fait la saison de trop, il y a déjà quatre saisons. Il y a eu un peu de mieux vers la 6 dans mes souvenirs, mais la huit était totalement calamiteuse. Là, on continue la descente aux enfers.

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On va faire simple : Les Lepic et les Bouley n’ont strictement plus rien à nous raconter.
Ils sont rincés.

Nous étions restés sur l’improbable association des deux mères de famille dans un projet autour du macramé. L’entreprise est devenue florissante, mais Fabienne n’a plus d’idées et Valérie est hystérique comme d’habitude. C’est un paradigme de « Fais pas ci, fais pas ça », quoiqu’il arrive Valérie est hystérique et Denis, placide.
Denis, justement, a ouvert un food-truck bio, qu’il ne veut pas voir prospérer, car il est de gauche.
Renaud compose, lui, avec ses actionnaires asiatiques, ce qui suscite la jalousie de Fabienne.
Alors, bon, je suis une puriste de la série, mais je me souviens qu’il était allergique aux nems, ce qui lui avait épargné une mutation en Chine, il y a longtemps, et dans l’épisode 1 de la saison 9, il en mange. Bonjour la cohérence scénaristique.
Du côté des enfants, Soline, Tiphaine, et Christophe vont bien, on ne s’en fait pas pour eux, mais la pauvre Charlotte a été plaquée par sa meuf et mange des chips.
J’allais oublier le ressort comique autour d’Eliott, qui devient centriste. Ses convictions politiques étaient rigolotes dans la saison une, quand il s’affirmait comme un sarkozyste convaincu face à ses parents bobos. Là, le running-gag tombe juste à plat. Allez, ok, on va dire qu’un centriste de 18 ans, c’est rigolo. Mais, juste pour la forme.

Voilà, ça nous fait la matière pour deux épisodes bien lourdingues sans véritable conclusion avant, procédé scénaristique de dingue, un saut dans le temps de cinq ans la semaine prochaine. Bon, si les Américains l’ont fait (« Les Frères Scott », « Desperate housewives »), nous devons en être capables, mais ça sent quand même le truc bien raté.

Je ne comprends pas, et là ça m’agace vraiment, qu’une série qui trouvait sa valeur ajoutée et son comique dans la mise en avant du quotidien de deux familles aux convictions opposées, mais aux valeurs communes, en soit venue à juste proposer des intrigues aussi abracadabrantes;  limite stupides. Et puis surtout, ce n’est pas drôle.
Il suffit de regarder la première saison pour voir tout ce que « Fais pas ci, fais pas ça » a perdu. Je ne reviens pas sur la saison de trop. Au final, on en vient à ne plus aimer les Lepic et les Bouley. Pire, j’en viens à ne plus aimer du tout Fabienne.

 Ohhh, oui, tu m’énerves, Fabienne !

Quand je suis revenue sur « Top chef », les recalés des premières épreuves devaient réaliser une coque craquante avec une surprise à l’intérieur, soit à peu près un challenge du « Meilleur pâtissier ». Comme M6 se fout de la gueule du monde en calant la dernière publicité avant le nom du candidat éliminé, je suis allée me coucher sans savoir et en m’en fichant éperdument.

Fiche de lecture

Je voulais profiter d’être prisonnière d’un TGV pendant deux fois six heures pour regarder l’adaptation du formidable roman de Stephen King « 22/11/63 ». C’est l’un des livres qui m’a marquée l’an dernier et j’avais envie de voir ce que ça pouvait donner en série.

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Le pitch est simple : Jake Epping est mandaté par le tenancier du Diner, où il déjeune tous les jours, pour retourner dans les années 60 dans l’objectif d’empêcher l’assassinat de JFK. Si le restaurateur a cet étrange projet, c’est qu’il a découvert par hasard dans sa caravane un accès direct vers l’année 1958 (1960 dans la série). Vétéran du Vietnam, il considère que la mort de Kennedy est à l’origine de tous les maux de l’Amérique actuelle et que le sauver permettra de tout arranger. Au départ sceptique, Jake, qui n’est pas très heureux dans sa vie, décide de tenter le coup et va s’installer dans les années 60, afin de poursuivre l’enquête de son ami et de tenter d’empêcher le pire.

Le roman est haletant, malgré quelques légères longueurs et évidemment on a envie de savoir : le héros va-t-il sauver Kennedy et pour quelles conséquences ? Comme l’indique Al, le patron de la cantine de Jack, le passé est résistant et répugne à être changé. Il va donc falloir à Jack beaucoup de persévérance pour essayer d’accomplir son terrible dessein. Le justicier va également devoir enquêter pour se convaincre que Lee Harvey Oswald est bien le seul tireur et surtout l’instigateur unique du projet. Enfin, avant d’empêcher l’assassinat, Jack va vivre cinq ans, seul, dans une époque dont il maîtrise mal les codes.

Le roman est à la fois une plongée réaliste dans les années 60 aux Etats-Unis, une contre-enquête passionnante sur l’assassinat de JFK, qui met en lumière l’intime conviction de Stephen King sur le sujet (en bon écrivain américain, il s’est bien documenté, croyez-moi) et bien sûr un récit de science-fiction prenant.

Donc voilà en résumé, j’ai adoré le roman. Et, à ce jour, je crois que je n’ai jamais été convaincue par l’adaptation cinématographique ou en série d’un roman que j’ai aimé. Ca n’a pas loupé avec « 22/11/63 ». J’étais donc installée dans un TGV avec un roman qui ne me séduisait pas du tout au final, et très peu de choses à regarder. J’ai péniblement tenu 50 minutes sur les 1h20 du pilote de « 22/11/63 ».

Ca partait pourtant bien avec un générique vraiment sympa. Mais très vite, le premier très gros problème apparaît : James Franco ne colle absolument pas au rôle du héros. Il n’est pas assez cassé par la vie. Il fait jeune premier ravi de la crèche, alors que dans le roman Jack est malheureux et pas en phase du tout avec son époque, ce qui explique aussi qu’il fasse aussi facilement le choix de « partir » dans les années 60. D’ailleurs, dans le peu que j’ai consenti à regarder, il affiche toujours un rictus mi ironique, mi satisfait, qui me hérisse.

Deuxième problème de taille, l’adaptation. Je sais que c’est une mini-série et que nous n’avons pas la vie devant nous non plus, mais dans le roman, Jack fait une première plongée en 1958, où il éprouve physiquement la résistance du temps, qui refuse d’être modifié. Il en a besoin pour comprendre et s’imprégner de sa mission. A priori dans la série, il se jette bille en tête dans les années 60, ce qui nous prive d’un autre aspect très intéressant du roman. Stephen King a un talent certain, celui de rendre Le Maine inquiétant. Dans la série, Jack file immédiatement à Dallas et zappe le passage par Derry, qui est tellement marquant dans le roman et lui donne de l’ampleur.

J’allais m’accrocher, malgré tout ça, mais voilà pour moi le scenario pèche honteusement avec la séquence où Jack contre toute logique décide d’appeler son père en l’appelant « Papa » en 1960. Ce n’est pas dans le roman et pour cause c’est débile. Je ne comprends par pourquoi le personnage principal ferait ça. Vraiment pas. Cette séquence est censée nous montrer que le temps refuse d’être changé et pour cause, là on tombe carrément dans le paradoxe temporel.

Bref, si vous voulez lire un très bon roman, jetez-vous sur « 22/11/63 » plutôt que de regarder la série, même si vous avez une fiche de lecture à réaliser.

[Je sais la bande-annonce donne envie, mais prenez la comme une mise en bouche pour un roman de qualité.]

Karambolage*

Depuis le début du mois de janvier, et peut-être même avant sans que je m’en sois rendue compte, NT1 propose sa propre trilogie du samedi en enchaînant des films catastrophe à très, très petit budget.

Vous avez aimé « 2012 », vous aimerez « Les 12 plaies de l’apocalypse » ou « Le jugement dernier ».

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Vous avez aimé « Le jour d’après », vous adorerez « Apocalypse de glace », « Menace de glace », « Tornade de glace » ou « Alerte piège de glace ». Prévoyez quand même un pull…

Alors évidemment comme ce sont des fictions à très, très petit budget, il ne faut pas s’attendre à des miracles, mais vraiment pas.

Voici quelques trucs maison pour réaliser une fiction sur l’apocalypse quand on n’a pas trop de sous.

  1. Centrer son intrigue sur très peu de personnages
    Les signes sont réunis pour vous annoncer que la fin du monde est pour demain. Dans un vrai film, on se pencherait sur l’Humanité toute entière, dans « Apocalypse de glace » où un militaire en costume d’opérette annonce que l’Europe va être rasée de la carte demain, on se soucie surtout du destin de deux personnes bloquées à Paris. Et pour être sûr de ne pas avoir à mobiliser un trop grand nombre de figurants, on dirait que la ville a déjà été évacuée. C’est plus pratique ainsi.
    Donc en gros, ça nous fait dix militaires qu’on peut à la limite réutiliser à plusieurs reprises, tellement ils sont interchangeables, cinq protagonistes principaux, et pour faire chic deux ou trois survivants dans les rues désertées de Paris.

  1. Centrer son intrigue sur un point du globe très précis
    Il suffit de décider que notre téléfilm va se pencher sur la malédiction des Mayas qui frapperait Smalltown dans l’Iowa, mais aussi le reste du monde, car on l’apprend en écoutant la radio. Du coup, pas besoin de détruire la Tour Eiffel ou le Colisée, ce qui coûterait bien cher même avec des maquettes voire des Lego, on fait exploser trois cabanes en rondins en faisant courir nos quatre acteurs dans la neige et ça fait genre. Parfois même, les problèmes sont résolus depuis notre minuscule ville perdue au fin fond d’un état obscur des Etats-Unis, comme quoi…

  1. Limiter le budget effets spéciaux
    Si on vous dit que New York vient d’être rasé de la carte, ça impressionne le téléspectateur et ça le met dans l’ambiance, inutile d’apporter trop de preuves.
    Pour faire un tremblement de terre, il suffit de secouer la caméra comme au bon vieux temps et de demander aux acteurs de se jeter par terre.
    Autre clé du bon téléfilm catastrophe, limiter les plans en extérieur, les protagonistes de retrouvent donc beaucoup à se galérer en intérieur dans des bâtiments labyrinthiques, dont ils doivent s’extirper comme ils peuvent. Ce ne sont pas les friches industrielles qui manquent. Elles peuvent faire figure selon les besoins de  : laboratoire secret gouvernemental, caserne de l’armée, antre d’un vilain scientifique, école…
    Pour filmer un changement climatique impliquant beaucoup de neige, je recommande aussi de filmer en hiver dans un pays froid. Ni vu, ni connu, je t’embrouille !

  1. Limiter le budget vedettes
    Le téléfilm de samedi comptait quand même John Rhys-Davies, l’ex professeur Arturo de « Sliders », ce qui a dû gréver tous les autres budgets détaillés plus haut. Bon, en même temps, il n’est apparu que trois fois à l’écran et souvent au téléphone, ce qui limite le coût des assurances et son cachet.

  2. Faire rêver à moindre frais
    Je vous rappelle que dans « Apocalypse de glace », samedi, les enfants du protagoniste principal étaient censés être coincés à Paris, au moment où l’Europe allait carrément disparaître de la surface du monde. Pourquoi, j’avoue que je l’ai oublié, mais c’est ainsi. La semaine dernière, des gens avaient refermé un trou dans la couche d’ozone avec des missiles, mais là ce n’était apparemment pas possible. Alors tant pis pour l’Europe.
    Paris donc… Je ne connais pas la capitale comme ma poche, mais quand même ce drôle de monument ne m’a semblé ni très parisien, ni très français, mais apparemment plus c’est gros plus ça passe. Si vous pouvez d’ailleurs m’indiquer son origine, je suis preneuse. Je vous aide, il est juste en face de la Tour Eiffel en fond vert.

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    Je vous épargne les plaques des voitures, qui trahissaient un lieu de tournage plus européen de l’est. Rhooo, je suis pénible, il suffisait de suggérer Paris, et au rayon des effets spéciaux spectaculaires, la Tour Eiffel s’écrase quand même sur l’Arc de triomphe à cause d’un typhon de glace.

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    Le célèbre « Prêteur de bicyclettes » parisien, qui n’est pas du tout un papier grossièrement posé sur une enseigne existante

J’avoue que tout ceci me donne furieusement envie de tourner un téléfilm où le soleil se met à brûler la terre cet été à Toulouse avec des plans sur la Garonne dans le rôle de la Seine et, moi-même en sueur dans le rôle de l’héroïne qui cherche une solution pour réparer la couche d’Ozone depuis son appartement où il fait 35°.

[*Le titre est un hommage à cette jolie émission d’Arte où on nous propose de retrouver si un plan a été tourné en Allemagne ou en France.]